Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.
Un calendrier touristique unique en France
Le tourisme aux Canaries fonctionne selon un calendrier bien différent de celui des autres destinations. Alors que la plupart des régions européennes attendent l’été pour remplir leurs hôtels et leurs aéroports, les îles espagnoles commencent à accélérer lorsque le froid s’installe en Europe. L’hiver constitue traditionnellement leur grande saison. Mais cette année, les chiffres de l’emploi touristique laissent entrevoir un bouleversement majeur : la saisonnalité semble définitivement appartenir au passé.
Un mois de juillet record pour l’emploi touristique
Le mois de juillet s’est clôturé avec 236 330 affiliations liées au secteur touristique, soit le chiffre historique le plus élevé jamais enregistré pour un septième mois de l’année, selon les données de l’Institut canarien des statistiques (Istac) sur l’emploi touristique aux Canaries. Ce chiffre, qui pourrait sembler banal après des années de records successifs, revêt en réalité une importance particulière : juillet est traditionnellement considéré comme une période de basse saison dans l’archipel, en dehors du cycle touristique hivernal principal.
Le calendrier touristique canarien fonctionne en effet à contre-courant des autres destinations espagnoles. Tandis qu’une grande partie du pays concentre son activité touristique pendant les mois d’été, les Canaries connaissent leur période de plus forte intensité entre octobre et mars. C’est à ce moment-là que le froid s’installe dans ses principaux marchés émetteurs, comme le Royaume-Uni et l’Allemagne, poussant des milliers de visiteurs à chercher sous les tropiques canariens des températures plus clémentes.
L’été rattrape l’hiver : des écarts presque inexistants
Les données de cette année dessinent pourtant un portrait bien différent de celui qui marquait traditionnellement ce calendrier, du moins avant le déclenchement de la crise du Covid-19. L’été n’est plus si loin de l’hiver. En réalité, l’écart avec la dernière campagne hivernale est presque inexistant. Entre octobre 2025 et mars 2026, le moteur de l’économie régionale et ses activités connexes ont maintenu une moyenne de 236 072 travailleurs inscrits à la sécurité sociale. Le mois de juillet dernier a donc dépassé ce chiffre de 258 travailleurs.
La comparaison devient encore plus significative en remontant le fil des années. Ce mois de juillet 2026 surpasse en effet la moyenne mensuelle de toutes les saisons hautes complètes disponibles depuis 2020. Entre octobre 2024 et mars 2025, les Canaries avaient par exemple enregistré une moyenne de 229 560 affiliations liées au tourisme. Le chiffre de juillet de cette année se situe ainsi 2,9 % au-dessus. La saison haute 2023-2024 avait pour sa part affiché une moyenne de 219 833 affiliations, soit 7,5 % de moins que celles atteintes en juillet 2026.
La campagne 2022-2023 maintenait une moyenne de 207 530 affiliations, soit 13,9 % de moins que les chiffres de juillet dernier. Celle de 2021-2022 s’était établie à 188 900, tandis que la saison 2020-2021, marquée par les restrictions et l’impact dévastateur de la pandémie sur le tourisme, avait vu la moyenne chuter à 165 872 affiliations.
Une progression fulgurante en cinq ans
En cinq ans à peine, l’écart entre le volume actuel d’emplois liés au tourisme et la moyenne de ce qui était traditionnellement considéré comme la saison haute n’a cessé de se creuser. Les 236 330 affiliations atteintes cet été dépassent de 25,1 % la moyenne de la campagne 2021-2022 et de 42,5 % celle de la sinistre saison haute 2020-2021. Cette comparaison dessine une évolution constamment orientée à la hausse.
Chaque nouvelle saison haute a successivement relevé le plafond de l’emploi touristique canarien, avec des chiffres qui, campagne après campagne, ont laissé loin derrière eux ceux de l’hiver précédent. Mais juillet 2026, un mois théoriquement « défavorable », est parvenu à se hisser au-dessus de tous. Seule la dernière campagne, celle de 2025-2026, a réussi à s’approcher de ce niveau, avec une moyenne de 236 072 affiliations, soit ces fameuses 258 de moins qu’en plein été. La différence est minime, mais hautement significative : un mois traditionnellement éloigné des grands pics d’activité a fini par égaler, voire dépasser, le niveau moyen des six mois concentrant la plus forte intensité touristique de l’archipel.
Un record canarien dans un contexte national exceptionnel
Le record des Canaries ne constitue pas une exception sur la scène nationale espagnole. L’emploi lié au secteur touristique a également atteint en juillet un maximum historique pour l’ensemble du pays. Selon les données diffusées ce lundi par Turespaña, l’Espagne a enregistré 3,1 millions d’affiliés à la sécurité sociale dans les activités liées au secteur. En glissement annuel, le tourisme a ajouté plus de 100 000 travailleurs dans tout le pays.
La croissance s’est étendue à pratiquement toutes les communautés autonomes, et le territoire canarien n’a pas fait exception. L’archipel s’est positionné comme la cinquième région à la plus forte croissance d’affiliés dans l’hôtellerie et les agences de voyages et opérateurs touristiques, avec 4 957 employés de plus qu’en juillet de l’année précédente. Il se place seulement derrière l’Andalousie, qui continue de jouer le rôle de principal moteur du marché du travail touristique en été, la Communauté valencienne, la Catalogne et la Communauté de Madrid.
La différence essentielle réside dans le fait que ces données nationales reflètent l’élan du tourisme pendant l’un des mois centraux de l’été, tandis qu’aux Canaries, ce record survient à un moment traditionnellement exclu de la principale période d’activité. Du moins, sur le papier. Car ces chiffres démontrent que l’archipel a définitivement tourné la page de la saisonnalité, pour devenir une destination touristique majeure tout au long de l’année, capable d’attirer les visiteurs même lorsque le soleil européen brille de mille feux.
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