tenerife circuit moteur bataille judiciaire projet

Tenerife : le circuit de sport automobile menacé par une bataille judiciaire

Des pilotes se tuent faute de circuit à Tenerife

Le monde du sport automobile à Tenerife défend avec véhémence le circuit projeté dans le sud de l’île. Cette mobilisation fait suite à la décision du Tribunal supérieur de justice des Canaries (TSJC) de rejeter un recours du Cabildo (conseil insulaire) de Tenerife et de confirmer que la Déclaration d’impact environnemental (DIE) de l’installation, en construction dans le site de Los Duques de Atogo, à Granadilla de Abona, est caduque. « Nous sommes le seul sport à ne pas avoir d’installations à Tenerife », critique le président de la Fédération tinerfeña d’automobilisme, Francisco Negrín, qui ajoute : « Nos sportifs n’ont nulle part où tester les véhicules, où s’entraîner, et cela oblige certains à n’avoir d’autre choix que de prendre la route et risquer leur vie. Nous subissons des accidents et certains ont perdu la vie. Cela ne peut plus durer. »

Un projet dans l’impasse judiciaire après 35 ans d’attente

Le principal porte-parole des pratiquants et des supporters de cette discipline, très populaire à Tenerife, garde espoir qu’enfin « la raison l’emporte » et que « les travaux avancent ». « Nous aurons un circuit, je n’en doute pas. Nous en sommes plus convaincus que jamais. Tôt ou tard, il verra le jour. Après tout, nous attendons déjà depuis 35 ans. » La décision du TSJC constitue un revers pour un projet qui vient tout juste de démarrer, l’essentiel des travaux ayant commencé à l’été 2025. Mais elle n’est pas définitive. Rosa Dávila, présidente du Cabildo, a assuré ce mercredi 22 avril que trois autres jugements étaient en attente. « Nous attendons les autres décisions pour que nos services juridiques rendent un avis, et c’est alors que nous prendrons une décision », s’est simplement contentée de déclarer Dávila lors de la conférence de presse du Conseil de gouvernement insulaire, où elle est apparue aux côtés du vice-président du Cabildo, Lope Afonso.

Quatre procédures judiciaires en suspens

Après plus de 35 ans de retards, les travaux sont en cours depuis huit mois dans les terres de moyenne altitude de Granadilla de Abona. La menace qui pèse désormais sur le Circuit du Moteur de Tenerife est l’imbroglio judiciaire généré par une succession de plaintes déposées par le collectif écologiste Association tinerfeña des amis de la nature (ATAN). Alors que les pelleteuses soulèvent les pierres et remuent la terre, quatre procédures attendent une résolution définitive concernant l’accès nord, les gradins, la piste et le plan de défense contre les inondations potentielles. Un jugement a déclaré la caducité du rapport d’impact environnemental (maintenant ratifié par le TSJC), un autre affirme qu’il est toujours valide, et deux sont en attente de décision. Les quatre dossiers, traités par les tribunaux de Santa Cruz de Tenerife, attendent les recours et contre-recours d’ATAN et du Cabildo de Tenerife. Les travaux se poursuivent, pour l’instant, tant qu’aucune décision judiciaire ferme n’ordonne leur arrêt.

La colère des passionnés face aux opposants

« Nous savions que cela allait devenir compliqué », assure le président de la Fédération tinerfeña d’automobilisme, qui précise : « Nous savions qu’il y a des collectifs contre tout ce qui se fait. Ils ignorent comment fonctionne ce sport. Ils ne veulent absolument rien toucher. Mais nous allons continuer à élever la voix pour revendiquer notre droit à avoir un enceinte digne où pratiquer cette discipline. » Le Circuit du Moteur de Tenerife deviendra le premier des Canaries à bénéficier des homologations internationales les plus élevées si les décisions de justice lui sont finalement favorables et que l’ouvrage peut être mené à bien. Il bénéficie du soutien de pilotes prestigieux comme Carlos Sainz (Formule 1), Carlos Checa (Moto GP) et l’Italo-Canarienne Christine Giampaoli Zonca, qui participe à des épreuves de rallye et de courses tout-terrain.

Un projet d’envergure internationale aux retombées multiples

Le projet prévoit de vastes installations pouvant accueillir jusqu’à 60 000 personnes et une piste où des vitesses supérieures à 320 kilomètres par heure pourront être atteintes. Il est soutenu par les fédérations internationales. « Le monde du moteur compte sur l’île des passionnés très enracinés et traditionnels », peut-on lire dans la brochure promotionnelle de l’enceinte, qui ajoute : « Des amoureux des motos et des voitures qui comptent les jours jusqu’à ce que le drapeau à damier flotte pour la première fois au Circuit du Moteur de Tenerife. »

L’opposition farouche des écologistes

De son côté, ATAN souligne que la réalisation de ce projet, « outre les dommages environnementaux qu’il occasionne, représente pour les finances publiques du Cabildo de Tenerife une dépense de plusieurs millions » au milieu d’une « crise environnementale ». L’association expose que l’île subit une « terrible régression de ses valeurs naturelles et une perte alarmante de la qualité environnementale, produit des politiques publiques et privées promues ou protégées, entre autres administrations, par l’institution insulaire. »

Le plaidoyer de Carlos Sainz pour une infrastructure utile

Dans une interview au journal EL DÍA publiée en juillet 2022, Carlos Sainz, qui courait alors pour Ferrari – la mythique écurie de Formule 1, il court cette saison pour Williams –, déclarait après avoir parrainé le tracé tinerfeño : « C’est une très bonne opportunité d’avoir un autre circuit en Espagne et surtout sur cette île. Les gens ne se souviennent que des grands prix, des pilotes, des équipes, mais ils ignorent le grand nombre d’opportunités qu’un circuit de course peut offrir. Ils sont opérationnels 365 jours par an, les marques les utilisent pour tester des véhicules commerciaux et de compétition, on peut y organiser toutes sortes d’événements… Pour moi, un circuit est une infrastructure qui a toujours du sens. »

Source

Retour en haut
Share via
Copy link