Une réforme en profondeur pour la RTVC
Les groupes politiques qui soutiennent le gouvernement des Canaries au parlement régional ont déposé des amendements au projet de loi sur la Radiotelevisión Canaria (RTVC). L’objectif est clair : garantir le caractère public des services d’information, accorder plus d’indépendance au Conseil de direction, renforcer la stabilité de l’emploi et s’assurer que la convention collective s’applique bien aux travailleurs de la radio.
Trente amendements pour changer la donne
Vidina Espino, députée de Coalición Canaria (CC), accompagnée de représentants du Parti Populaire (PP), de l’Agrupación Socialista Gomera (ASG) et de l’Agrupación Herreña Independiente (AHI), a présenté lors d’une conférence de presse les trente amendements soumis au projet de loi d’organisation du service public de communication audiovisuelle des Canaries. Elle a confirmé l’intention des groupes soutenant le gouvernement d’ouvrir des négociations avec l’opposition, qui a également déposé ses propres amendements. L’ambition affichée est de parvenir à un texte consensuel qui mette fin aux situations d’exception et à l’instabilité qui ont marqué la radio et la télévision publiques en raison des difficultés du Parlement à appliquer la loi de 2014, désormais vouée à être remplacée.
Stabilité et indépendance au cœur des propositions
« Nous voulons offrir une stabilité professionnelle aux employés, verrouiller le caractère public des journaux télévisés et construire une télévision qui garantisse un véritable service aux citoyens canariens », a énuméré Vidina Espino. Le projet de loi initial du gouvernement prévoyait un mandat de quatre ans pour le Conseil de contrôle de la RTVC, élu par le Parlement. Mais les groupes soutenant l’exécutif proposent de le porter à cinq ans, afin qu’il ne coïncide pas avec la législature et que l’indépendance de cet organe soit mieux préservée. De plus, pour renforcer la stabilité, ils souhaitent instaurer une présidence élue par les membres pour une durée de deux ans, plutôt qu’une présidence tournante tous les trois mois comme le proposait le gouvernement.
La fin de la précarité et la garantie des moyens
Les amendements mettent également un terme à la subrogation provisoire des travailleurs de l’établissement public, assurant ainsi une stabilité et une continuité d’emploi totales. « Les journaux télévisés seront un service public réalisé avec des moyens propres et ne pourront pas être externalisés », a souligné la députée. Afin de lever toute ambiguïté, les groupes ont modifié le projet pour préciser explicitement que non seulement la production et le montage seront effectués en interne, comme le prévoyait le gouvernement, mais aussi la réalisation. Pour les partis au pouvoir, les informations doivent constituer l’axe central de la programmation et disposer de ressources humaines, techniques et matérielles suffisantes, fixées dans un contrat-programme qui inclura un nombre minimum d’heures de service d’information obligatoires.
Un comité professionnel pour la véracité des informations
CC, PP, ASG et AHI ont également amendé le texte pour y inclure la création d’un comité professionnel composé de salariés de l’établissement public, chargé de veiller à l’indépendance, à la véracité et à l’objectivité des informations, a indiqué Espino. Un autre amendement vise à dépasser la limitation de la masse salariale prévue par la loi de finances, afin de pouvoir appliquer aux travailleurs de la radio la convention collective qui avait été négociée et qui reste bloquée par le ministère des Finances régional. Ce blocage avait d’ailleurs conduit au dépôt d’un préavis de grève.
Fusion des sociétés et nouvelles règles pour les producteurs
Une fois les sociétés de la radio et de la télévision publiques fusionnées en une seule entité, un organigramme unique sera créé, avec une définition claire des catégories, des postes et des fonctions, a précisé la représentante de CC. Autre nouveauté : la limitation de la sous-traitance de la programmation à des producteurs externes est renforcée. Aucune société de production ne pourra désormais dépasser 10 % du total, contre 20 % initialement fixés par le gouvernement. L’idée est d’éviter la concentration, de diversifier le secteur audiovisuel et de favoriser l’émergence de nouvelles sociétés de production canariennes. Les amendements des groupes gouvernementaux renforcent également l’exigence que tous les contenus, qu’ils soient produits en interne ou en externe, respectent des critères de qualité rigoureuse et maintiennent un haut niveau de professionnalisme.
Un appel au dialogue pour un large consensus
Vidina Espino a souligné que ces amendements sont le fruit d’un dialogue entre les partis politiques soutenant le gouvernement, ainsi que de l’écoute des travailleurs de l’établissement et de la prise en compte des objections du Conseil consultatif. Les portes restent grandes ouvertes pour une négociation avec les autres groupes parlementaires afin d’obtenir le plus large consensus possible.


