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Blackstone, roi des logements à Las Palmas

Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.

Un symbole malgré elle

Ni les élections anticipées, ni la mort de Maricarmen Abascal n’ont enrayé l’énorme crise du logement qui submerge depuis des années l’ensemble du pays. Un fonds vautour a expulsé de la maison qui l’a vue grandir une femme devenue, malgré elle, un symbole du combat pour le droit au logement : elle y aura vécu 71 ans. Cette affaire a mis en lumière une réalité vertigineuse : 809 115 biens immobiliers appartiennent à des titulaires possédant plus de dix logements dans une même commune, selon la plateforme Quien Tiene la Vivienda, créée par le biologiste et enseignant canarien Romén Herrera, également fondateur de Vertidos Canarias et Canarias Bajo Presión.

Las Palmas de Gran Canaria, capitale de la grande propriété

Las Palmas de Gran Canaria arrive en tête du classement des communes canariennes comptant le plus de grands propriétaires. 145 titulaires y cumulent plus de dix biens immobiliers. Dans un parc résidentiel de 167 074 logements, cette concentration de la propriété braque les projecteurs sur une poignée d’acteurs qui n’ont cessé de gagner du poids sur le marché immobilier. Parmi eux, Blackstone se distingue nettement.

Blackstone, maître incontesté du parc résidentiel

Le fonds américain, par l’intermédiaire de ses différentes sociétés et marques liées, est le plus grand propriétaire privé de logements résidentiels de la commune, avec 506 maisons. Sa position dans la capitale grancanarienne s’inscrit dans une stratégie de plus grande envergure : il accumule 8 176 logements liés à travers toute l’Espagne, ce qui en fait le principal grand détenteur privé résidentiel du pays, selon QTV, sur la base des données extraites du Cadastre 2025.

L’une des marques gravitant autour du géant immobilier est Nestar. À Las Palmas de Gran Canaria, 32 logements sont liés à cette entreprise, une petite part des quelque 9 500 qu’elle totalise sur l’ensemble du territoire national. Autre nom présent sur le marché canarien : Gramina Homes, une société immobilière liée à des fonds d’investissement et implantée sur plusieurs îles. Son portefeuille se répartit entre différentes communes : cinq biens à Las Palmas de Gran Canaria, trois à Tías (Lanzarote), deux à El Rosario (Tenerife) et un à Arrecife (Lanzarote), Santa Lucía de Tirajana et Valsequillo (Gran Canaria).

Location touristique et refus de classement en zone tendue

La liste se complète avec d’autres opérateurs de moindre présence, mais tout aussi significatifs. ASAM (Alquiler Seguro Asset Market) compte deux logements, tandis que Techo Hogar en dispose d’un. Mais la pression sur le parc résidentiel de Las Palmas de Gran Canaria ne s’explique pas uniquement par la concentration des logements entre les mains de grands détenteurs. À cette réalité s’ajoute l’avancée de l’usage touristique : 3 109 biens de la capitale grancanarienne sont destinés à cette activité, dans une commune où l’accès à un logement présente un niveau de difficulté élevé. Le paradoxe réside dans le refus du PP et de Coalición Canaria de la déclarer zone tendue, jugeant cette mesure « contre-productive ».

Arona en tête des entreprises de plus de 100 logements

Si l’on cherche les entreprises possédant plus de 100 logements résidentiels, Romén Herrera, interrogé par Canarias Ahora, place Arona en première position, avec 16 propriétés, suivie de Tías, avec 9.

Le secteur public, un acteur à part

Dans le secteur public, les Canaries se distinguent également sur la carte de la propriété résidentielle. L’archipel est la communauté comptant le plus grand nombre d’administrations dépassant les dix logements en portefeuille, et concentre 4,4 % du parc public national. Une bonne partie de ces biens est aux mains de l’ICAVI (Institut canarien du logement), de VISOCAN et de Casa 47. Ces entités relèvent de la catégorie des grands détenteurs en raison du volume de propriétés qu’elles gèrent, mais leur rôle obéit à une logique différente de celle du marché privé : leurs logements sont destinés à des fins sociales et protégés par la loi, sans but lucratif.

Les particuliers canariens, champions d’Espagne

Le poids des grands propriétaires ne se limite toutefois pas aux entreprises et aux administrations. Parmi les particuliers aussi, les Canaries arrivent en tête du classement national : 1,4 % possèdent plus de dix logements résidentiels. À l’autre extrémité, l’essentiel des propriétaires de l’archipel se situe à une échelle plus réduite : 83,8 % détiennent entre deux et cinq logements. Et plus de la moitié, soit 54,6 %, ne compte qu’une seule propriété.

Le Cadastre, radiographie d’une répartition opaque

C’est le Cadastre qui offre, avec des données actualisées à la fin de 2025, l’une des radiographies les plus complètes de cette répartition, en enregistrant les biens liés aux titulaires de la taxe foncière (IBI). Mais avec quelques zones d’ombre, puisqu’il ne permet pas de connaître l’identité des sociétés propriétaires. La plateforme de Romén Herrera s’efforce toutefois de compléter cette information, ce qui permet de mettre un nom sur une partie des titulaires entreprises. Le croisement des deux sources aide à identifier où se concentre la propriété et qui se trouve derrière elle.

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