soldes ete canaries optimisme commercants

Soldes d’été aux Canaries : un secteur optimiste malgré un contexte tendu

Un optimisme prudent pour les soldes d’été

Le commerce canarien espère rééditer les bons résultats des précédentes soldes d’été, même si le contexte économique de cette année est bien différent de celui de 2025. L’incertitude liée à la guerre au Proche-Orient, la baisse du tourisme et un pouvoir d’achat toujours plus limité ont ralenti les ventes au premier semestre. Pourtant, le secteur croit en une bonne saison et ambitionne au moins d’égaler, voire de légèrement dépasser, les chiffres de l’année dernière. Pour y parvenir, les commerçants entendent démarrer cette mini-saison de réductions en force – la période la plus active devant se concentrer sur la première semaine – et proposeront de grosses offres dès le dernier week-end de juin.

Un printemps difficile pour le commerce canarien

« Nous espérons une bonne campagne et nous restons optimistes malgré l’évolution des ventes ces derniers mois », assure Abbas Moujir, président de la Fédération des Zones Urbaines des Canaries (Fauca). Il rappelle qu’en avril dernier, le commerce canarien a connu son premier revers en matière de chiffre d’affaires après plus de cinq ans de hausse continue. L’indice publié par l’Institut national de la statistique (INE) a enregistré une baisse de 0,7 % pour les Canaries, une région qui était pourtant en tête des hausses de ventes dans toute l’Espagne. Ce ralentissement s’est bien fait sentir, comme le confirme Alfredo Medina, secrétaire général de l’Association des moyennes et grandes entreprises de distribution commerciale aux Canaries (Asodiscan) : « La consommation est très sensible, la tension et l’incertitude liées à la guerre ont rendu les comportements d’achat bien plus rationnels, et les dépenses de base priment sur tout le reste. »

Le tourisme, talon d’Achille du commerce local

Le secteur attribue également cette baisse des ventes à la diminution du nombre de touristes, qui a subi en avril son premier véritable choc après sept ans : une chute de 8,3 % du nombre de voyageurs internationaux. « C’est un exemple de notre dépendance au tourisme et de l’impact que cela a sur les activités connexes, comme le commerce », souligne Abbas Moujir. Il précise toutefois que la clientèle visée par les soldes d’été – principalement axée sur les équipements de vacances – reste la population locale.

Des soldes toujours très attendues, mais plus diffuses

Depuis longtemps, et bien que la saison soit désormais libéralisée (les commerçants peuvent proposer des réductions à tout moment de l’année), les soldes d’été sont mises à profit pour acheter des articles de saison. Renouveler sa garde-robe pour les vacances, préparer un voyage, aménager une terrasse pour profiter du beau temps ou s’équiper à l’avance pour la rentrée scolaire sont parmi les achats les plus prisés. Cependant, depuis la libéralisation, la période des soldes d’été, et surtout son lancement, est devenue plus floue – bien plus que celle des soldes d’hiver, qui démarrent traditionnellement le 7 janvier. Cette année, si le plus habituel était de commencer le 1er juillet, une grande partie du secteur avance le coup d’envoi au week-end des 27 et 28 juin.

Quelles réductions pour les consommateurs ?

De manière générale, les offres à 50 % seront les plus nombreuses les premiers jours, mais le secteur indique qu’elles pourront atteindre 70 % au fil des jours. « Les ventes augmenteront par rapport aux mois de mai et juin, mais depuis la libéralisation, l’impact des soldes d’été est minimisé et d’autres périodes de l’année génèrent bien plus de volume », expose Raju Daswani, président de la Fédération du commerce de Las Palmas (Fedeco). Il pointe également l’incertitude qui règne dans un secteur qui, bien qu’optimiste, ne sait pas jusqu’où ira la reprise. Les magasins subissent en effet des surcoûts notables liés à la guerre en Iran, qui ont particulièrement touché le petit commerce. « Dans ce contexte, toute augmentation des ventes est la bienvenue, mais le résultat ne sera pas non plus à casser des briques », indique-t-il.

Le commerce en ligne, un concurrent de taille

Raju Daswani soulève un autre aspect qui, ces dernières années, a réduit les résultats des ventes en soldes pour les magasins physiques de l’archipel : le commerce en ligne. « Les nouvelles générations ne savent acheter que sur Internet, et de nombreux autres clients, à cause des embouteillages à Santa Cruz de Tenerife, Las Palmas de Gran Canaria et dans d’autres zones commerciales des îles, choisissent aussi cette voie », insiste-t-il. C’est pourquoi il espère que les taxes obligatoires que l’Union européenne imposera à partir de juillet sur les achats en ligne hors de l’UE apporteront un répit. De même, si les Canaries décidaient enfin de supprimer l’exonération du paiement de l’IGIC (l’IGI canarien) pour les achats inférieurs à 150 euros, cela pourrait également soulager les commerces de proximité.

Source

Retour en haut
Share via
Copy link