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Cuna del Alma : les gravats s’entassent sur un terrain public

Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.

Les décombres générés par les travaux du controversé projet touristique Cuna del Alma, au Puertito de Adeje, dans le sud de Tenerife, s’accumulent sur une parcelle publique appartenant à la mairie d’Adeje, comme l’a appris Canarias Ahora. Le terrain, baptisé T-5, se situe dans le périmètre urbanistique qui prévoit la construction de 420 villas de luxe au Puertito, un site naturel entouré d’espaces protégés et de lieux d’intérêt géologique.

Une parcelle cédée au titre du 10 % d’aménagement

Ce terrain fait partie des parcelles que le promoteur a cédées à la mairie d’Adeje au titre de la participation moyenne de l’opération, comme le prévoit la loi. Dans ce cas, la cession correspond à 10 % des droits d’aménagement de l’initiative. Les parcelles remises à la municipalité sont la T-5, la CO-2 et la RD-6, valorisées à près de dix millions d’euros.

Les images consultées par ce journal montrent que l’entreprise à l’origine de Cuna del Alma, Segunda Casa Adeje SL, utilise bel et bien la parcelle T-5, d’environ 15 600 mètres carrés, comme décharge. Aux côtés du tas de gravats, on distingue également des camions, des pelleteuses et d’autres véhicules.

La mairie invoque la « nue-propriété » du terrain

La mairie d’Adeje soutient que, bien qu’elle soit titulaire du terrain, elle n’en a pas la « maîtrise », car elle se trouve dans une situation de « nue-propriété ». Elle explique qu’elle ne pourra utiliser la parcelle qu’une fois les travaux achevés et la parcelle réceptionnée par la municipalité. Ce n’est qu’alors qu’elle « aura un usage conforme à ce que permet la loi », assure-t-elle. Il en va de même pour les parcelles CO-2 et RD-6.

La municipalité affirme que le même critère s’applique aux ouvrages de caractère public actuellement réalisés par le promoteur, comme les voiries ou l’éclairage, qui, le moment venu, « seront eux aussi municipaux ». Les sources consultées ne précisent pas si la mairie approuve le déversement de gravats sur la parcelle T-5. Elles se limitent à indiquer qu’elle n’a pas la « maîtrise » du terrain.

Une inscription au registre foncier depuis mars 2022

La parcelle T-5 est à usage hôtelier et extra-hôtelier et a été inscrite au nom de la mairie d’Adeje en mars 2022, selon les documents du registre de la propriété. La fiche simplifiée du terrain précise littéralement qu’« il s’agit de l’une des parcelles attribuées » à la municipalité « en paiement des 10 % des droits d’aménagement qui lui reviennent » dans le cadre du projet touristique Cuna del Alma.

Cette notion de droits d’aménagement n’est pas anodine. Elle implique l’obligation légale, pour les propriétaires, de céder gratuitement à la mairie une part des droits d’aménagement que le plan d’urbanisme leur reconnaît. De manière générale, ce pourcentage oscille entre 5 % et 15 %. Sur ces parcelles, seuls peuvent être construits des espaces libres, des zones vertes et des équipements publics, selon les usages prévus par le plan d’urbanisme. Pour les opérations à usage résidentiel, la réglementation prévoit en outre de réserver du foncier à la construction de logements protégés.

Un projet sans logement public, des droits revendus

Cuna del Alma est un projet touristique. Il ne prévoit pas la construction de logements publics. Mais la mairie d’Adeje entend vendre les droits d’aménagement qu’elle a acquis afin de consacrer ces ressources à la construction de logements ailleurs dans la commune. C’est la voie qu’a empruntée la municipalité pour déclarer d’intérêt public de premier ordre le controversé ensemble de luxe. Cette déclaration lui a ensuite permis de justifier le déplacement de la vipérine triste, une espèce protégée dont la présence avait paralysé les travaux pendant près de deux ans.

La parcelle T-5, à usage hôtelier et extra-hôtelier, s’est vu attribuer 8 501 unités de droits d’aménagement ; la CO-2, à usage commercial, environ 3 934 ; et la RD-6, destinée à des équipements récréatifs, autour de 69,3. La valeur cumulée des trois terrains s’élève à 9,9 millions d’euros. Un arrêté municipal auquel cette rédaction a eu accès détaille par ailleurs que 591,1 autres unités de droits d’aménagement reviennent à la mairie d’Adeje. Comme elle n’en dispose pas, elle devra recevoir une compensation financière de 447 549 euros.

Une partie du chantier paralysée par la justice

Les travaux de Cuna del Alma avancent à bon rythme, sauf sur une petite partie du complexe, d’environ 2 400 mètres carrés (le projet couvre près de 430 000 mètres carrés), paralysée par décision de justice depuis six mois pour un présumé délit contre l’aménagement du territoire et l’environnement dans la zone de protection du littoral. L’affaire est instruite par le tribunal d’instruction numéro 1 d’Arona.

Devant la magistrate ont déposé en qualité de mis en cause le directeur général du littoral du gouvernement des Canaries, Antonio Acosta (nommé par Coalición Canaria) ; le chef du service d’aménagement du littoral oriental de l’exécutif régional, Valeriano Díaz, ainsi que le représentant légal et les administrateurs du promoteur, Segunda Casa Adeje SL. Deux techniciens du littoral de l’exécutif régional ont également témoigné.

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