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Banane des Canaries : la concurrence étrangère aggrave la crise

Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.

C’est une pluie de mauvaises nouvelles qui s’abat sur le secteur de la banane des Canaries. Après une saison estivale marquée par des prix d’achat aux agriculteurs qualifiés de « ruineux » par les producteurs locaux, voilà que les statistiques officielles confirment ce que beaucoup redoutaient : la banane, cultivée principalement en Amérique latine et dans certaines régions d’Afrique, continue de grignoter des parts de marché à la banane des Canaries sur son principal débouché, l’Espagne continentale et les Baléares. Une confirmation qui tombe au pire moment pour les cultivateurs de l’archipel.

Des prix au plus bas pour les producteurs

La situation est particulièrement difficile pour les agriculteurs locaux. Les liquidations prévues pour le producteur de bananes de qualité « extra » atteignent à peine 0,37 euro le kilo, un chiffre bien en deçà des coûts de production agricole, estimés entre 0,70 et 0,80 euro le kilo. Même en ajoutant l’aide du programme européen Posei, qui s’élève actuellement à 0,32 euro par kilo, il est impossible pour les cultivateurs de dégager une quelconque rentabilité. Les ventes de cette période estivale se soldent par des pertes très lourdes, et la trésorerie des exploitations est mise à rude épreuve.

La banane importée gagne du terrain en Espagne

Les données publiées par la Direction générale des douanes, un organisme dépendant du gouvernement national, sont sans appel. La banane, ce fruit importé depuis des pays tiers, principalement d’Amérique latine et de certaines régions d’Afrique, représente désormais entre 54 % et 64 % du marché péninsulaire espagnol, selon les mois. Un chiffre en constante progression qui ne cesse d’inquiéter les producteurs canariens. Au premier semestre 2026, la banane commercialisée en Espagne a atteint 241 582 tonnes, soit une augmentation de 14,5 % par rapport à la même période en 2025, avec 30 541 tonnes supplémentaires. La banane des Canaries, elle, n’a placé que 178 689 tonnes sur le marché, avec une hausse très modeste de 9,15 % (près de 15 000 tonnes de plus). Cette croissance, bien trop faible, conduit inévitablement à une nouvelle perte de parts de marché pour la production locale face à la banane dans la Péninsule.

Ainsi, la part de la banane de Canaries sur son marché extérieur quasi exclusif oscille désormais entre 36 % et 46 %, un sérieux revers. Un bilan plus mauvais que celui enregistré jusqu’en mai dernier avec les mêmes sources. Il faut rappeler que les îles Canaries ont bénéficié d’une réservation totale du marché national jusqu’à l’entrée pleine et entière de l’Espagne dans la Communauté économique européenne, et la création en 1993 de l’Organisation commune de marché de la banane. Disparue depuis, elle a laissé place en 2006 à l’actuel programme Posei, qui octroie une aide totale et exclusive de 141,1 millions d’euros au secteur.

Une production en baisse constante

Il y a encore quelques années, la banane des Canaries couvrait environ 70 à 75 % de l’offre de ce fruit sur le marché espagnol. Aujourd’hui, la tendance est à une baisse continue de la production. En 2023, année record avec 440 millions de kilos récoltés, les prix étaient déjà au plus bas. En 2024, l’offre commercialisée est retombée à 425 millions de kilos, un niveau jugé normal, avant de chuter à nouveau en 2025 pour atteindre 375 millions de kilos. Si la campagne 2025 n’a pas été totalement mauvaise, elle est loin de ressembler aux excellentes années 2021, marquée par l’éruption volcanique à La Palma, et 2022, qualifiée d’exceptionnelle par la quasi-totalité des acteurs du secteur.

La destruction de récoltes comme dernier recours

Face à cette situation critique, l’organisation patronale Asprocan a décidé, avec l’autorisation du ministère de l’Agriculture, de procéder à des « picas », c’est-à-dire la destruction de fruits encore sur pied, afin de réduire l’offre sur le marché. Cette pratique, déjà largement utilisée en 2023 (26 millions de kilos détruits), consiste à éliminer une partie de la production pour tenter de faire remonter les prix payés aux producteurs. Pour la semaine 34 (celle en cours), 630 000 kilos ont été concernés, et la prévision pour la semaine 35, la dernière complète du mois d’août, était de 800 000 kilos, finalement réduite à 700 000 kilos suite à une légère hausse de la marque d’embarquement. Ce sont les deux premières « picas » hebdomadaires de cet exercice annuel, un signe supplémentaire de la détresse du secteur.

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