Une lueur d’espoir dans la crise du logement aux Canaries
Alors que l’archipel des Canaries est en proie à une véritable urgence en matière de logement, un nouveau rapport du ministère du Logement et de l’Agenda urbain espagnol jette une lumière inattendue sur la situation. Intitulé « Secteurs résidentiels en Espagne 2025 », ce document révèle que pas moins de 58.464 nouveaux logements sont projetés dans les grandes zones d’urbanisation de l’archipel. Ces logements, prévus dans le cadre de plans d’urbanisme de nombreuses communes, représentent un potentiel énorme pour atténuer la pénurie actuelle. Mais le plus frappant est que, parmi eux, plus de 5.000 sont pratiquement prêts à sortir de terre.
58.464 logements en attente, mais tous ne sont pas égaux
Selon ce rapport, qui ne prend en compte que les grands ensembles résidentiels capables d’accueillir au moins 1.000 logements, l’archipel devait initialement voir sortir de terre 67.301 habitations. Cependant, seules 8.837 ont été effectivement construites. Le solde, soit 58.464 logements, reste donc à bâtir. Mais attention, ce chiffre ne représente pas l’intégralité des projets en cours aux Canaries : il exclut les plus petits ensembles ou les terrains disséminés sur tout le territoire. Il s’agit uniquement de ces immenses zones résidentielles planifiées.
Cependant, au sein de ces 58.464 logements en suspens, la situation est très hétérogène. Les 5.000 habitations les plus « mûres » sont celles qui se trouvent dans des secteurs déjà entièrement urbanisés. Ces terrains sont viabilisés, parfois même dotés des réseaux d’égouts et de télécommunications, et peuvent même compter des immeubles voisins déjà finalisés. Sur le papier, ce sont les chantiers les plus simples à lancer.
Des bâtiments fantômes et des chantiers à l’arrêt
Reste que si ces 5.000 logements sont techniquement « prêts », ils ne sont pas encore construits pour une multitude de raisons. Certains de ces projets ont été lancés puis abandonnés après l’éclatement de la crise immobilière de 2008, laissant derrière eux des structures inachevées, de véritables « bâtiments fantômes ». D’autres sont bloqués par des litiges juridiques entre propriétaires fonciers ou par des conflits judiciaires concernant le secteur résidentiel dans son ensemble. Parfois, des décennies se sont écoulées depuis leur planification sans qu’aucune pelleteuse ne vienne troubler le silence.
Parmi les zones qui recèlent ces logements potentiels, on trouve par exemple Las Rehoyas-Arapiles ou Tamaraceite Sur à Las Palmas de Gran Canaria, La Caleta à Adeje (Tenerife) ou encore Punta Larga dans la commune de Candelaria.
Un calendrier en trois étapes
Au-delà de ces 5.000 logements « prêts », le rapport distingue deux autres catégories au sein des 58.464 restants. On trouve environ 16.000 logements situés dans de grands espaces déjà viabilisés (rues, parcelles, réseaux d’assainissement) mais dont le degré d’édificabilité est très faible. Cela signifie qu’aucun immeuble n’y a encore été construit et qu’ils ressemblent souvent à de vastes friches attendant de s’animer. Le reste, soit la majorité des logements projetés, se trouve dans des zones où rien n’a encore été urbanisé. Il s’agit de grandes étendues de terre qui, un jour, sont censées accueillir des quartiers entiers, mais qui pour l’instant ne sont que des terrains vierges.
Un marché bloqué à 13,2 % de sa capacité
En fin de compte, et selon les données du ministère dirigé par Isabel Rodríguez, les Canaries n’ont réussi à mettre sur le marché que 13,2 % des logements prévus dans les plans d’urbanisme de ces grandes zones résidentielles. Un taux effroyablement bas dans un contexte d’urgence absolue, où la pénurie de l’offre fait flamber les prix à des niveaux stratosphériques. Ces prix, totalement hors de portée du pouvoir d’achat des Canariens, transforment la quête d’un toit en une mission impossible pour des milliers de familles à travers l’archipel.
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