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Les Canaries veulent restreindre l’achat immobilier étranger

Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.

Le président des Canaries, Fernando Clavijo, veut que le logement soit l’un des dossiers « bouclés » avant la fin de la législature. Parmi ses principaux objectifs figure la possibilité pour l’archipel de limiter l’achat de logements par des étrangers lorsque ces biens ne sont pas destinés à une résidence habituelle.

Agir sur la demande, pas seulement sur l’offre

Pour le président, augmenter l’offre de logements ne suffit pas : il faut aussi agir sur une demande qui, dans certains cas, émane de acheteurs disposant d’une capacité financière supérieure et qui acquièrent des biens sans les utiliser ensuite comme résidence. Face à ce phénomène, les Canaries travaillent sur deux fronts distincts : l’échelon national espagnol et l’échelon européen.

Une réforme de la fiscalité locale pour les acheteurs non communautaires

Devant le gouvernement espagnol, Fernando Clavijo propose de modifier la loi sur les finances locales et le régime local. Pour les acheteurs non communautaires, la proposition consiste à permettre que, s’ils acquièrent un logement aux Canaries sans y vivre ni le destiner à la location de résidence habituelle, ils puissent être pénalisés sur le plan fiscal. Cette réforme aurait également une dimension municipale : le président envisage de doter les municipalités d’outils pour intervenir dans les zones qu’elles considèrent comme sous tension, avec la possibilité d’établir des restrictions sur l’usage de certains logements et d’augmenter la taxe foncière (IBI) sur ceux qui restent vides. L’objectif, dans ce cas, est de favoriser la remise sur le marché résidentiel de ces biens.

Bruxelles, la voie obligée pour encadrer les acheteurs communautaires

La voie européenne est en revanche indispensable pour avancer sur la limitation des achats par les citoyens communautaires et, plus largement, pour pouvoir imposer des restrictions aussi bien aux acheteurs de l’Union qu’à ceux d’autres pays. S’agissant spécifiquement de limiter l’accès des non-résidents communautaires à l’achat de logements, l’objectif affiché par les Canaries est que le bien doive être destiné à la résidence de son propriétaire ou à une location de longue durée, et ne puisse pas servir uniquement à la spéculation ou à la location touristique.

Des études juridiques « avancées » et un rendez-vous à Bruxelles en novembre

Fernando Clavijo soutient que les Canaries disposent déjà d’études juridiques « avancées » pour étayer ces initiatives et que l’exécutif régional travaille sur les documents nécessaires. Son intention est de profiter de la dernière partie de la législature pour laisser ce dossier prêt. « Nous aimerions verrouiller au niveau européen la voie permettant de limiter l’achat de logements par des étrangers », a-t-il déclaré en énumérant les dossiers qu’il juge prioritaires avant les prochaines élections de mai. Dans ce cadre, le président espère rencontrer en novembre Raffaele Fitto, vice-président exécutif de la Commission européenne chargé de la Cohésion et des Réformes, auprès duquel les Canaries veulent continuer à porter cette question. Fernando Clavijo précise que le gouvernement autonome « travaille et prépare les documents » nécessaires et reconnaît que le processus européen sera « plus lent », tout en insistant sur la nécessité d’avancer sur cette voie pendant le temps restant de la législature.

La nouvelle loi européenne sur le logement abordable change la donne

La position des Canaries trouve désormais un nouvel écho à Bruxelles. La Commission européenne a présenté mercredi dernier sa proposition de loi sur le logement abordable, qui vise à offrir une plus grande sécurité juridique aux États, régions et municipalités adoptant des mesures pour préserver la disponibilité de logements dans les zones soumises à la plus forte pression. La proposition a été présentée par la vice-présidente exécutive de la Commission européenne, Teresa Ribera, et par le commissaire à l’Énergie et au Logement, Dan Jørgensen. Teresa Ribera a défendu que, pour la première fois, Bruxelles établit un « parapluie juridique » permettant aux autorités d’adopter des mesures face à la crise du logement.

Le nouveau règlement prévoit également la possibilité de limiter l’acquisition de biens qui ne sont pas destinés à une résidence principale, y compris les résidences secondaires, dans les zones justifiant d’une situation de pression sur le logement. Ces restrictions devront être justifiées, nécessaires, proportionnées et non discriminatoires. La Commission reconnaît elle-même que plusieurs États membres ont déjà adopté des mesures concernant les résidences secondaires ou d’autres usages non résidentiels, et que ces initiatives se sont heurtées à des problèmes juridiques quant à leur compatibilité avec le droit européen. La nouvelle proposition vise précisément à apporter davantage de clarté et de sécurité juridique aux autorités qui décident d’intervenir sur des marchés soumis à une forte pression.

Un « avance importante » saluée par le gouvernement canarien

Du côté du département régional du Logement, dirigé par Pablo Rodríguez, on considère la démarche de Bruxelles comme une « avance importante », car permettre des restrictions sur les résidences secondaires peut produire un résultat similaire à celui que poursuit l’exécutif autonome. Selon le conseiller, les îles doivent donner la priorité à l’accès au logement pour ceux qui y résident, et il défend que l’ensemble de l’archipel est sous tension depuis la déclaration de l’urgence en matière de logement le 19 février 2024, adoptée via le décret-loi 1/2024 portant mesures urgentes en matière de logement, tout en reconnaissant que l’intensité du problème varie selon les communes. Le département insiste toutefois sur le fait que l’approche européenne reste à préciser et que les futures restrictions devront être justifiées par des données et se conformer aux exigences que fixera finalement la réglementation communautaire.

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