Une avancée pour les patientes souffrant d’endométriose
L’hôpital universitaire des Canaries (HUC) s’apprête à franchir une étape majeure dans la prise en charge de l’endométriose. D’ici la fin septembre, un nouveau service multidisciplinaire, exclusivement dédié à cette maladie inflammatoire chronique, verra le jour. Une nouvelle qui concerne directement les 12 130 femmes touchées aux Canaries, pour qui un parcours de soins coordonné entre plusieurs spécialités devient enfin une réalité.
Une coordination inédite entre spécialistes
Jusqu’à présent, le service de gynécologie de l’HUC assurait déjà le suivi de l’endométriose en collaboration avec d’autres disciplines, mais sans disposer de procédures formalisées. « Ces circuits de soins n’étaient pas protocolisés. C’est exactement ce que nous voulons corriger en créant cette nouvelle ressource », explique le docteur Miguel Carrancho, chef du service de gynécologie bénigne de l’HUC.
Pour la première fois, l’établissement comptera donc une unité spécialisée, fruit d’un travail de coordination mené depuis plusieurs mois entre différents services, allant de la psychologie à la physiothérapie, en passant par la rééducation fonctionnelle. « Nous avons beaucoup avancé dans la conception de cette unité. L’idée est qu’après l’été, le circuit soit parfaitement défini pour un démarrage fin septembre », précise le docteur Carrancho.
Une première action concrète : l’atelier nutrition et stress
En attendant la mise en place complète du dispositif, une première activité a déjà vu le jour ce vendredi : un atelier sur la nutrition anti-inflammatoire et la gestion du stress, animé par Jéssica Ruiz, médecin à l’unité de la douleur de l’HUC. Depuis cinq ans, ce service organise une fois par mois des séances similaires destinées aux patients souffrant de douleurs chroniques.
« Nous nous réunissons en petits groupes de 15 à 20 personnes pour donner des conseils pratiques, répondre aux questions et fournir des outils qui améliorent la qualité de vie », détaille la spécialiste. Cette dynamique est désormais étendue aux femmes atteintes d’endométriose.
L’alimentation comme alliée thérapeutique
L’endométriose se caractérise par la présence d’un tissu semblable à la muqueuse utérine en dehors de l’utérus, provoquant douleurs pelviennes, troubles du cycle et problèmes de fertilité. Dans ce contexte, l’alimentation devient un outil complémentaire précieux pour contrôler l’inflammation et atténuer les symptômes. « Il est scientifiquement prouvé qu’une alimentation saine est fondamentale pour prévenir l’apparition de nombreuses maladies », rappelle Jéssica Ruiz.
L’objectif des ateliers est d’enseigner des habitudes alimentaires durables et fondées sur des données probantes. La spécialiste recommande un régime principalement composé d’aliments frais : légumes, fruits, légumineuses, céréales complètes, tubercules, fruits à coque et graines. Il convient également de privilégier les bonnes graisses (huile d’olive extra vierge, avocat) et des protéines de qualité (œufs, viande blanche, poisson).
Parmi les conseils clés : consommer du poisson gras au moins deux fois par semaine pour son apport en oméga-3, aux vertus anti-inflammatoires. À l’inverse, pour éviter les pics de glycémie qui aggravent l’inflammation et les symptômes, il est conseillé de réduire les aliments ultra-transformés et les produits à faible valeur nutritionnelle. La viande rouge est à limiter à une fois par semaine, de même que la charcuterie.
Un régime méditerranéen renforcé
« En substance, il s’agit d’un régime méditerranéen avec un accent plus marqué sur les aliments à potentiel anti-inflammatoire », résume la docteure Ruiz. Parmi ces aliments stars : les crucifères (brocoli, chou-fleur), les fruits rouges, le thé vert, le chocolat noir et les épices. Attention toutefois, il n’existe pas de régime unique valable pour toutes les patientes. L’alimentation doit être adaptée aux besoins et aux particularités de chacune.
Des résultats rapides pour une meilleure qualité de vie
Selon la spécialiste, ces changements alimentaires peuvent produire des bénéfices à court terme. « Je recommande toujours d’adopter un mode de vie sain, car les patientes sont surprises de voir des résultats en très peu de temps », assure-t-elle. Parmi les améliorations constatées : diminution de la douleur et de l’inflammation, réduction des ballonnements, regain d’énergie et baisse de la fatigue.
Une approche globale : au-delà de l’assiette
L’atelier ne se limite pas à la nutrition. Il aborde également d’autres piliers comme la pleine conscience (mindfulness) et la gestion du stress. « Nous savons que de nombreux facteurs entrent en jeu : le repos, l’exercice physique, la dimension émotionnelle, le bien-être psychologique. C’est pourquoi nous tentons d’aborder le patient dans sa globalité », explique Jéssica Ruiz.
Dans cette optique, l’activité physique est présentée comme le meilleur allié pour maintenir un bon état d’esprit. « Ce sont les piliers sur lesquels il faut travailler ensemble », conclut la médecin. Une vision holistique qui devrait faire de cette future unité de l’HUC un modèle de prise en charge de l’endométriose aux Canaries.
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