Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.
Le gouvernement des Canaries estime que le Programme de promotion des transports publics via un système d’Abono Único (titre de transport unique), approuvé par l’État, « laisse de côté » l’archipel dans ses conditions actuelles. Ce titre unique doit permettre d’utiliser un même abonnement pour voyager sur les différents réseaux de transport intégrés au programme, afin de faciliter les déplacements dans tout le pays sans avoir à acheter une carte différente. La Direction générale des Transports et de la Mobilité de l’exécutif régional a transmis une communication au ministère des Transports et de la Mobilité durable pour faire part de ses « doutes et inquiétudes » et demander des éclaircissements sur l’application possible du programme dans les îles.
Une singularité compétitive incompatible avec le modèle national
La directrice générale des Transports et de la Mobilité, María Fernández, affirme que dans le modèle publié ce mardi au Bulletin officiel de l’État (BOE), « les Canaries ne peuvent pas adhérer en raison de leur singularité en matière de compétences ». L’exécutif régional considère que ce programme, tel qu’il est conçu, ne permet pas la participation du Bono Residente Canario (titre de transport spécifique aux résidents canariens) et réclame que soit déterminé le rôle qui revient aux Canaries au sein de ce système.
Fernández souligne que la situation de l’archipel présente une complexité particulière car les compétences en matière de transport sont réparties entre différentes administrations (gouvernement régional, cabildos et municipalités). Elle se montre très critique à l’égard de la conception initiale de la norme : « Cette publication inquiète beaucoup les Canaries car il semble qu’une fois de plus, le gouvernement espagnol ne tient pas compte de la singularité et de la réalité canariennes. » Elle avertit avec fermeté qu’après analyse par les techniciens de la communauté autonome, « la Communauté autonome des Canaries serait totalement exclue du système d’abonnement unique ».
Un financement et des compensations à clarifier en priorité
Parmi les principales questions que les Canaries demandent à clarifier figure le financement du programme. L’exécutif régional souhaite connaître les conditions et mécanismes de compensation pour les administrations et opérateurs participants, ainsi que la manière dont ces compensations seront déterminées et liquidées. La norme laisse en suspens la concrétisation de ce cadre, une question que les Canaries jugent essentielle avant d’envisager toute adhésion volontaire au système.
Fernández réclame qu’un programme de cette nature offre « une sécurité juridique et des garanties économiques » aux administrations et opérateurs participants, surtout face à la possibilité que des usagers venus d’autres territoires utilisent aux Canaries des titres intégrés à l’Abono Único. L’exécutif canarien demande également de clarifier la répartition des responsabilités entre les différentes administrations et opérateurs, notamment concernant la gestion du système, l’application des conditions d’utilisation, l’inspection ou le régime des sanctions. Fernández estime que ces questions doivent être définies avant de progresser vers un modèle qui touche directement des systèmes de transport déjà implantés et opérationnels dans les îles.
Une offre de territoire pilote restée sans réponse
Les Canaries rappellent qu’elles avaient déjà proposé leur collaboration à l’État pour développer l’Abono Único national. Le 8 mai 2025, María Fernández avait fait part de la disposition de l’archipel à devenir territoire pilote pour l’implantation du Titre Unique national de transport. Cette proposition visait à tirer parti du travail déjà mené dans les îles, avec la participation de l’Institut technologique des Canaries (ITC), pour explorer l’intégration entre le système national et le futur Titre Unique Canarien, ainsi que pour avancer vers un système interopérable. L’exécutif considère que cette expérience permettrait d’apporter au projet national le travail technologique développé dans les îles et de prendre en compte dès le départ les particularités du transport canarien.
À ces réclamations s’ajoute le manque d’information préalable sur la publication du programme et ses conditions. Fernández indique que lors de la dernière Conférence sectorielle des Transports, les communautés autonomes n’ont pas été informées que le programme serait publié dans ces termes au BOE, et que les conditions concrètes reprises dans le document n’y ont pas été abordées. Le gouvernement canarien estime qu’une initiative touchant aux systèmes de transport de différentes administrations requiert une coordination institutionnelle et un dialogue préalable, en particulier lorsqu’il existe des modèles de transport et des systèmes tarifaires propres déjà développés dans différents territoires.
Une volonté de dialogue malgré les objections
Malgré les objections soulevées, l’exécutif canarien maintient sa disposition à travailler avec le ministère pour résoudre les doutes et trouver une formule permettant de progresser vers l’interopérabilité des titres de transport. Fernández a insisté sur le fait que « l’objectif de faciliter la mobilité des citoyens est partagé », mais a défendu la nécessité de prendre en compte « sa singularité et la répartition particulière des compétences existant en matière de transport » pour y parvenir aux Canaries.
Un programme national aux contours encore flous
Le BOE a publié ce mardi l’arrêté approuvant le Programme de promotion des transports publics via un système d’Abono Único. La norme établit un système de reconnaissance mutuelle des titres de transport et précise que l’adhésion des administrations autres que l’Administration générale de l’État sera volontaire. L’arrêté prévoit la participation des communautés autonomes, des entités locales et des entités locales supra-municipales. Parmi ces dernières, il inclut expressément les députations provinciales, les conseils et cabildos insulaires, ainsi que d’autres entités. Les consortiums et entités publiques gestionnaires du transport urbain et métropolitain peuvent également participer.
L’incorporation doit se faire par le biais de conventions d’adhésion, dans lesquelles seront précisés les services inclus, les opérateurs, les titres associés à l’Abono Único, les canaux de commercialisation et les aspects financiers et de compensation. Le programme établit également que les autorités de transport participantes assumeront les engagements découlant de leur adhésion. Concernant les opérateurs, la norme prévoit leur participation à la reconnaissance et à l’utilisation des titres intégrés au système et impose l’adaptation des systèmes techniques de paiement, de validation, d’enregistrement et d’information.
Sur le plan économique, le ministère des Transports fournira une plateforme technologique commune pour harmoniser la validation des billets et établira un cadre de financement et de compensation économique afin d’atténuer d’éventuelles pertes financières ou surcoûts opérationnels des entités participantes, laissant la porte ouverte à l’intégration future du transport maritime d’ambition métropolitaine. Toutefois, l’arrêté lui-même renvoie à une phase ultérieure la concrétisation de ce cadre et des mécanismes de détermination et de liquidation des compensations.
Le programme, de nature purement programmatique, structure deux modalités d’abonnement nominatif d’une validité de 30 jours : un abonnement général à tarif unique accessible à tous les usagers, et un abonnement pour les enfants et les jeunes jusqu’à 26 ans inclus, réservé strictement aux personnes de nationalité espagnole ou étrangères avec résidence légale dans le pays. Concernant sa couverture et sa gestion, le système intègre dès le départ les concessions nationales de bus et les services ferroviaires de Cercanías (trains de banlieue), Rodalies et Media Distancia de Renfe (moyenne distance), à l’exclusion de la grande vitesse commerciale, à l’exception de trajets Avant spécifiques.
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