Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.
Ils devaient quitter l’archipel vers d’autres régions d’Espagne, mais le voyage ne s’est jamais fait. 541 mineurs migrants non accompagnés, dont la procédure de dérivation avait pourtant été engagée, sont finalement restés aux Canaries. Un chiffre qui interroge, alors que 2.273 jeunes ont, eux, bien été transférés vers des centres d’accueil sur le continent depuis le lancement des dérivations l’année dernière. La lecture des statistiques est sans appel : pour cinq mineurs dérivés, un est resté sur place malgré un dossier ouvert.
Des motifs variés pour rester
Les raisons de ces abandons de procédure sont multiples. Dans certains cas, ce sont les jeunes eux-mêmes qui ont fait valoir leur droit à rester, arguant de leur ancrage local et de liens tissés dans les îles. Ils ont alors présenté des allégations officielles pour s’opposer à leur transfert. Dans d’autres situations, c’est le ministère public qui a décidé de geler la procédure, notamment lorsque des doutes subsistaient sur la majorité effective du jeune concerné.
Trois voies de dérivation distinctes
Les 2.273 transferts effectivement réalisés se répartissent en trois catégories. La première voie, celle de la protection internationale, concerne 1.200 mineurs. Ces départs font suite aux différentes ordonnances du Tribunal suprême, qui a enjoint à l’État de prendre en charge plus d’un millier de jeunes demandeurs d’asile, une décision ayant créé des tensions entre le gouvernement central et l’exécutif canarien.
À ce contingent s’ajoutent 364 mineurs dérivés via la disposition additionnelle du décret royal modifiant la loi sur l’immigration. Il s’agissait d’enfants et d’adolescents déjà présents dans l’archipel avant la déclaration de la contingence migratoire, un statut déclenché lorsque les îles ont vu leur capacité d’accueil dépassée de trois fois sa limite.
Enfin, les 709 mineurs restants ont emprunté la « voie express », réservée aux jeunes arrivés après le 29 août, date de la déclaration de la contingence. Cette procédure prévoyait un délai de 15 jours pour organiser leur transfert vers la péninsule. Un objectif rarement tenu : dans de nombreux cas, le processus s’est étiré sur plus d’un mois, prolongeant d’autant la pression sur un système d’accueil canarien déjà saturé et sous-dimensionné.
Des jeunes écoutés, des parcours changeants
Le processus n’a pas été linéaire pour tous les mineurs. « Les jeunes ont été écoutés à chaque étape du processus de dérivation », souligne Sandra Rodríguez, directrice générale de la Protection de l’enfance et des Familles du gouvernement des Canaries. Et les positions ont parfois évolué au fil de la procédure. « Beaucoup de ceux qui, au départ, avaient présenté des allégations ont fini par dire qu’ils voulaient partir », observe-t-elle, tandis que d’autres, initialement réticents, ont fini par accepter leur transfert.
Un an après le lancement des dérivations, l’exécutif régional dresse le bilan de ce dispositif. « Nous ne les aurions jamais forcés à monter dans un avion », assure Sandra Rodríguez, qui rappelle que d’autres régions pouvaient offrir des garanties que les Canaries, engorgées, n’étaient pas en mesure de fournir.
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