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Les vins canariens face aux droits de douane américains

Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.

La politique tarifaire de Donald Trump commence à laisser des traces aux Canaries. Les exportations de vin de l’archipel vers les États-Unis ont nettement reculé sur un marché qui, jusqu’à présent, était essentiel pour ce produit, très apprécié pour sa singularité et son profil de consommateur.

Une chute de 37 % en 2025

Selon les données de l’Institut espagnol du commerce extérieur (ICEX), le chiffre d’affaires du secteur viticole de la région pour les ventes aux États-Unis a chuté de 37 % en 2025, tandis que le début de l’année 2026 laisse entrevoir une légère amélioration, encore insuffisante pour compenser le coup dur de l’année précédente. Le tout dans un contexte marqué par le durcissement des droits de douane américains et par la nécessité, pour les producteurs canariens, de trouver de nouvelles destinations pour leurs marchandises.

Ce recul des exportations intervient après le durcissement continu de la politique commerciale des États-Unis depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. L’administration américaine a instauré en avril 2025 un droit de douane universel de 10 %, puis, fin juillet, Washington et l’Union européenne ont négocié un taux maximal général de 15 %, entré en vigueur à la mi-août, avec des exonérations limitées à certains produits stratégiques.

Un marché autrefois en pleine croissance

C’est pourquoi « un marché qui était en croissance pour les vins des îles a freiné son évolution », souligne Jonatan García, œnologue du domaine Suertes del Marqués, dans la vallée de La Orotava, à Tenerife. Le taux de droit de douane moyen appliqué par les États-Unis aux importations agricoles est ainsi passé de moins de 4 % à plus de 16 %, atteignant son niveau le plus élevé depuis 1930. Une barrière supplémentaire pour des produits comme le vin canarien, qui supporte déjà les surcoûts liés à la production et à l’exportation depuis un territoire ultrapériphérique comme l’archipel.

Pourtant, c’est précisément sa position stratégique entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique, conjuguée à son isolement insulaire, qui a contribué à singulariser son offre viticole. Cette combinaison d’histoire, de cépages autochtones et de conditions de culture spécifiques a fait du vin canarien un produit de niche, destiné principalement « à un consommateur international au pouvoir d’achat relativement élevé, prêt à payer davantage pour des références exclusives et dotées d’une identité propre », souligne García.

Le prix du vin canarien outre-Atlantique

Concrètement, une bouteille que Jonatan García commercialise dans les îles à 12 euros peut atteindre près de 24 euros aux États-Unis, soit pratiquement le double. La crise tarifaire ne s’est toutefois pas traduite par de grosses pertes dans son cas, grâce à une stratégie fondée sur la diversification internationale. « Nous sommes présents dans plus de 40 pays pour ne pas dépendre d’une seule destination et éviter que des problèmes comme les droits de douane ou les crises économiques aient un impact plus important », explique l’œnologue.

Les domaines davantage dépendants du marché américain ont, eux, dû réduire ou abandonner leurs exportations vers le pays et concentrer leurs ventes sur d’autres destinations. Dans cette optique, le secrétaire général de l’Association des agriculteurs et éleveurs des Canaries (Asaga), Theo Hernando, insiste sur le fait que l’archipel travaille déjà à la recherche de nouveaux marchés comme le Japon ou la Chine, tout en avertissant que ces deux pays connaissent eux aussi une baisse de la consommation d’alcool par habitant.

Les États-Unis, un débouché majeur

Jusqu’à présent, les États-Unis concentraient près d’un tiers des ventes de vin canarien hors Union européenne : en 2023, le pays a reçu 102 900 litres, soit 32 % des exportations de vins canariens sous appellation d’origine protégée vers des pays tiers. Mais, après avoir frôlé le million d’euros de ventes à l’étranger en 2024 (toutes exportations de produits viticoles confondues : rouges, blancs, etc.), le chiffre d’affaires a chuté de ces 37 % en 2025, passant sous la barre des 600 000 euros. Les premières données de 2026 laissent toutefois entrevoir une légère reprise, avec une croissance de 2,6 % jusqu’en juin.

Des chiffres à interpréter avec prudence

Ce pourcentage doit néanmoins être lu avec prudence. D’une part, l’exercice n’est pas encore terminé et les données disponibles ne vont que jusqu’en juin. D’autre part, les variations sont calculées par rapport à la même période de 2025, ce qui n’offre encore qu’une photographie partielle. C’est la clôture de 2026 qui permettra de mesurer plus clairement la réaction en chaîne de décisions qui commencent à la Maison-Blanche et parviennent jusqu’aux caves des îles.

Par ailleurs, la comparaison du chiffre agrégé, c’est-à-dire du total des exportations, peut induire une interprétation erronée. Bien que les ventes à l’étranger aient augmenté lors de l’exercice précédent – en coïncidence avec un contexte international marqué par le durcissement des droits de douane –, cette hausse ne répond pas à une amélioration généralisée des ventes. Le rebond a été conditionné par une opération ponctuelle d’exportation de matériel aéronautique, qui a exceptionnellement gonflé le volume total et fausse la lecture de l’évolution réelle du commerce extérieur de l’archipel.

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