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Wizz Air débarque en Galice : les Canaries en première ligne

Coordination, travail continu et loyauté : ce sont quelques-uns des points clés pour parvenir à une meilleure connectivité aérienne, comme l’ont souligné jeudi toutes les parties impliquées dans l’arrivée de Wizz Air en Galice. Cependant, la création de sa base à l’aéroport de Saint-Jacques-de-Compostelle (Lavacolla) pourrait sérieusement menacer d’autres routes déjà établies dans la communauté, notamment à l’aéroport de Vigo (Peinador).

Trois routes vers les Canaries directement menacées

Parmi les dix destinations que la compagnie hongroise opérera figurent trois qui entretiennent une relation privilégiée avec Peinador grâce au véritable « pont aérien » que Binter propose depuis la terminal olívique. Et qui, à partir de février, devront rivaliser avec les prix et la capacité supplémentaire de Lavacolla. Dès le 1er février, Wizz Air desservira Tenerife-Nord (lundi, mercredi, jeudi, vendredi et dimanche), Gran Canaria (lundi, mercredi, vendredi et dimanche) et Fuerteventura (mardi et dimanche), avec des billets déjà en vente à partir de 29,99 euros.

Le fait de voler avec des Airbus A321Neo de 239 places, les avions les plus efficaces du marché actuellement, permet à la compagnie de réduire considérablement ses tarifs par rapport à toute autre alternative. Du côté du gouvernement du BNG (Bloc nationaliste galicien) à Compostelle, on refuse de voir dans cette arrivée une rupture de la coordination aéroportuaire galicienne, puisque les subventions ne concerneraient que les connexions internationales. Toutefois, il n’y aura pas d’appel d’offres public pour ces aides. « Ce n’est pas notre idée, nous avons d’autres processus de négociation prévus par la loi sur les marchés publics et nous procédons à des négociations sans publicité », a expliqué Miriam Louzao, élue locale, à propos du manque de transparence de ces aides qui doivent soutenir les 900 000 places que Wizz Air proposera à Lavacolla.

Binter : un modèle différent, sans aides publiques

Ce modèle contraste nettement avec l’approche différenciée que Binter a mise en œuvre à Vigo. La liaison inaugurée au printemps 2018 a été la première de la compagnie vers le continent espagnol, augmentant progressivement sa présence jusqu’à transporter 471 928 passagers à l’aéroport de Peinador avec une particularité : elle a toujours opéré sans aides publiques. Ni à La Corogne, où elle est arrivée en décembre 2021, ni dans les Asturies, en Cantabrie ou à Vitoria, Binter ne vole « à la demande » du marché. Ses avions E195-E2 de 132 places ne bénéficient d’aucun soutien municipal et, malgré tout, la compagnie a atteint, huit ans plus tard, les 100 vols mensuels sur cette liaison.

L’objectif de l’entreprise était de continuer à croître, en augmentant sa flotte capable de voler vers Vigo de près de 50 %. Le 21 juillet, lors du Salon aéronautique de Farnborough, elle a annoncé l’achat de cinq nouveaux appareils et des options pour quatre autres. « Les nouveaux avions rejoindront la flotte dans le but de continuer à consolider l’engagement de la compagnie pour son programme extérieur », a expliqué un porte-parole au journal Faro, ajoutant que les routes et destinations desservies sont encore en phase d’étude. Outre les liaisons avec le continent, ces appareils pourraient également assurer les liaisons inter-îles lorsque la demande sera suffisamment forte. Parmi ses projets figurerait l’ouverture d’une troisième route depuis Vigo, comme elle l’a fait depuis Santander.

Un service différencié face au modèle low cost

Il convient de rappeler que Binter offre gratuitement la correspondance vers Fuerteventura et le reste des terminaux de l’archipel, de sorte que cette route ou celles vers Lanzarote « concurrencent » également directement Wizz Air. Selon les mêmes sources, « la compagnie continue de miser sur un type d’appareil en adéquation avec son positionnement concurrentiel, offrant un service différencié d’excellence et le meilleur rapport qualité-prix, loin des modèles low cost dominants » comme celui de Wizz Air et ses avions à haute capacité. Chez Binter, la disposition est de deux sièges par rangée, avec plus d’espace entre les rangées et une valise cabine incluse.

Cette situation est bien connue au sein de la compagnie ultra low cost qui va faire ses débuts en Galice. L’actuel directeur des routes de Wizz Air, Samuel Ferrera, a été le chef du réseau de Binter entre octobre 2021 et septembre 2025, période durant laquelle la compagnie canarienne s’est déployée sur presque tout le territoire espagnol. Elle opère d’ailleurs dans plus de provinces péninsulaires que Ryanair ou Iberia, se situant seulement derrière Vueling et Air Nostrum. Dans ce département, il avait une « responsabilité intégrale sur les horizons de planification à court, moyen et long terme, la stratégie de réseau et la planification des routes et des horaires », comme l’indique son profil LinkedIn.

Un ex-directeur de Binter passé chez le concurrent

Au cours de ces derniers mois chez Binter, la compagnie a atteint pour la première fois le double vol quotidien à Peinador, comptabilisant actuellement environ 13 fréquences vers ses deux grandes bases canariennes. Les données du marché et l’absence de concurrence après le départ de Ryanair ont laissé un vide que Ferrera, depuis son nouveau poste, peut désormais combler avec encore plus de capacité. Interrogé sur la possible route vers Londres-Luton pour laquelle des autorisations ont été demandées cet été, il a assuré que « tous les aéroports galiciens sont attractifs » et n’a pas exclu une implantation future. Le lancement international depuis Lavacolla se fera vers deux routes quasi inédites, Varsovie-Modlin et Rome-Fiumicino, toutes deux sponsorisées par la Xunta de Galice à hauteur de 200 000 euros pour de la publicité sur place.

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