Un projet qui patine sérieusement
Le Centre National de Vulcanologie (CNV), dont le siège est prévu à La Palma et une antenne à Tenerife, continue de se heurter à des obstacles pour son développement effectif. Plus de trois ans après que le président du gouvernement, Pedro Sánchez, a annoncé la création de cet organisme, et sept mois après que l’État a accepté la candidature des Canaries pour l’accueillir, il n’y a toujours aucune trace ni du centre ni des cinq millions d’euros réservés pour son lancement.
Le centre se trouve actuellement dans une phase très préliminaire de son développement. Depuis le feu vert donné le 2 décembre 2025 à la proposition des Canaries pour héberger le centre, le Consortium – composé de l’Administration générale de l’État (via le ministère de la Science, de l’Innovation et des Universités) et de l’Administration de la Communauté autonome des Canaries (avec le gouvernement des Canaries et les Cabildos de La Palma et Tenerife) – s’est réuni et a échangé des courriels pour peaufiner la convention qui régira l’activité du centre.
Un conflit de compétences envenime les négociations
La négociation, cependant, a calé parce que le document aborde un sujet sensible : les compétences que doit avoir ce nouveau centre. Voici cinq clés pour comprendre le conflit, l’utilité du centre et son avenir aux Canaries. Au cours des sept derniers mois, les Canaries et l’État ont élaboré une convention pour réguler l’activité du centre. Cependant, après plusieurs échanges de vues, le président des Canaries, Fernando Clavijo, assure que le dernier brouillon que lui a envoyé l’État est « édulcoré » et ne « rend pas justice » à ce qui avait été promis initialement.
L’État, de son côté, défend que les retards dans la création du centre sont dus au fait que les Canaries veulent ajouter une clause dans le document : que le CNV soit responsable de la « gestion intégrale du phénomène volcanique ». « Aucun gouvernement, pas même le gouvernement canarien, ne peut utiliser une convention pour changer des compétences fixées par la loi », a tranché le ministère de la Science. Cette tentative de transfert de compétences a semé la discorde car, comme insiste le gouvernement central, elle pourrait générer un conflit juridique avec une autre entité : l’Institut Géographique National (IGN).
L’IGN, un gardien de longue date de la surveillance volcanique
L’IGN, dépendant du ministère des Transports, est l’organe que le gouvernement espagnol a désigné en 2004 pour effectuer ces tâches et répondre à la crise sismique que connaissait Tenerife à l’époque. Plus précisément, le décret royal 1476/2004 a confié la responsabilité de « l’observation, la surveillance et la communication de l’activité volcanique sur le territoire national et la détermination des risques associés » à la Direction générale de l’IGN, en raison de son expérience préalable en volcanisme et en profitant de ses connaissances en sismologie.
Des mains tendues malgré les divergences
Malgré la controverse initiale, tant le président du gouvernement des Canaries que le ministère de la Science ont tendu la main pour résoudre les différends qui ont surgi autour des critères du centre national. En particulier, Clavijo a assuré ce vendredi que le ministère et le gouvernement des Canaries continuent d’échanger des brouillons et des courriels entre les administrations impliquées et a annoncé que le ministre Ángel Víctor Torres s’est engagé à revoir la proposition.
De fait, il a indiqué que la semaine prochaine, un appel téléphonique ou une réunion en visioconférence est prévue entre les représentants du gouvernement des Canaries, des Cabildos de La Palma et Tenerife et des ministères concernés pour tenter de résoudre les différends sur le contenu de la convention. Torres, pour sa part, a affirmé que les différentes administrations impliquées résoudront tout point à préciser « de manière consensuelle ». « Au final, on est encore en train de chercher la petite bête pour créer un conflit là où il n’y a pas de conflit », a-t-il conclu.
Pourquoi un tel centre est-il nécessaire ?
Le CNV est né pour plusieurs raisons. D’une part, il découle de l’intention du gouvernement de Pedro Sánchez de décentraliser certains des centres de recherche d’Espagne pour donner l’opportunité à d’autres régions de bénéficier de retombées en termes d’emploi et de développement régional. D’autre part, lors de l’éruption de La Palma, le ministère de la Science a pris conscience qu’il existait un besoin latent d’unifier toutes les institutions espagnoles impliquées dans l’étude du phénomène volcanique, la plupart ayant une vaste expérience de travail aux Canaries.
Ce centre viendrait donc combler ce besoin avec une infrastructure qui servirait à partager les résultats et à s’entraider, plutôt que de dupliquer les efforts.
Qui fera partie de l’organigramme du CNV ?
Il y a très peu de détails sur les institutions qui intégreront l’organigramme du Centre National de Volcanologie (CNV), car sa composition finale dépend de la convention en cours d’élaboration. De ce qui a filtré jusqu’à présent, on suppose que le centre intégrerait l’Institut Volcanologique des Canaries (Involcan) et l’ITER. En fait, les installations de ce dernier ont été proposées comme l’antenne ténérifféenne. La proposition conçue par le gouvernement des Canaries envisage également l’inclusion du Conseil Supérieur de la Recherche Scientifique (CSIC) – dont trois centres existent aux Canaries –, de l’Université de La Laguna (ULL) et de l’Institut Géographique National (IGN).
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