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Gran Canaria : un hôtel échappe à la démolition grâce à une décision de justice

Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.

Un hôtel de Gran Canaria gagne sa bataille judiciaire contre la démolition

La société Extur GC, propriétaire de l’hôtel quatre étoiles Beach Club, situé sur la plage de San Agustín, dans la commune de San Bartolomé de Tirajana (sud de Gran Canaria), a obtenu l’annulation du délimitation d’un tronçon de littoral compris entre Morro Besudo et El Veril. Ce tracé avait failli entraîner la démolition partielle de l’établissement, exigée par le ministère espagnol de la Transition écologique.

Depuis 2010, l’hôtel faisait l’objet d’un ordre de démolition partielle pour empiéter sur le domaine public maritime-terrestre. La zone concernée représentait une surface totale de 130 mètres carrés répartis sur un bâtiment de quatre étages, dans une bande de 70 mètres de long et d’une largeur variable comprise entre deux et cinq mètres.

Le paseo marítimo, clé de voûte de la décision

La Audiencia Nacional (haute juridiction espagnole) a toutefois annulé 700 mètres linéaires du délimitation, en acceptant l’argument selon lequel la construction du paseo marítimo de la plage de San Agustín a modifié les caractéristiques du terrain, et donc également sa qualification de domaine public maritime-terrestre.

À l’époque, face au silence de l’administration, l’entreprise avait fait recours devant le Tribunal supérieur de justice des Canaries (TSJC), demandant l’annulation du tracé fixé en 1989 et la reconnaissance du droit de l’hôtel à ne pas être démoli. Fin 2021, la haute cour canarienne s’était déclarée incompétente pour trancher la question, laissant le dossier à la Audiencia Nacional, qui vient de se prononcer. Toutefois, le Tribunal suprême aura le dernier mot en cas de nouveau recours.

La loi de 2013 sur le littoral, un argument décisif

La réclamation de la propriétaire de l’hôtel, qui a abouti à cette décision judiciaire, s’appuyait sur la troisième disposition additionnelle de la loi espagnole sur le littoral de 2013. Cette norme établit que, pour certains paseos marítimos construits avant son entrée en vigueur, la limite du domaine public maritime-terrestre se situe au bord extérieur de ces infrastructures. Les terrains situés de l’autre côté peuvent alors sortir du domaine public.

Le paseo de la plage de San Agustín a été réalisé par la mairie de San Bartolomé de Tirajana en 2000, avec l’autorisation de la Démarcation des côtes. La Audiencia Nacional conclut que les conditions légales sont remplies : il s’agit d’un ouvrage public d’envergure ayant entraîné une modification physique réelle du terrain, et non d’une simple passerelle ou d’un chemin en bois.

L’État s’était opposé à cette lecture

L’Avocature de l’État s’était pourtant opposée à cette interprétation, estimant que les terrains conservaient toujours les caractéristiques propres du domaine public maritime-terrestre. Le représentant de l’administration avait produit des photographies démontrant que le paseo marítimo est construit sur des piliers surélevés, ce qui n’empêche ni le passage des vagues, ni l’arrivée du sable jusqu’à l’hôtel.

La Audiencia Nacional a rejeté cette objection en rappelant que le Tribunal suprême avait annulé, dans un arrêt du 31 janvier 2024, la section du règlement général du littoral de 2022 qui limitait ces déclassements lorsque persistent des zones inondables ou des terrains avec des caractéristiques du domaine public maritime-terrestre.

Une procédure encore en cours

Le tribunal indique que le paseo a entraîné une altération du terrain, qu’il ne s’agit pas d’une simple passerelle ou d’un chemin de bois, et qu’il a été réalisé par un organisme public avec l’autorisation de l’État, ce qui permet la modification du délimitation. La reconnaissance du recours n’est toutefois que partielle : l’entreprise devra attendre la conclusion d’une nouvelle procédure pour que la modification soit entérinée.

Seize ans après son prononcé, la sentence ferme qui ordonnait la démolition partielle de l’hôtel reste donc inexécutée. Aujourd’hui, cette révision du délimitation, validée par la Audiencia Nacional, pourrait bien sauver définitivement l’établissement.

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