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35 millions d’euros pour l’accueil des mineurs migrants : les Canaries réclament plus

Un accord sous tension pour la protection des mineurs

Le ministère de la Jeunesse et de l’Enfance et les communautés autonomes ont scellé ce jeudi, lors de la Conférence sectorielle de l’enfance et de l’adolescence, la répartition de 35 millions d’euros supplémentaires – approuvés cette semaine en Conseil des ministres – destinés à l’accueil des mineurs migrants non accompagnés. Une réunion marquée par l’absence de Castille-et-León, d’Aragon et d’Estrémadure, régions dirigées par des conseillers de Vox, ainsi que par l’abstention de Murcie. En revanche, les communautés gouvernées par le Parti populaire ont cette fois fait le déplacement.

Lors de cette rencontre, la représentante des îles Canaries a haussé le ton, réclamant davantage de fonds et le maintien de la déclaration de contingence migratoire dans l’archipel. Une position ferme, alors que les arrivées de mineurs isolés continuent de peser lourdement sur les capacités d’accueil locales.

Un registre unifié contre les violences faites aux enfants

Au-delà de la question migratoire, la Conférence sectorielle a également abordé la création d’un registre unifié de données pour lutter plus efficacement contre les violences faites aux enfants. Les discussions ont porté sur la répartition des 35 millions d’euros entre les communautés – dont quatre millions pour les Canaries – et les villes autonomes pour la prise en charge de l’enfance migrante non accompagnée, ainsi que sur le projet Barnahus, un dispositif dédié aux enfants victimes de violences sexuelles.

Une absence qui en dit long

Selon les sources du ministère de la Jeunesse et de l’Enfance, la Catalogne, La Rioja, Murcie, les Canaries, la Communauté de Madrid et Ceuta ont assisté physiquement à la réunion, qui se tenait au ministère de la Politique territoriale. Les autres communautés ont participé par visioconférence, à l’exception de Castille-et-León, d’Aragon et d’Estrémadure, qui brillent par leur absence. « L’absence des conseillers de Vox est sans conséquence sur le déroulement de la réunion, mais elle révèle leur mépris pour les droits de l’enfance et leur absence totale de volonté de travailler. C’est la réalité d’un parti politique qui se contente de lancer des slogans racistes sans jamais mettre la main à la pâte », ont dénoncé les services du ministère dirigé par Sira Rego.

Les Canaries tirent la sonnette d’alarme

À l’issue de la Conférence, la conseillère au Bien-être social du gouvernement canarien, Candelaria Delgado, a réclamé une augmentation des dotations budgétaires pour la prise en charge des mineurs migrants, ainsi que le maintien de la déclaration de contingence migratoire dans l’archipel. « L’absence de budget général de l’État ne doit pas être un obstacle, d’autant que le gouvernement central a récemment augmenté les fonds pour la dépendance », a-t-elle souligné. Elle a également rappelé un précédent : lors de la modification de la loi sur l’immigration, une contribution exceptionnelle de 100 millions d’euros avait été débloquée pour l’accueil de tous les mineurs migrants dans l’ensemble des communautés autonomes.

Delgado a affirmé que les Canaries restent en situation d’urgence et de contingence migratoire, dépassant de trois fois le quota obligatoire fixé à 783 mineurs. Elle a reconnu que la pression sur les centres d’accueil des îles s’est légèrement atténuée, puisque près de 900 jeunes ont été transférés au cours de la dernière année, et d’autres quittent le dispositif en atteignant la majorité. « Mais les chiffres étaient très élevés », a-t-elle rappelé. Au moins, les macrocentres ont pu être fermés pour l’instant, même s’ils restent en réserve en cas de nouvelle vague d’arrivées, alors que les conditions en mer s’améliorent. Rien que ces trois derniers jours, 88 mineurs sont arrivés aux Canaries. Sur l’ensemble de l’année, les arrivées ont toutefois baissé de 70 %, selon les données de Frontex.

Une sortie de la crise encore incertaine

La conseillère a précisé que les Canaries accueillent actuellement environ 3 600 mineurs migrants, et que certains attendent jusqu’à six mois avant d’être transférés, en raison de lenteurs administratives et du manque de disponibilité des autres communautés.

Delgado en a également profité pour interroger la ministre Sira Rego sur la manière dont les intérêts des mineurs migrants non accompagnés seront défendus à l’entrée en vigueur du Pacte sur la migration et l’asile. « La figure du défenseur des droits de l’enfant doit être présente dès l’arrivée d’une embarcation sur nos côtes. Mais qui va financer ce dispositif ? Dans le cadre de l’aide juridictionnelle, c’est aux communautés autonomes de supporter les coûts, et le gouvernement canarien n’a reçu aucune information à ce sujet », a-t-elle déploré.

« Ce que nous voulons, c’est que l’on écoute les communautés, que l’on convoque la conférence sectorielle des migrations prévue la semaine prochaine, et que les régions ne soient pas laissées dans l’ignorance quant à l’application de ce pacte migratoire », a conclu Delgado.

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