Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.
Sept années de sécheresse ont mis les vignobles de Tenerife à rude épreuve, mais l’horizon s’éclaircit enfin. Les pluies abondantes du dernier hiver insufflent un vent d’optimisme dans tout le secteur vitivinicole de l’île. Les producteurs, unanimes, saluent des prévisions de récolte en hausse et une qualité de raisin prometteuse. Certains vont même plus loin, augurant une cuvée 2027 exceptionnelle, fruit de la vigueur retrouvée des plants grâce à l’eau tant attendue.
Des prévisions en hausse sur toute l’île
Cette embellie se traduit par des chiffres concrets, notamment sur le versant sud de l’île. La Denominación de Origen (appellation d’origine) Valle de Güímar prévoit ainsi de passer de 125 000 kilos de raisin en 2025 à environ 180 000 kilos cette année. Dans l’appellation Abona, la production devrait bondir de 50 à 60 % par rapport à la dernière vendange.
Le nord n’est pas en reste. Des domaines comme Viñátigo espèrent doubler leur production, tandis que d’autres, à l’instar de Tajinaste, mettent davantage l’accent sur la qualité que sur la quantité. Les raisins, déjà en cours de récolte, présentent d’excellents paramètres d’acidité et de degré d’alcool potentiel.
Cependant, quelques ombres persistent au tableau. Des domaines comme El Lomo, situé dans l’appellation Tacoronte-Acentejo, signalent des baisses notables sur certains cépages rouges.
Sur le versant sud, un démarrage sous de bons auspices
Sur le versant sud de Tenerife, ce sont les cépages blancs de basse altitude, comme le marmajuelo, qui ouvrent le bal de la vendimia avec des prévisions positives. Certaines appellations et producteurs ont commencé les vendanges début août et les prolongeront jusqu’en octobre, en fonction de l’altitude, de la zone et du cépage. C’est d’ailleurs l’une des grandes singularités du secteur vitivinicole de Tenerife : la récolte n’est pas un processus homogène et uniforme comme on peut le voir dans d’autres régions viticoles du pays. L’île abrite une grande diversité de microclimats, d’altitudes, d’expositions et de cépages qui exigent des calendriers de maturation différents.
La filoxera, un écho persistant
Le spectre de la filoxéra plane toutefois sur la campagne 2026. Cet insecte ravageur est apparu l’été dernier dans l’appellation Tacoronte-Acentejo. Si les protocoles et mesures, particulièrement stricts dans cette zone, restent en vigueur, les producteurs reconnaissent que la vigilance s’est quelque peu relâchée. Les foyers identifiés sont toujours entourés de zones tampons, un périmètre de sécurité d’environ deux kilomètres, et le contrôle des mouvements de raisin et de matériel végétal est maintenu. Borja de Mesa, gérant du domaine El Lomo, tempère : « Nous avons actuellement des mesures acceptables et faciles à appliquer pour les producteurs ». Manuel Marrero, président de la coopérative Cumbres de Abona, se montre, lui, confiant : « La filoxéra ne semble pas vouloir s’installer chez nous ».
L’optimisme est donc de mise, particulièrement sur le versant sud de l’île. Le domaine Tajinaste, originaire de La Perdoma (La Orotava), a entamé sa récolte le 4 août dernier dans une parcelle située à Bebederos, près du Malpaís de Rasca (Arona), avec le cépage marmajuelo. Agustín García Farráis, le propriétaire, explique : « Nous avons déjà du moût en fermentation, mais nous prolongerons le processus jusqu’à fin octobre car de nombreuses zones suivent un calendrier plus traditionnel. Nous croisons maintenant les doigts pour que l’été soit clément et que le climat continue de nous aider comme jusqu’à présent ».
De son côté, Bodegas Monje, dans l’appellation Tacoronte-Acentejo, vendange depuis une quinzaine de jours, mais Felipe Monje, son propriétaire, précise que « la période forte sera la période classique : tout le mois de septembre et une partie d’octobre ». Il se réjouit : « Les plants sont assez vigoureux. Je dirais même que l’année prochaine devrait être encore meilleure. Les vignes ont absorbé beaucoup d’eau et le vignoble a pu se remettre quelque peu de la sécheresse prolongée ». Un avis prémonitoire partagé par Manuel Marrero de l’appellation Abona : « Les sarments font quatre ou cinq mètres. Certaines vignes étaient pratiquement perdues et cette année, elles portent même des grappes », affirme-t-il avec enthousiasme. Sa coopérative, Cumbres de Abona, a pour l’instant reçu peu de raisin, « mais la semaine prochaine, les chais seront bien remplis. Nous commençons la vendange à Granadilla de Abona », précise-t-il.
Malgré ce ton général optimiste, le président de cette coopérative régionale déplore « toute l’eau que nous perdons à Tenerife. Nous l’envoyons à la mer. Nous demandons que l’on ne gaspille plus et que l’on répare des infrastructures comme le barrage d’El Río. On pourrait stocker d’énormes quantités d’eau », insiste-t-il.
Le calendrier des vendanges : un climbing en altitude
José Bruno Albertos Pérez, président de l’appellation Valle de Güímar, situe les mois d’août et septembre comme la période idéale pour les vendanges. « Nous commençons toujours par les parcelles situées à environ 500 mètres d’altitude. Nous montons au fur et à mesure que le raisin mûrit et nous terminons avec les dernières récoltes entre 1 200 et 1 300 mètres, dans des zones comme Los Pelados », explique-t-il. La raison de ce démarrage à cette altitude est que les premiers raisins sont « destinés à nos cavas, nos effervescents et notre frizzante. Ils doivent avoir un degré d’alcool compris entre neuf et dix degrés », commente-t-il.
Juan Jesús Siverio, du domaine Viñátigo (appellation Ycoden-Daute-Isora), a, quant à lui, commencé les vendanges il y a un mois sur des îles comme Lanzarote et Fuerteventura. « À Tenerife, nous avons commencé il y a un peu plus d’une semaine dans les zones les plus proches de la mer avec les cépages blancs les plus précoces comme le marmajuelo », affirme-t-il. Sa prévision est de doubler la production par rapport à l’année dernière « avec des paramètres très bons en acidité et en degré ». Il reconnaît que les vignobles « sortaient de sept années de sécheresse consécutives très éprouvantes ».
Une inquiétude majeure : la relève générationnelle
La vendimia est l’un des moments cruciaux pour le secteur viticole, où qu’il soit aux Canaries. Mais un facteur transversal préoccupe les producteurs : l’abandon des terres et le manque de relève générationnelle. Un défi de taille qui pourrait bien assombrir l’horizon réjouissant dessiné par les pluies de cet hiver.
Borja de Mesa, gérant du domaine El Lomo, souligne tout le travail nécessaire à l’entretien de la vigne tout au long de l’année. « Il est de plus en plus difficile de trouver du personnel qui sache mener une vendange. Cela finit par retomber sur le personnel du chai et sur les familles dirigeantes. Il faut mettre en avant la part humaine car c’est un processus totalement manuel, très semblable à ce qui se faisait il y a deux cents ans », réfléchit-il. Felipe Monje, de Bodegas Monje, s’inquiète quant à lui de « l’abandon des terres. Il y a un problème de renouvellement générationnel qui fait que chaque année, nous perdons plus de surface viticole faute de repreneurs ».
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