Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.
Le rapport PISA 2025 vient de tomber et le constat est sans appel : les Canaries peinent toujours dans les évaluations internationales. Si les résultats montrent des lacunes préoccupantes en sciences, mathématiques et compréhension écrite, ils révèlent également une résistance inattendue qui mérite l’attention. Décryptage d’un bilan contrasté.
Un constat alarmant : un quart des élèves en difficulté en sciences
Le rapport PISA 2025 confirme que l’archipel reste à la traîne dans le classement éducatif international. Pas moins de 26,6% des élèves canariens n’atteignent pas le niveau minimal requis en sciences. Cette situation s’aggrave avec 39,3% d’étudiants en retard en compétence mathématique et 33,7% en compréhension de lecture, dressant un tableau de vulnérabilité académique généralisée sur la dernière décennie.
L’évaluation, menée auprès d’un échantillon représentatif de 1.645 élèves âgés de 15 à 16 ans issus de 50 établissements de l’archipel, révèle une fragilité structurelle inquiétante. Ainsi, 21,1% des élèves canariens se situent simultanément sous le Niveau 2 dans les trois matières évaluées. Cela signifie qu’un jeune sur cinq ne dispose pas des compétences fonctionnelles de base pour s’intégrer pleinement dans la société actuelle.
À l’opposé, l’excellence académique reste un territoire quasi désertique. Les niveaux de haute performance (5 et 6) ne regroupent qu’entre 2% et 3% des étudiants dans les trois domaines testés.
Les mathématiques, talon d’Achille persistant de l’archipel
L’analyse par matière confirme que les mathématiques demeurent le point faible majeur des Canaries. Avec 39,3% des candidats sous le Niveau 2 dans cette discipline, suivis de 33,7% en lecture et de 26,6% en sciences, la situation requiert une attention particulière. Les scores moyens obtenus – 442 points en mathématiques, 445 en lecture et 469 en sciences – placent l’archipel sous les moyennes nationales et celles de l’OCDE. Plus inquiétant encore, la perte accumulée de connaissances dessine une courbe descendante sur la dernière décennie, la lecture atteignant même ses pires niveaux historiques.
Une résistance relative qui redonne espoir
Malgré ce contexte de recul généralisé, les Canaries démontrent une capacité singulière à réduire l’écart avec la moyenne nationale. Cette dynamique positive s’explique par un déclin nettement plus modéré entre 2022 et 2025 par rapport au reste du pays. En lecture, l’archipel n’a perdu que 18,1 points (-3,9%), contre 23 points (-4,9%) au niveau national. En mathématiques, le recul local se limite à 4,6 points (-1,1%), à comparer aux -10 points de l’OCDE et aux -16 points (-3,4%) de la moyenne espagnole. En sciences, la diminution de 3,6% (0,8%) reste proche de la tendance de l’OCDE et inférieure à celle du pays (-8 points).
Cette résistance a permis à l’archipel de quitter les dernières places du classement autonome. En sciences, les Canaries sont passées de la dernière position à une place devant trois communautés (Communauté valencienne, Pays basque et Andalousie), réduisant l’écart avec la moyenne nationale de 12 à 8 points. En mathématiques, l’archipel dépasse désormais la Communauté valencienne et rejoint l’Andalousie, ramenant la distance de 26 à 15 points.
Le bond le plus spectaculaire s’est produit en lecture : les élèves insulaires sont passés de l’avant-dernière position à une avance sur cinq communautés autonomes (Pays basque, Communauté valencienne, Navarre, Baléares et Andalousie), se positionnant à seulement 6 points de la moyenne espagnole, contre 11 points lors du cycle précédent.
Contextualisation temporelle et compétences environnementales
Il convient de noter que ces examens ont été réalisés en mai 2025, avant le lancement de programmes de soutien comme celui de renforcement de la lecture « Viera » en octobre. Leur impact potentiel n’était donc pas encore mesurable lors de cette évaluation.
En sciences, domaine principal de cette édition PISA, le profil des Canaries s’avère homogène. Les trois sous-échelles (explication de phénomènes, évaluation et conception de recherches, interprétation de données) obtiennent des résultats quasi identiques, avec seulement un point d’écart. L’archipel se distingue toutefois en compétence environnementale, atteignant 472 points et se classant, aux côtés de Castille-La Manche et de La Rioja, parmi les territoires nationaux les plus conscients des enjeux écologiques.
Dans le domaine innovant de l’apprentissage dans le monde numérique, les Canaries enregistrent une moyenne de 488 points en résolution computationnelle de problèmes, correspondant au Niveau 3 de cette compétence émergente.
Les facteurs déterminants : redoublement et origine socioéconomique
L’analyse multivariée identifie le redoublement comme la variable la plus fortement corrélée au rendement scolaire. Tous autres facteurs constants, les élèves ayant redoublé présentent un risque 8,67 fois supérieur d’appartenir au groupe de faible performance généralisée dans les trois compétences, comparés à ceux n’ayant jamais redoublé.
La fracture socioéconomique et culturelle constitue un autre obstacle majeur. L’indice socioéconomique canarien (ESCS) affiche une moyenne de -0,24, inférieure à celle de l’OCDE. L’écart de points entre le quartile le plus favorisé (Q4) et le plus défavorisé (Q1) varie de 54 à 59 points selon les disciplines, l’équivalent de près de trois années scolaires de différence.
L’origine migratoire joue également un rôle, bien que la différence se réduise nettement entre les élèves natifs et ceux issus de la deuxième génération d’immigrants.
Un climat scolaire positif et des compétences d’apprentissage autonome
Le bien-être des élèves canariens constitue un point fort notable. Ils surpassent la moyenne de l’OCDE en sentiment d’appartenance à leur établissement (+0,34) et en sentiment de sécurité (+0,55). Plus de 88% des jeunes déclarent se sentir pleinement intégrés dans leur école et plus de 94% affirment s’y sentir en sécurité. L’incidence du harcèlement scolaire se situe également sous la moyenne internationale (-0,15), les moqueries étant l’expérience la plus fréquemment rapportée (29,1%), suivies par les rumeurs (27,4%).
Les élèves canariens excellent également dans le développement de stratégies d’apprentissage autonome. L’indice d’autorégulation académique place l’archipel en tête du classement national avec un score de 0,14, partagé avec l’Estrémadure, surpassant la moyenne nationale (0,09) et celle de l’OCDE (0,00). Ce climat scolaire favorable est d’autant plus crucial que 77,9% des élèves reconnaissent l’utilité de leur scolarité et rejettent l’idée qu’elle constitue une perte de temps.
Environnement technologique : des contrastes marqués et le défi de l’IA
L’environnement technologique scolaire présente des disparités notables. Si la connectivité à domicile est quasi universelle (98% des foyers disposent d’un smartphone et 95% d’une connexion Wi-Fi), seuls 47,2% des élèves bénéficient d’un appareil numérique individuel garanti dans leur établissement. 18,3% d’entre eux doivent partager du matériel par manque de ressources. La connectivité scolaire pose aussi problème : seuls 52,6% des élèves jugent la vitesse Internet suffisante et 51,6% sa stabilité adéquate.
Les chefs d’établissement signalent que seulement 7,4% des enseignants reçoivent des incitations à l’intégration numérique, et 56,3% manquent de temps pour s’y préparer. En matière de logiciels spécialisés, seuls 11,1% des centres disposent d’une couverture élevée en réalité virtuelle ou augmentée.
L’utilisation de l’intelligence artificielle s’est rapidement répandue : 27,8% des élèves déclarent utiliser l’IA « tous les jours ou presque » pour apprendre, et 19,1% pour résumer des textes. Cependant, cette habitude s’accompagne d’un déficit d’esprit critique : seuls 35% des élèves évaluent régulièrement la fiabilité ou la qualité des informations générées par ces assistants. En outre, 19,4% des jeunes recourent à ces outils pour effectuer des recherches préliminaires sur de nouveaux sujets avant de développer leurs travaux scolaires. Cette déconnexion entre usage et esprit critique représente l’un des grands défis pédagogiques que les Canaries devront relever dans les prochaines années pour consolider leur résistance éducative.
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