canaries ong premiere ligne regularisation immigres 2026

Canaries : les ONG en première ligne pour la régularisation massive des immigrés

Une mobilisation associative face à un défi administratif colossal

Face au défi administratif que représente le processus de régularisation extraordinaire des immigrés en Espagne, impulsé par Pedro Sánchez, les entités sociales et organisations non gouvernementales de l’archipel des Canaries se préparent à agir comme des pièces maîtresses dans la gestion des demandes. Selon le coordinateur de la Commission Espagnole d’Aide aux Réfugiés (CEAR) aux Canaries, Juan Carlos Lorenzo, l’objectif est d’apporter la « capacité de gestion » nécessaire pour éviter l’effondrement d’un système qui devra traiter les demandes de 30 000 à 45 000 personnes dans les îles, en principe avant le 30 juin. Ce chiffre contraste avec les 7 825 demandes de l’année dernière. Leur contribution ne vise pas seulement à soulager l’administration, mais aussi à prévenir les abus dans la facturation des démarches aux immigrés.

Dénonciation des abus et exploitation économique

Marcela Máspero, présidente de l’Association Sociale Solidarité Venezuela, dénonce une situation d’exploitation économique et de désinformation autour des démarches de régularisation, pointant du doigt des intermédiaires qui profitent du désespoir des migrants. Elle expose que des avocats facturent entre 500 et 600 euros pour une « place » dans le cadre de la régularisation extraordinaire. Le plus grave, selon elle, est que ces paiements ont lieu depuis des mois, avant même la publication du décret officiel au Bulletin Officiel de l’État (BOE) qui établira les modalités de cette régularisation massive.

Une voie sûre et gratuite pour contourner les profiteurs

Pour freiner ces abus, Marcela Máspero indique que son association s’est déjà officiellement enregistrée comme entité collaboratrice. Cela leur permet d’agir comme un registre auxiliaire pour préparer et envoyer des dossiers directement à la plateforme des services de l’immigration, offrant ainsi une voie sûre et gratuite pour éviter que les migrants ne tombent entre les mains de ceux qui cherchent à s’enrichir sur leur dos.

Double pression administrative à l’horizon du 30 juin

Ce processus de régularisation coïncide avec la décision du gouvernement espagnol de supprimer, le 30 juin, le mécanisme exceptionnel de résidence pour raisons humanitaires pour les Vénézuéliens, en vigueur depuis 2018. Ce système a permis à près de 240 000 personnes en Espagne – en grande majorité des Vénézuéliens – d’obtenir un titre de séjour. Aux Canaries, plus de 8 000 dossiers sont encore en attente par cette voie. Ainsi, le 30 juin verra converger deux processus qui vont générer un goulot d’étranglement logistique et documentaire. Selon Marcela Máspero, les bureaux des services de l’immigration de l’archipel ne sont pas préparés à gérer toute cette vague de demandes.

L’administration dans l’attente du texte définitif

La Délégation du gouvernement aux Canaries a répondu qu’elle attendait encore de connaître la teneur finale du décret royal de régularisation et de savoir qui l’aiderait dans le processus. Le fondement juridique permettant cette collaboration des ONG et des syndicats se trouve dans l’arrêté du 2 mars de cette année, publié au BOE, qui réglemente le Registre Électronique des Collaborateurs des services de l’immigration. Cette réglementation permet aux entités à but non lucratif, ayant au moins trois ans d’existence et deux ans d’expérience démontrable dans l’aide aux migrants, de s’inscrire pour agir comme représentants légaux dans le dépôt des démarches.

Un rôle de filtre et de vérification essentiel

Juan Carlos Lorenzo indique que des entités comme la CEAR se sont déjà inscrites sous ce nouveau décret pour pouvoir informer, conseiller et, surtout, traiter formellement les demandes. Cette figure de « collaborateur » est fondamentale, assure Lorenzo, car elle permet que la documentation parvienne à l’administration de manière « filtrée » et « affinée », avec tous les critères techniques déjà vérifiés par des experts. Concrètement, les professionnels des ONG s’assurent que le dossier respecte toutes les exigences avant de l’envoyer, réduisant ainsi les erreurs sources de retards administratifs.

Une évolution majeure dans le rôle des associations

Auparavant, les associations se contentaient souvent d’un conseil consistant à informer, aider à remplir des formulaires ou accompagner physiquement la personne concernée dans les bureaux, explique le coordinateur de la CEAR. Désormais, en devenant des entités collaboratrices sous le nouveau cadre légal, elles peuvent effectuer la procédure électronique formelle de la demande au nom du migrant. L’inscription à ce registre a une validité initiale de quatre ans et exige que les entités tiennent un registre à jour de leur personnel habilité et disposent d’une assurance responsabilité civile.

D’autres canaux pour désengorger les services

Mais ce n’est qu’une des façons d’éviter le « goulot d’étranglement » qui va se créer avec la régularisation. Pour soulager les services de l’immigration, en plus des entités collaboratrices, le gouvernement a indiqué que les bureaux de la Sécurité Sociale et des Postes seraient également habilités, bien qu’aucune réglementation ne soit encore parue à ce sujet.

La course contre la montre est engagée

Le facteur temps est la plus grande préoccupation pour les entités sociales aux Canaries. Bien que la période initialement établie pour le processus aille du 1er avril au 30 juin, on attend toujours son lancement avec l’approbation du texte définitif du décret royal qui réglera les derniers détails. Officieusement, cette approbation est attendue pour le Conseil des ministres du 21 avril. « Les délais sont très courts », avertit Lorenzo. L’avant-projet du processus prévoit un calendrier spécifique une fois la demande déposée : 15 jours pour la vérification initiale et, si elle est favorable, le demandeur recevra une autorisation provisoire lui permettant de résider et de travailler de manière régulière immédiatement. Une résolution définitive doit intervenir dans les trois mois. Le permis de séjour et de travail a une durée d’un an.

Source

Scroll to Top
Share via
Copy link