Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.
Ils sont chaque année plus nombreux aux îles Canaries à franchir la barre des 2 000 euros mensuels de pension. En juillet, ils étaient 47 478 retraités, contre 43 551 un an plus tôt. Soit 3 927 personnes supplémentaires en l’espace de douze mois, une progression de 9% qui porte ce groupe à environ 22% de l’ensemble des retraités de l’archipel.
Un débat européen sur la soutenabilité des retraites
Cette évolution survient alors que le coût des retraites et leur soutenabilité sont de nouveau sous les projecteurs en Europe. La France étudie précisément les moyens de contenir la croissance de ses dépenses publiques et a mis sur la table la possibilité de geler en 2027 les pensions les plus élevées ou, à tout le moins, de limiter leur revalorisation afin qu’elles ne progressent plus au même rythme que l’inflation. Le débat français tourne autour d’une question qui concerne également l’Espagne, où les retraités percevant des prestations de montant élevé sont toujours plus nombreux.
Une réalité qui ne change pourtant pas la photographie des Canaries, encore loin de dessiner un système de retraites aux prestations élevées de manière généralisée. La pension moyenne de retraite dans l’archipel s’établissait en juillet à 1 456,33 euros mensuels, nettement en dessous de la moyenne nationale de 1 573,65 euros, soit un écart de plus de 117 euros par mois.
Des disparités marquées entre les retraités
Deux retraités canariens sur dix dépassent les 2 000 euros mensuels, mais la majorité des pensionnaires reste sous ce seuil. Cette donnée décrit donc une tendance à la hausse, et non la pension habituelle d’un retraité insulaire. Au sein même de ce groupe, il existe des paliers. En juillet, 8 919 pensionnaires des îles ont perçu plus de 3 000 euros mensuels. Un groupe beaucoup plus restreint, qui permet toutefois de mesurer à quel point la répartition des retraites n’est pas homogène. Tandis que la prestation moyenne demeure à 1 456,33 euros dans l’archipel, des milliers de retraités se situent déjà dans des tranches de montants considérablement supérieurs.
L’effet baby-boom et la revalorisation sur l’inflation
Cette évolution répond à plusieurs facteurs. Une part importante tient au profil de ceux qui entrent désormais dans la retraite. Les générations du baby-boom commencent à atteindre ces âges et, dans l’ensemble, elles ont connu des carrières professionnelles plus longues et des bases de cotisation supérieures à celles des générations de retraités qui sortent du système. Résultat : la pension des nouveaux retraités tend à être plus élevée que la prestation de ceux qui disparaissent.
L’effet s’accumule au fil des années. Une pension qui avoisine les 2 000 euros à sa création peut finir par dépasser ce seuil après de successives revalorisations. Depuis la réforme qui lie par la loi l’actualisation des retraites à l’inflation, les prestations contributives ont été revalorisées pour préserver leur pouvoir d’achat. Appliquée année après année, cette augmentation pousse également vers le haut la répartition des pensions.
Un contraste saisissant avec les salaires
Un scénario assez différent de celui des salaires. Les retraites sont actualisées selon un critère commun lié à l’évolution des prix, tandis que les salaires progressent de manière plus inégale. Tous les travailleurs n’ont pas la même capacité à répercuter l’inflation sur leur rémunération et les écarts entre secteurs, professions et entreprises sont importants. Aux Canaries, les salaires figurent d’ailleurs parmi les plus bas du pays et ils sont relativement peu nombreux à dépasser les 2 000 euros mensuels. Un contraste significatif dans une communauté où près de 47 500 retraités ont déjà franchi ce seuil.
Comparaison avec les autres communautés espagnoles
La comparaison avec les autres communautés autonomes aide à mettre ce chiffre en perspective. Le Pays basque présente la pension moyenne de retraite la plus élevée, avec 1 908,18 euros mensuels, suivi des Asturies avec 1 838 euros. À l’extrémité inférieure se trouve l’Estrémadure, avec une moyenne de 1 344 euros. Les Canaries, avec leurs 1 456,33 euros, se situent sous la moyenne espagnole et encore loin des communautés aux prestations les plus élevées.
Un phénomène national amené à s’amplifier
La progression des retraites dépassant les 2 000 euros n’est en tout cas pas un phénomène propre aux Canaries. Dans l’ensemble de l’Espagne, 1 987 451 personnes percevaient en juillet une pension supérieure à ce montant, soit 15% de plus qu’un an auparavant. Ce sont pratiquement deux millions de pensionnaires qui se trouvent déjà au-dessus d’un seuil qui prend du poids au sein du système.
Cette donnée revêt une importance particulière lorsqu’on se tourne vers l’avenir. L’Espagne fait face au vieillissement progressif de sa population et à l’arrivée à la retraite de générations nombreuses. Cela implique davantage de retraités et, dans le même temps, une pression accrue sur un système dont les dépenses sont affectées tant par le nombre de prestations que par leur montant. L’actualisation liée à l’inflation protège le pouvoir d’achat des retraités, mais elle accroît également la dépense publique lorsque les prix augmentent.
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