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Corruption aux Canaries : le lourd passé judiciaire des maires

Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.

Le pouvoir tend à corrompre. Prévarication, malversation, corruption, fraude ou délits contre l’aménagement du territoire : une liste que connaissent bien plus d’une trentaine de maires et anciens maires des Canaries. Depuis 1978, année de la mise en place des autonomies avec la promulgation de la Constitution espagnole, ces élus cumulent des condamnations pénales définitives pour des faits liés à l’exercice d’une fonction publique. Un registre qui pourrait bientôt s’enrichir de quatre nouveaux noms.

Quatre maires tinerfeños bientôt jugés pour pollution marine

Quatre maires et anciens maires des municipalités de Güímar, Candelaria et Arafo, à Tenerife, seront jugés en février 2027 pour les rejets d’eaux usées provenant de la zone industrielle de la vallée de Güímar. La cinquième section de l’Audience provinciale de Santa Cruz de Tenerife a fixé au 8 février le début de l’audience. Comparaîtront sur le banc des accusés la maire de Candelaria, María Concepción Brito Núñez, la maire de Güímar, Carmen Luisa Castro Dorta, ainsi que les anciens maires José Gumersindo García Trujillo, de Candelaria, et José Juan Lemes Expósito, d’Arafo.

Le parquet requiert pour chacun quatre ans de prison et jusqu’à treize ans d’inéligibilité pour des délits présumés contre l’environnement et de prévarication. La procédure trouve son origine dans une plainte déposée en 2017. L’instruction a conclu que les responsables municipaux auraient omis, selon l’ordonnance de mise en accusation, des obligations liées au contrôle, au traitement et à la légalisation des rejets. L’accusation publique soutient désormais que pendant des années, les eaux industrielles et résiduelles ont été déversées dans la mer sans traitement ni autorisations requises.

Un phénomène récurrent dans les municipalités de l’archipel

L’affaire de Güímar illustre un problème qui n’est pas nouveau dans les collectivités locales de l’archipel. La carte des condamnations définitives accumulées au cours des dernières décennies dessine une géographie inégale, bien qu’avec un trait commun : la plupart des cas impliquent des décisions prises depuis les mairies, notamment en matière d’urbanisme, de passation de marchés et de gestion des fonds publics.

Tenerife, l’île la plus touchée

Tenerife est l’île qui cumule le plus grand nombre de maires et anciens maires condamnés définitivement pour des faits liés à l’exercice de leurs responsabilités publiques : plus d’une dizaine. Parmi les affaires les plus médiatisées figure celle de Miguel Zerolo, maire de Santa Cruz de Tenerife de 1995 à 2011 et sénateur de Coalicion Canaria. Le Tribunal suprême a confirmé en 2019 sa condamnation à sept ans de prison pour malversation de fonds publics et prévarication dans le cadre de l’affaire Las Teresitas. Zerolo a été incarcéré le 1er avril 2019 pour purger sa peine.

Gran Canaria et son cortège d’affaires

Gran Canaria occupe la deuxième marche de ce triste palmarès. L’un des cas les plus connus est celui de Francisco Santiago Castellano, maire historique de Telde pendant vingt-quatre ans. Il a été condamné pour prévarication administrative pour avoir permis la construction du Centre d’aide sociale d’Yrichen sur une parcelle que le plan d’urbanisme réservait à un autre usage. L’Audience provinciale a confirmé la peine de sept ans d’inéligibilité.

Autre affaire marquante à Gran Canaria, par son motif inhabituel : celle de Manuel del Rosario Báez Guerra, ancien maire de Firgas, condamné à six mois de prison et 2 160 euros d’amende pour faux en documents officiels après avoir reconnu s’être fait passer pour son fils lors d’un examen de la fonction publique du gouvernement des Canaries.

Lanzarote et le parcours judiciaire hors norme de Dimas Martín

Lanzarote présente également une liste fournie. Le parcours judiciaire de Dimas Martín constitue à lui seul l’un des chapitres les plus longs de l’histoire politique de l’île. Il fut maire de Teguise, président du Cabildo de Lanzarote et sénateur, entre autres fonctions. Le Tribunal suprême a confirmé des condamnations pour malversation, fraude et délit contre la Sécurité sociale commis à l’époque où il dirigeait une entreprise municipale. Par la suite, il a de nouveau été condamné dans d’autres affaires liées à la corruption. Dans l’une d’elles, le Tribunal suprême a confirmé une peine de sept ans et cinq mois de prison pour association illicite, corruption continue, malversation, fraude et prévarication.

Fuerteventura, La Gomera et El Hierro : des cas emblématiques

Fuerteventura compte aussi plusieurs épisodes, bien qu’aucun ne soit aussi long que celui de Domingo González Arroyo, ancien maire de La Oliva, ex-sénateur et l’une des figures politiques les plus influentes de l’histoire de l’île. Son casier judiciaire comprend une condamnation à neuf ans d’inéligibilité pour prévarication liée à l’exploitation d’une carrière dans un espace protégé. S’y ajoute une condamnation pour fraude fiscale qui s’est soldée par son admission dans un centre d’insertion sociale en 2026.

À La Gomera, Esteban Bethencourt Gámez, ancien maire de Valle Gran Rey et député régional de Coalicion Canaria, a été condamné par le Tribunal supérieur de justice des Canaries à quatre ans de prison et dix ans d’inéligibilité absolue pour malversation de fonds publics. Le tribunal a estimé prouvé qu’il avait perçu de la mairie des indemnités de déplacement non justifiées. Le Tribunal suprême a toutefois réduit sa peine à un an et six mois de prison.

El Hierro fournit l’un des noms les plus emblématiques du registre des condamnés. José Francisco Armas Pérez, maire de Valverde et député régional du PSOE, a été condamné pour prévarication à la suite d’une décision prise en 1983, lorsqu’il avait ordonné la démolition d’une passerelle et d’un escalier dans la zone de Tamaduste sans accord municipal. L’Audience territoriale lui avait infligé six ans et un jour d’inéligibilité, peine confirmée par la suite par le Tribunal suprême. Le maire de Valverde est ainsi devenu le premier édile de l’ère démocratique canarienne à cumuler une condamnation pénale définitive.

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