Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.
Le Conseil consultif des Canaries épingle la réforme de la loi du sol
Le Conseil consultif des Canaries s’en est pris au gouvernement régional, composé de Coalición Canaria (CC) et du Parti populaire (PP), pour avoir ouvert la voie à la figure controversée des projets d’intérêt insulaire dans la modification de la loi du sol, approuvée cette semaine par le Conseil de gouvernement et qui sera désormais transmise au Parlement. Dans un avis obligatoire mais non contraignant, l’organe consultatif reproche à l’exécutif régional la suppression de certaines des conditions qui justifiaient la déclaration d’initiatives d’intérêt insulaire, un outil qui fonctionne comme un laissez-passer permettant d’autoriser des interventions sur n’importe quelle classe de terrain sans modifier le plan d’urbanisme et par lequel se sont glissés des projets très controversés dans l’archipel, comme Underwater Garden, à Guía de Isora (Tenerife), finalement rejeté après des mobilisations sociales, ou la cité du cinéma Dreamland, tant lorsqu’elle était projetée à Fuerteventura qu’aujourd’hui à Gran Canaria.
Une figure exceptionnelle devenue ordinaire
La loi du sol de 2017, approuvée durant la première législature de Fernando Clavijo (CC), autorise ce type de propositions, qu’elles soient publiques ou privées, à condition qu’elles revêtent un caractère stratégique et visent à répondre à des besoins imprévus ou à des interventions urgentes. Il s’agit d’une figure qui cherche à accélérer les délais et à ignorer les temps d’adaptation des plans généraux d’aménagement (PGO) municipaux, qui mettent généralement des années à être modifiés. Or, la nouvelle loi du sol des Canaries, dont la modification a été pilotée par le département de Politique territoriale, Cohésion territoriale et Eaux, dirigé par Manuel Miranda (CC), supprime les conditions qui exigeaient que ces projets aient un caractère stratégique et répondent à des besoins imprévus ou à des interventions urgentes. Un changement qui, selon l’avis du Conseil consultif, affecte directement la nature exceptionnelle de cet outil.
Le Tribunal constitutionnel avait validé la figure pour son exceptionnalité
Le texte rappelle que le Tribunal constitutionnel (TC) a validé en 2019 la figure des projets d’intérêt insulaire précisément en raison de son exceptionnalité. Celle-ci se justifiait par le caractère stratégique de son objet, sa justification, puisqu’ils doivent répondre à des besoins imprévus ou urgents, et enfin le caractère public de l’initiative lorsqu’elle peut affecter des terrains ruraux à protection environnementale. Le TC a soutenu cette norme après un recours d’inconstitutionnalité présenté par le groupe parlementaire d’Unidos Podemos. La controverse portait sur l’urbanisme de projet que la norme introduisait par ce mécanisme, face à l’urbanisme de plan conventionnel. Inquiétait également le fait que l’intérêt insulaire devienne une sorte de chèque en blanc ou de voie d’échappement pour exécuter des interventions sur des terrains ruraux sans nécessiter de reclassement, puisque l’appréciation de ce qui relève de l’intérêt insulaire ou de l’intérêt autonome reste à la discrétion des cabildos insulaires et de la communauté autonome respectivement.
Le Tribunal constitutionnel a validé cet outil. Mais il l’a fait sur la base d’un précepte, son exceptionnalité, auquel la réforme proposée par le gouvernement des Canaries ne se conforme plus aujourd’hui.
La « force normative du fait accompli » remise en cause
Une autre disposition contestée par l’organe consultatif de la communauté autonome est celle qui permettrait à une ordonnance provisoire (une norme municipale à caractère temporaire adoptée pour faire face à une situation d’urgence ou de nécessité) de reclasser des terrains ruraux en terrains urbains lorsqu’elle se limite à reconnaître la « force normative du fait accompli ». Autrement dit, donner une validité juridique à des faits accomplis ou à des terrains déjà altérés de facto. Cette prévision pourrait ouvrir la porte à un reclassement massif de terrains ruraux en terrains urbains lorsque des constructions ou des lotissements irréguliers ont déjà été réalisés. Le Conseil consultif souligne que cette « force normative du fait accompli », un concept qui remonte, rappelle-t-il, au début du XXe siècle, ne peut invalider a priori la légalité. En d’autres termes : la réalité, aussi altérée soit-elle, ne prévaut pas sur le plan d’urbanisme.
L’article 172 et les espaces protégés du réseau Natura 2000
Le dernier article contesté par l’organe consultatif est l’article 172, qui régule l’évaluation des plans et projets affectant des espaces protégés européens du réseau Natura 2000. Cette disposition supprime l’intervention de l’organe environnemental compétent et attribue à l’organe gestionnaire de l’espace protégé le pouvoir de déterminer si un plan ou un projet nécessite ou non une évaluation environnementale. Le Conseil consultif rappelle toutefois que la loi d’évaluation environnementale de 2013 oblige à séparer ces deux fonctions : l’organe gestionnaire de l’espace protégé émet un rapport sectoriel, tandis qu’il revient à l’organe environnemental de déterminer si l’initiative doit être soumise à évaluation environnementale. « Ces trois articles (celui des projets d’intérêt insulaire, celui qui permet le reclassement des terrains par ordonnances provisoires et celui relatif à l’évaluation des propositions affectant des espaces du réseau Natura 2000) ne se conforment pas à la législation fondamentale de l’État », conclut le Conseil consultif. Les autres, oui.
Un processus de participation d’un an défendu par le gouvernement
La modification de la loi du sol des Canaries est arrivée cette semaine au Parlement après un vaste processus de participation qui a duré plus d’un an et auquel ont pris part 700 professionnels lors de 17 forums, comme l’a défendu le gouvernement des Canaries dans un communiqué de presse. Le communiqué indique qu’il s’agit d’une réforme clé pour que l’archipel puisse faire face à une bonne partie des défis qui l’attendent. Le conseiller Manuel Miranda a également défendu que la proposition vise à poursuivre la philosophie de la loi du sol approuvée en 2017, une norme qu’il a qualifiée de bonne et qui, selon lui, a permis d’impulser plus de 250 modifications du plan d’urbanisme. Il estime toutefois qu’elle devait s’adapter à la nouvelle réalité des îles. Manuel Miranda a également souligné que le texte a été amélioré par le Conseil consultif, notamment pour le doter de davantage de clarté et de précision concernant les conditions de l’évaluation environnementale, les projets d’intérêt insulaire ou autonome et les nouveaux plans de rénovation des terrains industriels, sans toutefois détailler en quoi consistent ces améliorations. Sur la page de transparence de l’exécutif régional figure d’ailleurs toujours le premier brouillon de la réforme, qui indique textuellement que celle-ci « révise la régulation des projets d’intérêt insulaire et autonome, en les transformant en une figure ordinaire, non exceptionnelle ».
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