Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.
Le Maroc a officiellement demandé à l’Espagne le retour des 1 600 mineurs non accompagnés toujours sous tutelle de la ville de Ceuta, après l’arrivée massive de migrants survenue les 30 et 31 juillet derniers. Le ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a affirmé que son pays n’entendait pas abandonner ses enfants et adolescents, et qu’il était disposé à collaborer avec l’Espagne, par les voies politiques et juridiques, pour rendre possible leur retour.
Une proposition qui n’est pas nouvelle
Cette requête n’est pas inédite. En 2024 déjà, lors de la visite du président des Canaries, Fernando Clavijo, à Rabat, le ministre marocain des Affaires étrangères, Naser Burita, avait évoqué la disponibilité de son pays à accueillir à nouveau ses ressortissants mineurs. Toutefois, le retour de ces jeunes est soumis à une procédure administrative et judiciaire stricte, qui exige de prouver les liens familiaux et de garantir la protection des intéressés. Des formalités que le Maroc juge aujourd’hui comme un obstacle à la réalisation du regroupement familial.
« On ne peut pas faire cela simplement comme ça », explique Sandra Rodríguez, directrice générale de l’Enfance du gouvernement des Canaries. Le système de protection espagnol ne permet en effet pas le retour automatique d’un mineur en situation de détresse. Tout regroupement doit s’assurer que le retour s’effectue dans des conditions de protection adéquates et que l’environnement familial est en capacité de prendre en charge l’enfant.
Des procédures complexes et longues
Pour les mineurs sous tutelle aux Canaries, l’Administration connaît les familles et peut assurer un suivi de la situation. En revanche, lorsqu’il s’agit de mineurs migrants non accompagnés, il est indispensable de vérifier l’existence d’un lien familial. Un processus qui peut s’étendre sur une longue durée et auquel participent également les services sociaux internationaux.
Face à cette situation, la directrice générale estime que la proposition de retour doit être abordée au niveau de l’État, par le biais d’un accord bilatéral avec le Maroc. Si la volonté de recevoir les enfants est réelle, explique-t-elle, il faudrait concrétiser les modalités du retour, les conditions et les garanties qui l’accompagneraient. Et ce, en tenant compte, et en privilégiant, l’opinion des mineurs eux-mêmes.
Même si toutes les garanties nécessaires à la réunification familiale étaient réunies, Sandra Rodríguez défend que « l’on doit écouter les enfants ». Si un enfant souhaite retourner auprès de sa famille, la procédure établie devra être suivie : « Cela ne peut pas être une imposition », prévient-elle.
Un exemple de regroupement réussi
La directrice générale illustre la complexité de ces démarches en citant le cas d’une mineure prise en charge aux Canaries et récemment réunifiée avec son père, résidant en France. Ce dossier a nécessité plus de deux ans de travail, afin de vérifier la réalité de la relation père-fille. Ce type de procédure peut impliquer des appels et des démarches auprès des proches, des visites supervisées par des techniciens, voire des tests ADN. « L’enfance doit être protégée, d’où qu’elle vienne », affirme-t-elle.
La directrice souligne qu’aux Canaries, les retours de mineurs vers leurs pays d’origine sont rares, mais lorsqu’ils ont lieu, ils répondent à la volonté propre de l’enfant. En revanche, elle recense entre vingt et cinquante regroupements familiaux avec des proches résidant dans d’autres pays européens, sur l’ensemble de la législature.
Une situation exceptionnelle à Ceuta
Cependant, l’ampleur de la crise à Ceuta oblige à repenser le dispositif. L’arrivée d’environ 1 600 mineurs en quelques jours constitue une situation exceptionnelle qui, selon Sandra Rodríguez, ne peut pas être traitée exactement comme les dossiers habituels du système de protection. Un système, rappelle-t-elle, conçu en 1996 pour répondre à des situations de détresse dans un contexte bien différent de celui d’aujourd’hui.
« Ce que nous vivons est totalement différent », constate-t-elle, et suggère la nécessité de réfléchir à l’élaboration de protocoles spécifiques pour l’arrivée des mineurs migrants non accompagnés. La ville de Ceuta a dû réquisitionner des établissements scolaires pour héberger les jeunes, alors que la rentrée des classes approche. À cela s’ajoute le fait que la procédure de transfert de ces mineurs, qui s’applique également aux Canaries, peut s’étendre sur plus d’un mois. « Ceuta peut-elle maintenir un tel système de protection de l’enfance ? Peut-elle garantir des conditions d’accueil décentes pour ces mineurs pendant tout ce processus ? Je ne sais pas, je l’ignore », reconnaît Sandra Rodríguez.
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