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La momie de Erques au cœur de la restitution du patrimoine de Tenerife

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Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.

La momie de Erques reviendra au centre de la revendication de Tenerife pour récupérer une partie de son patrimoine archéologique dispersé hors des îles. Le Cabildo et le gouvernement des Canaries profiteront d’un symposium international qui se tiendra les 12 et 13 novembre prochains pour aborder la restitution de ces biens et les critères qui doivent guider leur retour. La rencontre s’achèvera par la dénommée « Déclaration de Tenerife », un document sur le traitement et le retour du patrimoine culturel. La momie, actuellement conservée dans les réserves du Musée archéologique national de Madrid, constitue l’un des cas les plus représentatifs de cette revendication. Le Cabildo demande son retour sur l’île depuis plus d’un demi-siècle, une requête qui, comme l’a rappelé le directeur général de la Culture et du Patrimoine culturel du gouvernement des Canaries, Miguel Ángel Clavijo, remonte au moins à 1976, lorsque l’archéologue Luis Diego Cuscoy réclama par écrit sa restitution.

« Une personne de notre passé indigène n’est pas un simple objet d’exposition »

La présidente du Cabildo de Tenerife, Rosa Dávila, a défendu ce vendredi que les restes ne doivent pas être considérés comme de simples pièces de musée. « Une personne de notre passé indigène n’est pas un simple objet d’exposition », a-t-elle affirmé lors de la présentation de la rencontre. Selon elle, son retour constituerait une reconnaissance de l’histoire de Tenerife et de la dignité de ses anciens habitants. Le gouvernement autonome maintient des contacts avec le ministère de la Culture espagnol pour faire avancer la restitution. Clavijo a expliqué que de la documentation a déjà été transmise à l’État afin de demander que, en tant que propriétaire du bien, il dépose les restes à Tenerife. La communauté autonome soutient que l’île dispose de professionnels spécialisés en bioanthropologie et d’installations adaptées pour garantir leur conservation et leur étude.

Une demande formelle de restitution adressée à l’État

La conseillère aux Universités, à la Science, à l’Innovation et à la Culture, Migdalia Machín, a ajouté que l’exécutif canarien a engagé la semaine dernière la procédure pour demander formellement à l’État la restitution. Cette réclamation s’inscrit, selon elle, dans le cadre de la dispersion du patrimoine indigène canarien, dont les vestiges sont répartis dans plus de neuf pays. Machín a rappelé que ces biens revêtent une dimension historique et identitaire et a souligné que, lorsqu’on parle de momies, on parle d’êtres humains. De son côté, Rosa Dávila a insisté sur le fait qu’une éventuelle restitution doit être abordée avec recherche, dialogue et garanties de conservation, et a assuré que Tenerife dispose aujourd’hui des moyens nécessaires pour assumer cette responsabilité.

Un symposium international avec 24 spécialistes de 13 pays

La situation de la momie de Erques sera l’un des sujets du symposium « Diásporas Patrimoniales. Una mirada desde Canarias a la dispersión y restitución de los legados arqueológicos », qui réunira 24 spécialistes de 13 pays, dont l’Autriche, le Brésil, Cuba, l’Égypte, la France, le Maroc, le Mexique, les Pays-Bas, le Pérou et le Sénégal. Le directeur du comité scientifique de la rencontre, le chercheur Jorge Onrubia, a replacé le cas canarien dans un débat international sur la dispersion historique des biens culturels et des restes humains. Selon lui, dans ce domaine, « légalité, légitimité et justice culturelle ont rarement coïncidé », ce qui rend nécessaire, estime-t-il, d’aborder les réclamations sous l’angle de la vérité, de la réparation et du dialogue entre institutions. Le chercheur a indiqué qu’il existe différentes voies pour résoudre ces conflits, depuis des formules de conservation partagée ou de prêts jusqu’au retour et à la restitution des biens.

Un débat éthique sur le traitement des restes humains

À propos de la momie de Erques, Jorge Onrubia s’est déclaré favorable à ce qu’elle retourne sur le territoire où elle a vécu, tout en avertissant que son éventuelle restitution ouvrirait aussi un débat éthique sur la manière dont les restes humains doivent être conservés, traités ou exposés. Le conseiller insulaire à la Culture, aux Musées et aux Sports, José Carlos Acha, a convenu que la restitution doit s’appuyer sur un débat scientifique approfondi. Il a également souligné que les capacités techniques de Tenerife ont évolué depuis les premières demandes de restitution et a défendu l’idée que ces vestiges peuvent être mieux compris lorsqu’ils sont étudiés dans leur contexte archéologique et culturel.

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