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Taxe poubelle aux Canaries : ces communes qui y échappent

Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.

Payer une taxe pour la gestion des déchets ou en être exempté ? Depuis avril 2025, la réglementation nationale impose aux municipalités de répercuter sur les citoyens le coût réel de la collecte, du transport et du traitement des déchets. Cependant, deux districts des Canaries échappent à cette règle. Bien qu’aucune mairie canarienne ne puisse librement décider de ne pas facturer la taxe sur les ordures ou de la subventionner avec d’autres impôts généraux, l’application pratique laisse apparaître quelques exceptions, notamment aux municipalités de Las Palmas de Gran Canaria et de Santiago del Teide (Tenerife).

Las Palmas de Gran Canaria : une annulation judiciaire historique

Historiquement, Las Palmas de Gran Canaria a toujours été l’une des rares grandes municipalités des Canaries et des capitales de province d’Espagne à ne pas imposer à ses citoyens une taxe spécifique pour la collecte et le traitement des déchets. Jusqu’à présent, le service était principalement financé par le budget général de la mairie. Cependant, l’entrée en vigueur de la loi 7/2022 a obligé la municipalité à établir une taxe spécifique, qui a commencé à être perçue en 2026 avec un montant d’environ 149,33 euros par an et par logement.

Cette adaptation s’est finalement heurtée aux tribunaux. Le Tribunal supérieur de justice des Canaries (TSJC) a annulé en juillet l’ordonnance, considérant que certains critères utilisés pour calculer et répartir la taxe, ainsi que le rapport technico-économique qui la soutenait, n’étaient pas suffisamment justifiés. Suite à cette décision, la mairie a finalement décidé de ne pas faire appel du jugement, paralysant ainsi les nouvelles facturations et annonçant le remboursement des sommes déjà versées par les contribuables.

Avec l’annulation de l’ordonnance, la municipalité retrouve, au moins temporairement, le scénario antérieur à l’entrée en vigueur de la taxe, tout en travaillant sur une nouvelle ordonnance pour adapter la perception du service aux exigences de la réglementation nationale.

Santiago del Teide : la stratégie de la bonification totale

La stratégie est différente à Santiago del Teide, l’autre municipalité canarienne qui, en pratique, est restée en marge de la perception effective de la taxe. Ici, aucune décision judiciaire n’a annulé la taxe. Elle reste en vigueur, mais la mairie a choisi de bonifier le montant jusqu’à le réduire à néant, à condition que le coût du service soit entièrement couvert par le budget municipal. Cette formule permet de maintenir formellement l’outil fiscal tout en évitant que la facture ne pèse sur les habitants.

Le coût, lui, ne disparaît pas, il change simplement de poche. Au lieu d’être payé directement par les citoyens, il est pris en charge par la municipalité elle-même, via ses revenus ordinaires ou, le cas échéant, son excédent budgétaire accumulé.

Les 86 autres municipalités paient, parfois plus cher

Les 86 autres municipalités des Canaries, elles, ont bien mis en place et perçoivent actuellement la taxe sur les ordures ménagères. En réalité, l’impact de la nouvelle loi a obligé de nombreuses mairies qui la percevaient déjà à augmenter considérablement les montants ou à changer leurs méthodes de calcul pour éviter tout déficit. C’est le cas de Santa Cruz de Tenerife, qui a dû augmenter ses tarifs après avoir recalculé ses chiffres, entraînant une hausse notable de la facture pour les résidents. Pour atténuer ce choc, la mairie a décidé de repousser la période de paiement volontaire aux mois de septembre à novembre.

Pourquoi cette taxe, surnommée le « tasazo » ?

La véritable question est de savoir pourquoi cette norme, communément appelée le « tasazo » (la grosse taxe), a vu le jour. La loi 7/2022 sur les déchets et les sols contaminés adapte la législation espagnole aux exigences européennes. Son objectif : corriger une situation qui générait des problèmes depuis des années. Des taux de recyclage insuffisants, une forte dépendance aux décharges et un coût de gestion des déchets qui, dans de nombreuses municipalités, n’était pas reflété de manière transparente dans ce que payaient les habitants.

Jusqu’à présent, un voisin qui recyclait au maximum et produisait très peu de déchets payait exactement la même somme qu’un voisin ou une entreprise qui jetait des tonnes de déchets mélangés sans les trier. La nouvelle réglementation vise précisément à rendre ce coût visible et à le lier au service fourni. S’y ajoute un principe environnemental bien connu : « pollueur-payeur ». L’idée est que la production de déchets ait un coût et que ce coût puisse servir d’incitation à réduire et à mieux recycler.

L’objectif est donc d’équilibrer la responsabilité et le montant, afin que celui qui génère à peine des déchets ne paie pas la même somme que celui qui en produit de grandes quantités sans les trier. La réglementation ouvre ainsi la porte à des systèmes qui prennent en compte des comportements vertueux comme le compostage, le tri des déchets organiques ou l’utilisation correcte des différents conteneurs.

Une taxe au service de la transparence et de l’environnement

Autre aspect important : la taxe doit uniquement couvrir le coût réel de la gestion des déchets. Cela signifie que la mairie ne doit pas facturer moins que le coût du service, mais pas non plus plus, pour obtenir des revenus supplémentaires destinés à d’autres dépenses. Cette taxe permet donc aux citoyens de savoir combien coûte réellement la gestion de leurs déchets et quelle part de ce coût ils assument.

La réforme répond également au problème de la mise en décharge. L’Espagne doit réduire la quantité de déchets qui finissent dans les décharges et augmenter la préparation en vue de la réutilisation et du recyclage. C’est une tâche encore en suspens aux Canaries, qui ont accumulé 83% de déchets mélangés en 2025. Le gouvernement régional lui-même a reconnu dans ses rapports que les déchets constituent l’un des plus grands problèmes de la gestion environnementale dans l’archipel.

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