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Roberto Fonseca : l’âme cubaine s’invite aux Canaries

Un virtuose cubain aux mille facettes

Roberto Fonseca porte la musique dans le sang. À 51 ans, ce pianiste, chanteur, multi-instrumentiste, écrivain et producteur cubain peut se targuer d’une carrière riche de douze albums solo, sans compter les innombrables projets collectifs qui jalonnent son parcours. Et pour cause : sa mère, Mercedes Cortes Alfaro, fut une danseuse légendaire du célèbre Tropicana Club de La Havane, tandis que son père, Roberto Fonseca Senior, était batteur. Plusieurs fois nominé aux Grammy Awards, l’artiste est une figure incontournable de la scène jazz afro-cubaine contemporaine.

« La Gran Diversión » : un voyage dans le temps

Cette semaine, Roberto Fonseca pose ses valises aux îles Canaries pour y présenter son dernier projet, La Gran Diversión. Ce spectacle, véritable hommage à l’âge d’or de la musique cubaine des années 1930, sera donné dans le cadre de la 35e édition du Festival International Canarias Jazz&Más. Deux concerts sont programmés : le jeudi 23 juillet à Puerto de la Cruz, sur l’île de Tenerife, et le lendemain, vendredi 24 juillet, à Las Palmas de Gran Canaria. « Nous arrivons aux Canaries avec une série de concerts très spéciaux, qui seront remplis de musique cubaine, de passion et de spiritualité », annonce l’artiste. « Il y a des endroits qui ont une magie particulière, qui vous font sentir comme à la maison. Les Canaries en font définitivement partie. »

Entre tradition et modernité

La Gran Diversión n’est pas un simple retour en arrière. Le spectacle mêle avec subtilité les sonorités traditionnelles cubaines aux codes musicaux contemporains. « J’ai toujours aimé créer un lien entre la tradition et la modernité », confie Fonseca. « Ce projet évoque une époque très importante dans l’histoire de la culture cubaine. Sa création répond à un désir profond : faire reconnaître ce moment précis à travers ces sonorités qui font partie de l’identité et de l’aspiration de la culture cubaine. Par la même occasion, ce projet me permet de montrer la richesse de notre culture traditionnelle. »

Pour le musicien, la nostalgie est un moteur créatif essentiel : « La nostalgie dans ma musique est le point de départ. C’est le moteur qui impulse la création de chaque mélodie et de chaque atmosphère sonore dans chacun de mes morceaux. »

Une expérience immersive pour le public

La mise en scène tient une place prépondérante dans ce projet. « Pour certains de mes projets, la mise en scène est très importante. Pour celui-ci en particulier, il est essentiel que le public se sente comme s’il était à Cuba, d’une certaine manière. Chaque morceau a une intention précise et une histoire à raconter. Nous avons beaucoup travaillé la mise en scène, en lien avec l’énergie que nous devons transmettre au public. »

Un infatigable explorateur musical

Roberto Fonseca ne cesse de chercher de nouvelles expériences sonores. « Musicalement parlant, le monde est une source incroyable de sonorités et d’ambiances. Je suis constamment en quête de nouvelles expériences musicales, ce qui maintient ma musique vivante. C’est pourquoi je serai toujours à la recherche de nouvelles collaborations avec des artistes de genres différents. »

Cette soif de découverte trouve ses racines dans son enfance. « J’ai toujours voulu avoir ma propre voix en musique. Grâce à ma famille, j’ai écouté toutes sortes de musiques depuis tout petit. Chez moi, on passait des chansons de tous types. Je me suis toujours demandé comment unir ces rythmes et ces ambiances sonores en une même expression musicale. Très tôt, j’ai commencé à expérimenter et à prendre des risques. » Et d’ajouter, avec une simplicité désarmante : « La motivation, c’est la vie. Pour moi, ma musique est ma vie, et ma vie est ma musique. »

L’avenir du jazz afro-cubain

Interrogé sur l’avenir du jazz afro-cubain, le musicien se montre confiant : « Le jazz afro-cubain aura toujours son moment. Il appartient aux générations futures de le maintenir au niveau élevé où il se trouve actuellement. » Il nourrit également une fascination pour les sonorités traditionnelles d’autres pays. « J’attends simplement le moment propice pour entrer en studio avec de nouveaux musiciens et créer de nouvelles vibrations musicales. »

Quant aux collaborations rêvées, la liste est longue, mêlant jeunes talents prometteurs et artistes confirmés de divers horizons. Mais Roberto Fonseca évoque avec émotion deux absents de taille : « Il y a deux personnes qui ne sont plus là et avec qui j’aurais aimé au moins partager un concert. Il s’agit d’Arsenio Rodríguez et de Miles Davis. »

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