Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.
La nuit précédant l’éclipse solaire, l’une des plus importantes observées aux Canaries depuis deux décennies, et le pic d’activité des Perséides, un astéroïde a frôlé la Terre, s’approchant plus près que tout autre objet céleste cette année. L’événement, capté depuis les îles Canaries, a offert un spectacle saisissant aux astronomes.
Une rencontre rapprochée à 14.573 kilomètres
L’objet stellaire, de la taille d’un bus et baptisé 2026 PC6, a été détecté à seulement 14.573 kilomètres de notre planète. Concrètement, l’astéroïde a brièvement partagé l’orbite des satellites géostationnaires, ceux-là mêmes qui fournissent le réseau GPS à la Terre, situés à environ 20.200 kilomètres d’altitude. Malgré sa proximité, cet intrus céleste a traversé le ciel d’un bout à l’autre de la planète en à peine une journée, sans causer le moindre dégât.
L’astéroïde a été repéré par le nœud canarien du système télescopique de défense planétaire Atlas, plus précisément par le réseau Atlas-Teide, composé de 16 petits télescopes de l’Institut d’Astrophysique des Canaries (IAC), installés à l’Observatoire du Teide.
Ce petit astéroïde – car à l’échelle astronomique, une taille de dix mètres est dérisoire – a survolé les Canaries à une « vitesse vertigineuse ». Selon les calculs de l’IAC, il a traversé le ciel à deux degrés par seconde, ce qui équivaut à parcourir un tiers de la voûte céleste en une heure. Autrement dit, chaque minute, le bolide parcourait un espace apparent équivalent à quatre Lunes pleines alignées.
Un timing cosmique parfait
Son approche maximale a eu lieu à 1h50 du matin le 12 août, soit quelques heures seulement avant la conjonction de deux autres spectacles astronomiques : l’éclipse solaire et la pluie d’étoiles filantes des Perséides. Les seize « yeux » du télescope Atlas avaient toutefois anticipé son arrivée imminente dès la veille. À 2h20 le 11 août, ce chasseur d’astéroïdes dangereux était déjà au courant de la nouvelle.
« Détecter des objets comme 2026 PC6 est précisément l’objectif prioritaire du système Atlas », insiste Javier Licandro, chercheur à l’IAC et responsable du projet Atlas-Teide. Ce traqueur d’astéroïdes dangereux a été conçu pour découvrir des corps célestes si petits, sombres et rapides qu’ils sont généralement invisibles pour les autres télescopes jusqu’à ce qu’ils s’approchent suffisamment de la Terre. « L’avoir découvert et avoir pu suivre sa trajectoire démontre que ce nœud installé au Teide remplit la fonction pour laquelle il a été conçu », souligne le chercheur.
Un système d’alerte essentiel
Disposer de ces informations est crucial pour mettre en place des mesures de protection face à un risque d’impact. « Nous pouvons prévoir sa trajectoire et savoir où et quand il va heurter la Terre au moins un jour à l’avance », explique Licandro, qui assure que si l’objet était plus grand, il pourrait être détecté plusieurs jours à l’avance. Ce même système servirait à alerter de toute sorte d’objets susceptibles d’atteindre notre planète, car même un astéroïde aussi petit que 2026 PC6 pourrait causer des dommages sur Terre.
Dans le cas présent, l’astéroïde se serait en grande partie désintégré en entrant dans l’atmosphère, mais il l’aurait fait à une telle vitesse qu’il aurait pu générer une onde de choc. « Cela provoquerait une énorme explosion dans l’atmosphère qui pourrait causer de graves dommages aux personnes et aux infrastructures », indique Licandro.
L’exemple de Tcheliabinsk
Un cas paradigmatique de ce type d’événement est celui du bolide – à peine plus grand que l’astéroïde qui vient d’être détecté – qui s’est abattu sur la ville russe de Tcheliabinsk en 2013. Le météoroïde a survolé plusieurs provinces et la ville au moment d’entrer dans l’atmosphère terrestre, avant d’impacter à 80 kilomètres de cette localité. Lors de son explosion, il a libéré une énergie de 500 kilotonnes, trente fois supérieure à celle de la bombe nucléaire d’Hiroshima. « Une onde de choc a brisé des fenêtres et des toits, et plus de 1.500 personnes ont été blessées », rappelle Licandro.
Disposer d’informations à l’avance est donc la clé pour prendre des mesures de protection civile. « Si nous savons qu’il va impacter le lendemain, nous pouvons alerter la population pour qu’elle ne s’approche pas des fenêtres ou, directement, les laisse ouvertes », insiste Licandro. En ce sens, Atlas-Teide « remplit la fonction pour laquelle il a été conçu, qui n’est autre que de surveiller le ciel pour nous donner l’alerte la plus précoce possible en cas d’impact potentiel ».
Un réseau mondial de surveillance
Ce traqueur d’astéroïdes situé au Teide est l’un des cinq nœuds du projet Atlas (acronyme de Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System) dans le monde. Ce système de détection et d’alerte précoce des astéroïdes est financé par la NASA et développé par l’Université d’Hawaï. Il a été conçu pour détecter les corps en trajectoire d’approche vers la Terre et fournir la plus grande marge d’alerte possible en cas d’impact éventuel.
« D’autres projets remplissent également une fonction similaire, comme le télescope Pan-Starrs ou le programme scientifique Catalina Sky Survey (CSS), capables de détecter des objets plus petits mais dans une zone plus limitée », explique le chercheur. Atlas-Teide a été installé en janvier 2025 à l’Observatoire du Teide, devenant le troisième nœud de ce projet international dans l’hémisphère nord (celui-ci et les deux installés à Hawaï). Le réseau de chasseurs d’astéroïdes est complété par deux autres télescopes dans l’hémisphère sud : un au Chili et un cinquième en Afrique du Sud. « Avec ce réseau, nous sommes capables de détecter un objet sur quatre qui s’approche de la Terre », insiste Licandro.
Construit et installé par l’IAC à l’Observatoire du Teide, Atlas-Teide est opéré chaque nuit en coopération avec l’Université d’Hawaï. Il est capable de balayer un quart du ciel chaque nuit. « Si les cinq nœuds sont opérationnels, nous pouvons effectuer un balayage de toute la voûte céleste », souligne-t-il. Pendant la nuit, les chercheurs s’affairent à découvrir d’étranges éclairs de lumière dans le ciel. « Ce que nous cherchons, ce sont des objets qui se déplacent ou qui varient en luminosité pendant la nuit », explique le chercheur.
Des découvertes prometteuses depuis Tenerife
Depuis le début de son fonctionnement en mai 2025, le nœud installé au pied du volcan Teide a découvert une vingtaine de NEA (acronyme de Near-Earth Asteroids, ou astéroïdes géocroiseurs), a rapporté la position et la luminosité de plus de 5.000 de ces objets et a également pu observer plus d’un millier de détections de possibles supernovas, dont près de deux cents ont été confirmées et classifiées.
2026 PC6 est le premier de trois NEA découverts depuis les sommets de Tenerife en ce mois d’août 2026. Ce petit astéroïde ne repassera à proximité de la Terre qu’en 2037. « Et encore, il se situera 1.000 fois plus loin que maintenant », résume le chercheur. La coïncidence entre notre planète et l’orbite d’un astéroïde n’a rien de commun. « La Terre doit passer par ce même point, donc l’événement pourra se répéter, mais dans très longtemps. » En réalité, ce même astéroïde a déjà visité notre planète à trois reprises par le passé : en 1948, 1961 et 1989. Et à aucune de ces occasions, il n’avait réussi à frôler la Terre d’aussi près qu’en ce mois d’août.
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