canaries fonds europeens risque perte 204 millions

Canaries : plus de 200 millions d’euros de fonds européens menacés

Canaries : l’urgence de sauver les fonds européens

La gestion des fonds européens dans les îles Canaries entre dans une phase critique. La situation est alarmante, non seulement en raison du volume élevé de ressources encore non utilisées – 578 millions d’euros –, mais aussi parce qu’une part croissante de cet argent est en train de se perdre. L’archipel a déjà dû rembourser à l’État espagnol 54,7 millions d’euros et le ministère régional des Finances, dirigé par Matilde Asián, prévoit que les remboursements atteindront 149,9 millions en 2026. Ce chiffre témoigne du risque réel de perdre un financement clé pour la transformation économique : plus de 204 millions au total.

Un final de cycle marqué par l’urgence administrative

Ce scénario dessine une fin de cycle marquée par l’urgence administrative. Les ministères régionaux ayant le plus gros volume de fonds à gérer – en particulier ceux de la Transition écologique et du Logement – seront décisifs pour éviter la perte de ces ressources. C’est pourquoi le gouvernement canarien tente de négocier avec l’État espagnol, lors d’une réunion bilatérale prévue le 10 avril, une prolongation des fonds MMR destinés au département de Mariano Hernández Zapata (Transition écologique).

De plus, les Finances canariennes elles-mêmes soulignent, dans un rapport officiel, que les projets avortés ou incomplets n’impliquent pas seulement le remboursement des montants, mais peuvent aussi entraîner le paiement d’intérêts de retard. Cela augmenterait l’impact négatif sur les finances publiques et alourdirait encore le chiffre de 204 millions.

Une “opportunité perdue” selon l’opposition

Le député du PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol) Manuel Hernández a été sans équivoque en réagissant à ces données, qu’il a qualifiées “d’opportunité perdue dans des domaines nécessaires pour transformer le modèle productif et diversifier l’économie”. Il n’exclut pas d’interpeller la ministre Asián au Parlement régional ce mois-ci.

Malgré les chiffres fournis par son propre ministère, le département d’Asián ne semble pas manifester d’inquiétude particulière et minimise l’importance de ces possibles remboursements, assurant qu’ils seraient limités et assumables. Il défend également l’idée que les critiques sur le taux d’exécution sont prématurées tant que le délai, fixé à août, n’est pas expiré.

La thèse du ministère est claire : le moment de tirer un bilan définitif n’est pas encore venu et, tant qu’il existe une marge pour continuer à certifier des dépenses, il n’y a pas de raison de remettre en cause la capacité des Canaries à absorber les fonds. En d’autres termes, le remboursement d’une somme limitée ne serait pas, pour les Finances, la preuve d’une mauvaise gestion, mais une conséquence relativement mineure dans le cadre d’un programme d’une grande complexité administrative et d’un haut niveau d’exigence.

Une position que rejette fermement Manuel Hernández : “C’est une attitude pitoyable et honteuse. Ils n’ont pas pris au sérieux l’exécution des fonds européens”, insiste le socialiste.

Le détail des prévisions de remboursement par département

Le rapport officiel détaille les prévisions de remboursement par département, avec des chiffres particulièrement lourds dans des domaines stratégiques. Le ministère de la Transition écologique et de l’Énergie arrive en tête, avec 51 millions d’euros de remboursements prévus en 2026, suivi par l’Institut canarien du Logement (Icavi), avec 42,5 millions. Les prévisions sont également significatives pour le ministère des Universités, de la Science et de l’Innovation (16,6 millions) et pour les Finances et les Relations avec l’Union européenne (10 millions).

Un second échelon comprend des départements comme la Présidence (8,2 millions), l’Action sociale (8 millions) et l’Éducation (4 millions supplémentaires à ajouter aux plus de 20 millions déjà remboursés). De son côté, le Service canarien de la Santé (SCS) prévoit de rembourser 3,3 millions, l’Institut canarien pour l’Égalité (ICI) 2,8 millions et le Service canarien de l’Emploi (SCE) 1,8 million.

D’autres domaines présentent des montants plus faibles : Travaux publics (538 823 euros), Tourisme et Emploi (375 342 euros), Agriculture (65 205 euros) et Politique territoriale (120 978 euros).

Un problème d’exécution, pas seulement de retard

Ces données reflètent que le problème n’est pas seulement lié à des retards, mais bien à une exécution défaillante. Bien que le gouvernement régional prévoie d’exécuter environ 568 millions d’euros en 2026, le volume des remboursements prévus confirme qu’une part substantielle des fonds ne se traduira pas en investissements réels. “C’est la négligence du gouvernement actuel, qui a ignoré les avertissements de l’opposition”, conclut Manuel Hernández. La course contre la montre est désormais engagée pour éviter que des centaines de millions d’euros ne s’évaporent, au détriment du développement futur de l’archipel.

Source

Scroll to Top
Share via
Copy link