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Logement : 760 000 Canariens lésés par des données de 1991

Un plan basé sur des chiffres vieux de 35 ans

Le gouvernement des Canaries monte au créneau. Jeudi prochain, lors de la Conférence sectorielle du logement, l’archipel entend bien se battre pour obtenir une répartition « juste » des fonds du Plan national du logement 2026-2030. Le problème ? Ce « mégaprogramme », qui définit l’intégralité du cadre des aides – financé à 60 % par l’État et à 40 % par les communautés autonomes –, adapte bien sa répartition à la base démographique du pays, mais il utilise des données datant de 1991. Résultat : pas moins de 760 000 Canariens, soit un tiers de la population actuelle, sont tout simplement exclus du calcul.

« Nous sommes clairement lésés »

« Nous estimons que si les données étaient actualisées, les fonds qui reviendraient aux Canaries seraient de l’ordre de 500 millions d’euros, et non pas les un peu plus de 300 millions d’euros actuellement sur la table », a déclaré ce matin Pablo Rodríguez, le conseiller régional aux Travaux publics, au Logement et à la Mobilité, lors d’une conférence de presse à l’issue du Conseil de gouvernement. « Il a beaucoup plu depuis 35 ans [en français : « beaucoup d’eau a coulé sous les ponts »], et nous sommes clairement lésés par ces données obsolètes », a dénoncé le responsable. En effet, si la démographie de la plupart des régions espagnoles a fortement évolué en trois décennies et demie, l’archipel fait figure de grand perdant : sa population a bondi de plus de 50 % depuis 1991.

Le « Prêt jeune – Mon premier logement » relancé avant l’été

La question du logement était d’ailleurs au cœur de la réunion hebdomadaire de l’exécutif régional. Pablo Rodríguez en a profité pour annoncer que le programme « Prêt jeune – Mon premier logement » est désormais opérationnel et pourra être lancé avant l’été. Cette initiative permettra aux jeunes âgés de 18 à 40 ans d’obtenir un financement allant jusqu’à 95 % de la valeur d’achat de leur premier logement, dépassant ainsi la limite habituelle de 80 % généralement proposée par les établissements bancaires.

« De cette manière, nous supprimons l’un des principaux obstacles à l’achat d’un logement : la capacité d’épargne, c’est-à-dire l’apport personnel », a expliqué Rodríguez. Il a rappelé que ce dispositif avait déjà été mis en œuvre au début des années 2000, mais avait disparu suite à la crise financière. « C’était l’un des objectifs que nous nous étions fixés : retrouver un outil qui avait rencontré un énorme succès et dont nous sommes convaincus qu’il sera à nouveau très pertinent dans le contexte actuel », a-t-il insisté.

Un calendrier serré et des banques déjà intéressées

Le texte est désormais soumis au Conseil consultatif, qui disposera d’un délai maximum de 30 jours pour rendre son avis. L’étape suivante sera un retour devant le Conseil de gouvernement pour obtenir le feu vert définitif. « À partir de là, nous commencerons à signer les adhésions et les conventions avec les établissements financiers. Beaucoup nous ont déjà fait part de leur intérêt », a anticipé le conseiller. Ce seront les banques partenaires qui assureront la gestion directe des demandes et le traitement des prêts hypothécaires.

Qui peut en bénéficier et à quelles conditions ?

Outre les moins de 40 ans, Rodríguez a précisé que les familles nombreuses et les familles monoparentales pourront également bénéficier du programme, et ce, sans limite d’âge. Le gouvernement régional fixe toutefois une série de conditions. La première est de justifier d’une résidence légale et continue aux Canaries pendant les deux années précédant la demande. L’initiative visant à résoudre l’urgence du logement que connaît l’archipel et à faciliter l’émancipation des jeunes, il sera également exigé que l’acheteur ne soit pas déjà propriétaire d’un autre logement.

Le bien acquis devra être destiné à la résidence habituelle et permanente pendant une durée minimale de deux ans. La situation financière de l’acheteur sera également prise en compte : le patrimoine net du demandeur (ou de chacun des demandeurs en cas d’achat conjoint) ne pourra pas dépasser 150 000 euros. Par ailleurs, les revenus des demandeurs ne pourront excéder cinq fois l’IPREM (Indicateur public de revenu multiple, un indice de référence espagnol). En cas d’achat par deux personnes, leurs revenus cumulés ne pourront pas dépasser la somme des limites fixées pour chacun. Ce montant sera majoré de 0,3 fois l’IPREM par enfant à charge. « Dans le cas des familles monoparentales, cette limite de revenus sera augmentée de 70 % », a précisé l’exécutif.

Des logements plafonnés à 250 000 euros

Enfin, les logements éligibles devront être situés aux Canaries et avoir un prix d’achat maximum de 250 000 euros, hors taxes et frais annexes. Le programme inclura aussi bien les logements neufs que les logements anciens, qu’ils soient libres ou protégés et issus de promoteurs privés.

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