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Les Canaries, nouveau paradis des effets visuels

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Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.

Les Canaries, bien plus qu’un simple décor de cinéma

Les îles Canaries sont devenues un terrain de tournage habituel pour les grandes productions cinématographiques et télévisuelles. Mais le défi de leur industrie audiovisuelle ne consiste plus seulement à attirer caméras, acteurs et réalisateurs : l’archipel ambitionne désormais que la part du travail qui se poursuit après la fin du tournage se développe de plus en plus sur place. Les effets visuels, la postproduction et les autres services techniques représentent une opportunité pour consolider un tissu d’entreprises spécialisées qui, malgré une capacité croissante, reste méconnu de nombreuses compagnies internationales choisissant l’archipel pour leurs projets.

Un talent local encore trop ignoré

« Ils connaissent les îles pour l’incitation fiscale, mais ils ignorent le talent qui existe ici », prévient Ignacio Caicoya, superviseur et producteur d’effets visuels, directeur de Flaming Frames, qui a participé la semaine dernière à l’une des tables rondes de la dernière édition de CIIF Market. Son diagnostic part d’une situation qui se répète lorsque les sociétés de production étrangères contactent des entreprises canariennes : elles partent du principe qu’elles devront déplacer leurs équipes et sous-traiter les services spécialisés en dehors de l’archipel, sans savoir qu’une bonne partie de ces travaux peut être réalisée sur place.

« Ils pensent devoir amener toutes leurs équipes, tout le matériel et les maintenir pendant le tournage, sans se rendre compte qu’il existe déjà de nombreuses entreprises spécialisées installées aux îles ou créées directement ici », explique-t-il. Il s’agit de sociétés qui ont grandi grâce à l’activité audiovisuelle et qui peuvent offrir des services « d’une qualité très similaire, voire supérieure, à celle qu’ils s’attendent à trouver ».

Une expertise forgée à l’international

Caicoya connaît cette réalité de l’intérieur. Après avoir mené une partie de sa carrière à l’étranger, avec des expériences chez Disney et à Singapour, il est arrivé aux Canaries pour lancer une antenne de la société El Ranchito. Il a ensuite poursuivi son activité entrepreneuriale jusqu’à fonder Flaming Frames, spécialisée dans les travaux pour productions audiovisuelles, notamment celles tournées aux îles. Son parcours démontre que les Canaries peuvent être bien plus qu’un simple décor de cinéma.

L’avantage fiscal, moteur de la filière

L’attractivité fiscale de l’archipel constitue l’un des principaux avantages compétitifs de cette activité. Caicoya rappelle que les dépenses de postproduction éligibles réalisées aux Canaries peuvent entrer dans le cadre des incitations applicables aux productions audiovisuelles, une circonstance qui encourage les compagnies à achever sur place des processus qu’elles transféraient traditionnellement vers d’autres territoires. S’y ajoutent les possibilités offertes par les nouvelles technologies pour travailler à distance et maintenir une communication constante avec les responsables créatifs.

La confiance, principal obstacle à franchir

Le principal frein reste toutefois la confiance. Les grandes sociétés de production ont l’habitude de confier leurs effets visuels à des studios installés sur des marchés consolidés comme Londres, Vancouver, l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou Madrid. Face à ces centres internationaux, les Canaries doivent encore prouver qu’elles disposent d’entreprises capables de répondre à leurs exigences techniques et créatives. Mais cette défiance disparaît généralement lorsque les responsables des productions rencontrent en personne les professionnels et découvrent leurs installations.

Pour se faire connaître, le travail conjoint des entreprises, du Cluster audiovisuel des Canaries et des organismes de promotion cinématographique, dont Tenerife Film Commission, s’avère fondamental. Des rencontres comme CIIF Market jouent également un rôle clé : elles permettent d’établir des relations commerciales qui verraient difficilement le jour autrement.

Intervenir dès la préproduction pour maîtriser les coûts

L’un des avantages de disposer de ces professionnels à proximité des lieux de tournage réside dans leur intégration dès les premières phases de chaque projet. Bien que les effets visuels soient majoritairement exécutés après le tournage, leur planification peut commencer bien en amont. « Pour les producteurs, il est très important que nous soyons présents dès la préproduction, car nous pouvons les aider à réduire les coûts et à anticiper des problèmes qu’ils ne découvriraient sinon que pendant le tournage », souligne Caicoya. Cette intervention permet de déterminer quelles scènes nécessitent des ressources numériques et comment elles doivent être filmées. Elle facilite aussi la coordination entre équipes techniques et créatives.

Des commandes bien plus variées qu’on ne l’imagine

La diversité des commandes reçues par ces studios montre d’ailleurs à quel point les effets visuels ne sont plus réservés aux grandes superproductions de science-fiction. Caicoya évoque des travaux allant de la reconstitution d’un accident aérien à des séquences de violence et des effets de sang. Parmi les productions sur lesquelles ils ont travaillé, il cite les séries The Gentlemen et Gangs of London. Actuellement, son entreprise participe simultanément à quatre projets venus d’Allemagne, des États-Unis, du Royaume-Uni et d’Espagne, une situation inédite jusqu’à présent pour le studio.

Plateformes : plus de projets, mais pas plus de moyens

La croissance des plateformes audiovisuelles ne garantit cependant pas une meilleure rentabilité pour ces entreprises. Si davantage de séries et de films sont produits, les budgets doivent être répartis entre un nombre croissant de titres. « C’est une arme à double tranchant. Il y a de plus en plus de plateformes et il faut plus de projets, mais le budget global est pratiquement le même à diviser entre tous. On produit plus, plus vite et avec moins d’argent », regrette-t-il.

Intelligence artificielle et saisonnalité : les nouveaux défis

Dans ce contexte, l’intelligence artificielle (IA) est devenue l’un des principaux défis. Caicoya reconnaît son potentiel pour accélérer certains processus, tout en mettant en garde contre les incertitudes juridiques liées à la propriété intellectuelle. À ces enjeux s’ajoute un autre particulièrement important pour les entreprises canariennes : la saisonnalité des commandes. Comme la postproduction intervient généralement en fin de processus cinématographique, une bonne partie des travaux se concentre sur les derniers mois de l’année, lorsque les producteurs cherchent à boucler leurs projets et à justifier les dépenses liées aux incitations fiscales. « 80 % de notre travail arrive en fin d’année ».

C’est pourquoi son objectif principal pour 2027 ne consiste pas seulement à décrocher davantage de contrats, mais à mieux les répartir sur le calendrier. Cette stabilité permettrait d’investir dans l’équipement, d’élargir les effectifs et de renforcer la formation des professionnels. « Nous voulons qu’on continue à nous connaître, car beaucoup des tournages qui viennent aux Canaries ne savent pas encore que nous existons », reconnaît-il.

Le défi, en définitive, est que les grandes productions qui trouvent aux Canaries un lieu où tourner découvrent aussi qu’elles y disposent des professionnels nécessaires pour terminer leurs films. Les îles ne sont pas seulement le décor qui apparaît devant les caméras, mais également le lieu où se construit une partie de ce qui finit par arriver à l’écran.

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