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Foyer de rougeole à Tenerife : 4 cas dont une hospitalisation

Un foyer de rougeole détecté à Tenerife

La Consejería de Sanidad (ministère régional de la Santé) des Canaries a signalé un foyer de rougeole à Tenerife, comptant quatre cas confirmés. L’une des personnes touchées a dû être hospitalisée. Selon les informations communiquées ce mardi 23 juin par les autorités sanitaires, l’origine de ce foyer est un mineur en provenance du Royaume-Uni, qui séjournait sur l’île pour des vacances.

Un cas index en provenance du Royaume-Uni

Le cas index, c’est-à-dire le premier patient identifié, a été notifié depuis le Royaume-Uni. En effet, le diagnostic a été confirmé une fois que le mineur était rentré dans son pays d’origine, après avoir passé quelques jours à Tenerife. Les trois autres cas, associés à ce premier, ont tous eu un contact entre eux. Aucun d’entre eux n’était vacciné contre la rougeole, le vaccin n’étant pas indiqué pour leur tranche d’âge, située entre 45 et 55 ans.

Activation des protocoles de contrôle

Dès que la Direction générale de la santé publique a eu connaissance de ces cas suspects, les protocoles d’évaluation, de suivi et de contrôle des contacts ont été activés afin de tenter de limiter la propagation de la maladie. Conformément à ces procédures, les personnes ayant pu être en contact avec les cas confirmés font toujours l’objet d’un suivi rigoureux.

L’importance de la vaccination

La Direction générale de la santé publique insiste sur l’importance cruciale de recevoir les deux doses du vaccin contre la rougeole, telles qu’elles sont prévues dans le calendrier vaccinal. Cela permet d’atteindre une immunisation individuelle et d’éviter la transmission de la maladie aux personnes qui, pour quelque raison que ce soit, ne peuvent pas être vaccinées. Le vaccin reste le moyen le plus sûr et le plus efficace pour éviter de contracter et de transmettre la rougeole.

Ce vaccin s’administre en deux doses : à l’âge de 12 mois, puis à 3 ans. Actuellement, 95 % de la population canarienne est correctement vaccinée avant l’âge d’un an. Les autorités recommandent également la vaccination des adolescents, des jeunes et des adultes nés à partir de 1978 qui n’ont pas eu la maladie et qui ne peuvent pas prouver avoir reçu les deux doses du vaccin trivalent (ROR : rougeole-oreillons-rubéole).

Un appel à la vigilance pour les parents et les adultes

La Santé publique lance un appel à la population pour qu’elle vérifie le statut vaccinal des enfants de trois ans et s’assure qu’ils ont bien reçu leurs deux doses. Par ailleurs, toute personne née après 1978 qui n’a pas la certitude d’avoir été vaccinée ou d’avoir contracté la maladie de manière naturelle est invitée à consulter son centre de santé pour recevoir le vaccin. Le personnel soignant, particulièrement exposé au risque de contact avec des cas incidents et représentant une proportion importante de cas dans les foyers signalés en Espagne et ailleurs, doit s’assurer qu’il est correctement immunisé.

Historique et recrudescence de la rougeole

En Espagne, la vaccination contre la rougeole a été introduite dans le calendrier de vaccination infantile en 1975, et intégrée au vaccin trivalent ROR à partir de 1981. Une seconde dose a été ajoutée en 1996, ce qui a rapidement amélioré la couverture vaccinale et permis une réduction drastique des épidémies. Depuis l’an 2000, la rougeole est devenue une maladie rare, touchant principalement les adultes et les enfants de moins d’un an non vaccinés.

Cependant, ces dernières années, on observe une augmentation de l’incidence dans plusieurs pays où la maladie avait pourtant été éliminée (comme le Royaume-Uni), en raison d’une perte de confiance dans les vaccins. Si la couverture vaccinale baisse, la rougeole peut réapparaître et se transmettre rapidement, provoquant des foyers épidémiques pouvant mener à des hospitalisations et à des décès, même dans les pays développés. Un exemple récent est l’épidémie survenue dans l’État du Texas (États-Unis), où un enfant non vacciné est décédé de cette maladie pourtant facilement évitable.

Symptômes et transmission de la maladie

La rougeole est une maladie fébrile avec éruption cutanée. Après une période d’incubation de 10 à 14 jours, elle débute par de la fièvre, une congestion nasale et de la toux. Parfois, de petites taches rouges avec un centre blanchâtre (taches de Koplik) apparaissent sur la muqueuse buccale (face interne des joues). L’éruption cutanée, qui survient entre le troisième et le septième jour après l’apparition des symptômes, commence sur le visage et s’étend à tout le corps.

Le virus de la rougeole (Morbillivirus) est extrêmement contagieux. Il se transmet par voie aérienne, via des gouttelettes expirées ou en suspension dans l’air jusqu’à deux heures, ou par contact direct avec les sécrétions nasales ou pharyngées des personnes infectées. Bien que généralement bénigne, la maladie peut entraîner des complications telles que pneumonie, otite, laryngotrachéite et diarrhée. Rarement, elle peut provoquer une encéphalite ou la mort, en particulier chez les jeunes enfants.

Période de contagiosité et mesures de précaution

Une personne atteinte de rougeole est contagieuse pendant une période allant de quatre jours avant l’apparition de l’éruption cutanée jusqu’à quatre jours après sa disparition. Pendant cette période, il est essentiel d’éviter tout contact avec des personnes non immunisées. Les autorités sanitaires précisent qu’il n’a pas été démontré que le virus contenu dans le vaccin soit transmissible.

La vaccination dans les 72 heures suivant l’exposition au virus peut prévenir la maladie ou en atténuer la gravité. En cas de foyer épidémique, il est recommandé que les contacts susceptibles qui ne se font pas vacciner (en raison de contre-indications ou d’autres motifs) soient exclus de l’environnement où le cas a été détecté, et ce, jusqu’à 18 jours après le début de l’éruption du dernier cas du foyer.

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