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Motion de censure à Güímar : le PSOE exclut deux de ses élus

Coup de tonnerre politique à Güímar

Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) de Güímar, à Tenerife, a officialisé une décision lourde de conséquences : l’expulsion de deux de ses conseillers municipaux, José Miguel Hernández et Patricia Encinoso. La raison invoquée par la direction locale est leur participation à une motion de censure « sans l’autorisation expresse des instances du parti », ce qui constituerait une violation des statuts fédéraux du PSOE.

Une procédure interne contestée

Selon le communiqué publié par le PSOE de Güímar, la décision a été notifiée aux intéressés, qui ont vu leur recours rejeté. Ce recours visait à contester l’expulsion initialement prononcée par la Commission exécutive fédérale du parti le 17 décembre 2025. Désormais, José Miguel Hernández et Patricia Encinoso, qui siègent toujours au conseil municipal, changent de statut : ils deviennent des élus non inscrits (no adscritos), une catégorie juridique spécifique en Espagne pour les conseillers ayant quitté leur groupe politique d’origine.

La législation en vigueur leur permet toutefois de conserver l’intégralité de leurs droits actuels, qu’ils soient économiques ou liés à la gestion municipale. Les deux élus conservent également la possibilité de saisir la justice pour contester cette exclusion.

Les origines de la crise : une motion de censure décisive

Tout a commencé le 11 août 2025. Ce jour-là, une motion de censure a renversé le maire sortant, Gustavo Pérez (de la coalition nationaliste Coalición Canaria, CC), et porté à la mairie Carmen Luisa Castro, du Parti populaire (PP). Jusqu’alors, José Miguel Hernández et Patricia Encinoso faisaient partie de la majorité municipale, une coalition hétéroclite rassemblant CC, Unidas Sí Podemos et le PSOE, qui comptait cinq élus.

En votant la censure, les deux conseillers ont changé de camp, entraînant une recomposition complète du paysage politique local. Aujourd’hui, tandis qu’ils siègent toujours dans le groupe de la nouvelle majorité, leurs trois anciens collègues socialistes sont relégués dans l’opposition.

Des responsabilités maintenues… pour l’instant

Malgré leur exclusion du PSOE, José Miguel Hernández conserve des délégations importantes : il est cinquième adjoint au maire, chargé des Travaux et Services municipaux, de l’Économie et des Finances, entre autres portefeuilles. Patricia Encinoso, de son côté, reste responsable des Fêtes et des Transports.

Mais cette situation pourrait être remise en cause. Le secrétaire à l’Organisation du PSOE à Tenerife, Óscar Olave, a déjà pris position : selon lui, « la maire doit démettre les conseillers expulsés de toutes leurs fonctions exécutives et révoquer les indemnités et les régimes de dédicace qui seraient incompatibles avec leur nouveau statut d’élus non inscrits ».

Des reproches acerbes contre l’ancien maire

Lors de la séance plénière qui a scellé le retour de Carmen Luisa Castro à la mairie – avec le soutien de ses huit collègues du PP, d’un élu de Nueva Canarias (NC) et des deux voix socialistes dissidentes –, les deux conseillers ont justifié leur choix par des critiques virulentes à l’encontre de l’ancien maire Gustavo Pérez. Ils lui ont reproché des « deux premières années de mandat désastreuses », un « manque de transparence » et une « détérioration des services publics ». Ils ont également pointé du doigt sa gestion de l’évacuation du quartier de Las Bajas et les conséquences financières pour la commune.

Le PSOE défend une procédure « pleinement garantiste »

Sur ses réseaux sociaux, la section locale du PSOE a tenu à justifier sa démarche. « Une procédure pleinement protectrice des droits et dans le respect absolu de nos anciens camarades a été menée. Ils ont été entendus, ont présenté les arguments qu’ils souhaitaient, et ces arguments ont été analysés puis finalement rejetés conformément aux règles de notre organisation », peut-on lire.

Reste à savoir si cette expulsion, qui fragilise un peu plus l’équilibre politique de Güímar, aboutira à de nouvelles contestations, sur le terrain politique ou devant les tribunaux.

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