Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.
Cinq ans après le Tajogaite : un héritage scientifique durable
L’éruption du volcan Tajogaite, en 2021, a laissé derrière elle un sillage de destruction et de désolation, mais aussi un héritage scientifique considérable qui s’est traduit par un renforcement des capacités de surveillance volcanique, de recherche et de gestion des aléas géophysiques. À la veille du cinquième anniversaire du début du processus éruptif, l’Institut géographique national (IGN) souligne que, depuis lors, il a intégré de nouveaux réseaux d’observation, des outils d’intelligence artificielle, des systèmes de modélisation ainsi que de nouvelles lignes de travail en géochimie et en communication scientifique.
Une refonte institutionnelle née de la crise
L’IGN indique que l’expérience de l’éruption a eu un profond retentissement au sein du ministère des Transports, qui a choisi de réformer l’institut afin que les aléas géophysiques, parmi lesquels figure l’activité volcanique, soient mieux articulés. Pour ce faire, une structure spécifique a été créée, avec une sous-direction générale indépendante chargée de ces aléas, qui a nettement amélioré les conditions de travail du personnel pour l’adapter aux interventions d’urgence, en misant sur une professionnalisation claire des spécialistes des aléas d’origine géophysique.
ALERTA CO2, le réseau de surveillance le plus dense au monde
L’IGN rappelle également que, conjointement avec l’Institut volcanologique des Canaries (Involcan), il a développé ALERTA CO2, un projet pionnier à l’échelle mondiale pour la surveillance des gaz d’origine volcanique. Avec plus de 1 500 capteurs, il constitue le réseau de surveillance du CO2 volcanique le plus dense de la planète.
L’éruption du Tajogaite a mis en évidence la nécessité de disposer de réseaux d’observation plus denses, automatisés et capables de fournir des informations en temps quasi réel, insiste l’IGN.
Sismicité, déformations et géochimie : des moyens renforcés
Le réseau sismique de l’île avait déjà été densifié en 2021 et ses données restent ouvertes au public afin de pouvoir être étudiées par n’importe quelle institution. Pour le suivi des déformations volcaniques, les stations GNSS et les inclinomètres ont été multipliés, et des images InSAR du satellite PAZ ont été acquises jusqu’en 2024 afin de générer des séries temporelles et des cartes de vitesse. En 2021, un gravimètre relatif a également été installé et est resté en service pendant plus d’un an.
En géochimie, plus de 30 capteurs de CO2 développés par l’IGN ont été déployés afin de caractériser le phénomène post-volcanique d’émanations gazeuses, avant même le lancement du projet ALERTA CO2. En géologie, l’utilisation du laboratoire du Centre géophysique des Canaries a permis, pour la première fois lors d’une éruption dans l’archipel, de découper et de classer les roches.
Des campagnes de terrain intensifiées
Depuis l’éruption, les campagnes de terrain se sont intensifiées. En géochimie, l’échantillonnage des fumerolles dans les cratères a été lancé, suivi de celui du CO2 dans les puits et les sources, et des campagnes de flux diffus ont été intégrées. Les campagnes RTK de suivi des déformations, quant à elles, conservent leur rythme trimestriel.
L’analyse sismique transformée par l’intelligence artificielle
L’analyse sismique a connu l’un des changements les plus significatifs depuis cette date. Des détecteurs automatiques recourant à des techniques d’apprentissage automatique ont été mis en place pour détecter et analyser plus rapidement et de manière plus homogène l’activité sismique. Leur application aux données de l’éruption a permis de générer un catalogue sismique bien plus complet, rendant possible une étude plus fine de la migration de la sismicité et de l’évolution du système magmatique. L’automatisation permet en outre de faire face à des épisodes de forte activité, où l’analyse manuelle s’avère particulièrement exigeante, estime l’IGN.
Des outils de simulation numérique des coulées de lave ont également été développés pour l’analyse de scénarios et les exercices de simulation, et un travail a été mené sur l’automatisation des avertissements aéronautiques liés aux émissions de cendres.
Dix-huit publications scientifiques internationales
Les informations obtenues ont donné lieu à 18 publications dans des revues internationales, avec la participation de chercheurs de l’IGN aux côtés d’institutions espagnoles et internationales. Ces travaux ont fait progresser la connaissance de la structure profonde du système magmatique de La Palma, de l’évolution de la sismicité et de la déformation, de la dynamique éruptive et de la relation entre les observables géophysiques et géochimiques. La recherche la plus récente intègre des données pétrologiques, géochimiques et géophysiques afin de reconstituer les processus pré-éruptifs et syn-éruptifs de l’éruption de 2021 à Cumbre Vieja.
Un service d’alerte et une culture du risque améliorés
L’IGN insiste sur le fait que le service d’alerte a été nettement amélioré grâce à l’automatisation, et que l’éruption a également impulsé de nouvelles formes de vulgarisation et de transfert des connaissances, avec une présence accrue de la volcanologie dans les activités éducatives et de communication publique.
Ainsi, conclut l’institut, cinq ans plus tard, l’héritage scientifique de l’éruption se traduit par l’augmentation des réseaux de surveillance, l’introduction de l’IA et du Machine Learning dans les systèmes automatiques de traitement, l’amélioration des modèles de simulation et, surtout, par une structure institutionnelle et scientifique mieux préparée à relever les défis de la surveillance des aléas géophysiques. En définitive, l’objectif est que l’expérience acquise à La Palma se traduise par une surveillance toujours plus précise, automatisée et intégrée, au service de la prévention et de la protection de la société.
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