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Fonsalía : le port controversé refait surface à Tenerife

Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.

Le spectre du port de Fonsalía ressurgit à Tenerife

Le gouvernement des Canaries a remis sur la table la construction du controversé port de Fonsalía, sur la côte sud-ouest de Tenerife. Ce projet de macro-quai avait déjà été suspendu en 2021 grâce à la mobilisation citoyenne et écologiste, en raison de son impact considérable sur l’environnement et, en particulier, sur la Zone de protection spéciale (ZPS) Teno-Rasca.

Malgré cela, l’exécutif dirigé par Coalición Canaria, en coalition avec le Parti populaire, a inscrit ce chantier dans le projet de Stratégie de mobilité durable et intelligente des îles Canaries, soumis depuis jeudi dernier à consultation publique. La mesure 21-2, contenue dans ce document de 518 pages émanant du ministère des Travaux publics, propose d’améliorer la connexion maritime entre les îles vertes (La Gomera, El Hierro et La Palma) et Tenerife via le « nouveau port de Fonsalía », qui prévoit la construction d’un nouveau port de passagers et de marchandises dans cette enclave de la commune de Guía de Isora.

Un emplacement jugé stratégique par l’exécutif

Le projet de document, révélé par Cadena Ser, justifie ce choix par les conditions naturelles « favorables » d’abri qu’offre le site et par sa situation géographique « nettement plus proche » des îles occidentales que l’actuel quai de Los Cristianos (Arona). Cela « permet de réduire les temps de traversée et d’améliorer les conditions de navigation en cas de vent et de houle défavorables », ajoute le texte.

La construction du nouveau port exigerait, selon le gouvernement, l’ouverture d’une procédure d’évaluation environnementale ordinaire, conformément à la loi sur le sol et les espaces naturels protégés des Canaries. « L’étude devra analyser les incidences sur le domaine public maritime et terrestre, les habitats et espèces marines protégées de l’environnement (notamment les cétacés et les tortues), le paysage côtier et les ressources halieutiques de la zone », peut-on lire dans le document.

Selon le projet, la faisabilité de cette opération dépendrait de l’élaboration d’un Plan directeur portuaire spécifique à Fonsalía et de son intégration dans le Plan stratégique des ports des Canaries 2028-2031, ainsi que de sa coordination avec l’aménagement territorial de l’île de Tenerife. Le texte avance même une estimation du délai de construction, évoquant un minimum de 10 à 15 ans à compter du lancement des études préalables.

Un projet aux dimensions pharaoniques

C’est précisément l’important impact environnemental du quai de Fonsalía qui avait freiné la construction de ce macro-port en 2021. La procédure avait été lancée 25 ans plus tôt, avec pour objectif de bâtir, moyennant un investissement initial de 200 millions d’euros d’argent public, une plateforme dotée de cinq lignes d’amarrage pour grands navires, d’une darse de pêche, de 200 places de cale sèche et de 467 places de ponton dans la zone sportive. Au total, l’infrastructure devait occuper plus de 222 000 mètres carrés.

Ce tronçon de littoral, outre qu’il compte parmi les plus touristiques de Tenerife, fait partie de la Zone de protection spéciale (ZPS) Teno-Rasca. On y recense environ 600 spécimens de cétacés, tortues caouannes, dauphins et cachalots. Toutes ces espèces ont été exposées au trafic maritime continu des grands ferries et à une situation de stress permanent.

Une mobilisation citoyenne historique

Le mouvement écologiste avait lancé une campagne contre Fonsalía qui avait permis de recueillir plus de 400 000 signatures. En octobre 2021, le Parlement des Canaries avait acté l’abandon définitif de la construction du macro-port, avec le vote favorable de Coalición Canaria, Nueva Canarias et Sí Podemos. Le PSOE, le PP et l’Agrupación Socialista Gomera (ASG) ne s’étaient pas prononcés explicitement.

Le train du sud de Tenerife également concerné

Le projet de stratégie de mobilité durable du gouvernement canarien mentionne aussi le port de Fonsalía dans la section consacrée au train du sud de Tenerife. Le document indique que le projet ferroviaire envisage un possible prolongement du corridor vers le port de Fonsalía, via une extension depuis la gare de Costa Adeje jusqu’à Guía de Isora. L’objectif est, selon le texte, de « renforcer la connectivité inter-îles avec les îles occidentales et d’élargir la portée territoriale du système ferroviaire insulaire ».

Il précise ainsi qu’il est indispensable de mettre en place une série de mesures d’optimisation du quai de Los Cristianos pour « garantir l’opérabilité du système de connexion maritime avec les îles occidentales » durant la « longue période de procédure et de construction » de Fonsalía.

Désengorger Los Cristianos en attendant

La construction du port de Fonsalía pouvant s’étaler sur plus d’une décennie, le projet insiste sur la nécessité de désengorger le quai de Los Cristianos pendant les travaux. Selon le texte, le volume élevé de passagers absorbé par ce port génère un goulot d’étranglement critique qui entraîne des problèmes de congestion, des inefficacités opérationnelles et des difficultés de gestion des accès, « affectant tant les temps de trajet que la fiabilité du service ».

Le document propose ainsi d’instaurer un système de régulation de l’accès pour les véhicules de non-résidents et pour les véhicules de chargement et déchargement, de manière à ce que seul un nombre restreint de voitures de visiteurs et de véhicules destinés aux services essentiels accèdent à l’île. Sont également envisagés la mise en place de navettes, la création de voies d’accès spécifiques au port depuis l’autoroute du sud (TF-1), la réorganisation de la voirie d’accès au bourg et le déploiement de systèmes intelligents de gestion du trafic.

Un bras de fer politique persistant

Le président du Cabildo de La Gomera, Casimiro Curbelo (ASG), n’a cessé d’insister ces dernières années sur la construction du port de Fonsalía. Selon le leader de l’ASG, partenaire du gouvernement canarien, il s’agit de la seule solution au « colmatage » du quai de Los Cristianos, qui pénaliserait la connectivité d’El Hierro, de La Palma et de La Gomera. En juin, il avait de nouveau exigé, dans un communiqué, que l’on explique « pourquoi l’option du port de Fonsalía a été écartée et pourquoi aucune alternative réelle n’a été développée ».

De son côté, la présidente du Cabildo de Tenerife, Rosa Dávila (CC), s’est montrée à plusieurs reprises opposée à la construction du quai, malgré l’insistance de Curbelo.

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