Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.
La Direction générale de la santé publique des Canaries a rendu un rapport accablant : la mairie de Puerto de la Cruz n’a pas obtempéré à l’ordre de fermer l’une des trois calas de Playa Jardín les 23 et 24 juin derniers. En cause, un épisode de contamination provoqué par un déversement d’eaux fécales. Ces deux journées, des milliers de personnes avaient afflué précisément vers Playa Jardín, principale zone de baignade de cette station touristique, pour célébrer la Noche de San Juan. Cette plage avait d’ailleurs déjà été fermée pour ce même motif pendant 349 jours entre 2024 et 2025.
Une inspection officielle qui contredit la mairie
Le département du gouvernement des Canaries, chargé de la surveillance de la qualité des eaux de baignade de l’archipel, révèle ces faits dans un procès-verbal officiel d’inspection réalisée le 24 juin. La veille, des analyses de Salud Pública avaient détecté des niveaux de bactéries associées aux eaux fécales dépassant les seuils réglementaires, entraînant l’ordre de fermeture immédiate de la plage, conformément à la norme de contrôle sanitaire.
L’inspection, menée entre 08h10 et 12h03 le 24 juin, devait vérifier si la mairie avait bien appliqué la mesure. Le constat est sans appel : « au moment de l’inspection, les mesures de protection de la santé ordonnées la veille n’ont pas été adoptées, aucune information concernant l’interdiction de baignade et ses motifs n’étant affichée à proximité de la plage ».
Des niveaux de bactéries deux fois supérieurs à la norme
Le 23 juin, entre 11h58 et 12h06, Salud Pública avait procédé à des prélèvements dans le cadre de son suivi habituel. Les résultats pour la cale El Charcón se sont révélés alarmants : 800 unités d’Escherichia coli pour 100 millilitres, une bactérie courante dans les eaux usées, alors que la limite réglementaire est fixée à 500 unités. Le rapport du 23 juin précise que ce résultat « ne respecte pas les valeurs établies par le décret royal 1341/2007 sur la gestion de la qualité des eaux de baignade », ce qui implique la fermeture de cette zone du littoral, une mesure ordonnée par Salud Pública et décrétée par la mairie concernée.
Le document officiel ajoute qu’en « raison de la valeur détectée et conformément au document sur les actions des directions de santé en matière de surveillance sanitaire des zones de baignade, un épisode de contamination de courte durée est déclaré et la baignade est temporairement interdite dans cette zone ». La communication à la mairie a été effectuée « par téléphone, avec envoi d’une notification par courrier électronique » à plusieurs services de la municipalité.
La mairie conteste la procédure de notification
Le gouvernement municipal de Puerto de la Cruz avait déjà confirmé qu’il n’avait pas décrété l’interdiction de baignade à El Charcón le 23 juin, ni dans les deux autres calas de Playa Jardín (Punta Brava et El Castillo), malgré l’ordre de Salud Pública, estimant que la communication n’avait pas été faite selon les formes officielles. Le maire, Leopoldo Afonso, et son équipe considèrent qu’un écrit avec registre d’entrée était nécessaire. Salud Pública a précisé que l’appel téléphonique et l’envoi du courriel constituent la méthode utilisée avec toutes les municipalités de l’archipel pour ce type de communications, une pratique inscrite dans le protocole sanitaire.
Afonso a affirmé à plusieurs reprises n’avoir eu connaissance de ce courriel que le 24 juin en fin d’après-midi. Pourtant, au moins un membre de son équipe était informé plusieurs heures plus tôt. La déclaration d’un adjoint au maire aux inspecteurs de Salud Pública, lors de leur venue le 24 juin, est particulièrement révélatrice. Sans préciser de quel élu il s’agit, le procès-verbal rapporte : « l’adjoint présent sur la plage a indiqué que l’information sur la fermeture de la plage avait bien été affichée, mais que des personnes l’avaient retirée ». Une affirmation qui contraste avec les explications des responsables municipaux, lesquels ont toujours maintenu que El Charcón n’avait pas été fermé ces jours-là et n’ont jamais mentionné la pose de panneaux relevant d’un décret qui n’a jamais été émis.
Un pic de contamination le jour de la Noche de San Juan
La fermeture ordonnée par l’exécutif régional aurait dû s’appliquer les 23 et 24 juin. Dès le 25 juin, les analyses de Salud Pública, seules références valables pour le contrôle des zones de baignade des Canaries, affichaient à nouveau des valeurs conformes (250 unités d’Escherichia coli), rendant les eaux de nouveau propices à la baignade. L’épisode de contamination de courte durée s’est donc produit précisément lors de la plus forte affluence sur cette partie de la côte nord.
La mairie avait pourtant salué dans un communiqué « une Noche de San Juan marquée par la participation massive des habitants et des visiteurs, l’ambiance festive sur Playa Jardín et le déroulement d’une célébration sans incident ». Le groupe socialiste de la municipalité, après avoir pris connaissance des procès-verbaux de Salud Pública, exige désormais des « responsabilités politiques » du maire et de sa coalition de gouvernement (PP-ACP-CC) « pour ne pas avoir exécuté la fermeture effective de la zone El Charcón et avoir caché à la population, de manière consciente et intéressée, ces informations, alors même que Salud Pública les avait informés de la contamination et de l’obligation de prendre des mesures de protection pour les habitants de Puerto de la Cruz ».
L’équipe de Leopoldo Afonso, contactée ce vendredi 21 août, a refusé de commenter ces accusations. Elle se retranche derrière une réponse écrite : « La mairie de Puerto de la Cruz a agi en toute transparence, prudence et responsabilité, en fournissant la version officielle et complète des faits et en transmettant aux médias toute la documentation officielle relative à cette affaire, y compris les rapports, résultats et communications des organismes impliqués. Nous considérons que la position de la mairie a été suffisamment expliquée et documentée, et nous ne pouvons que peu ajouter sans nous répéter sur des questions déjà clarifiées publiquement. »
Un précédent judiciaire et un nouvel épisode en août
Cette zone du littoral de Puerto de la Cruz, qui souffre de graves déficits historiques en matière d’assainissement et de traitement des eaux résiduelles, et située à proximité du quartier de Punta Brava et de la station d’épuration régionale, a connu un nouvel épisode de contamination identique les 12 et 13 août derniers. Les analyses ont révélé 850 unités d’Escherichia coli, soit 350 au-dessus de la limite autorisée. Cette fois, la mairie a bien décrété la fermeture de la cale Punta Brava, reconnaissant implicitement que la communication de Salud Pública avait été effectuée par le canal officiel.
Par ailleurs, la fermeture de Playa Jardín pendant 349 jours, entre le 3 juillet 2024 et le 17 juin 2025, fait l’objet d’une procédure judiciaire. Cette affaire, ouverte en août 2024 par le parquet provincial, concerne deux responsables publics – Blanca Pérez, conseillère à l’environnement naturel du Cabildo de Tenerife, et Marco González, ancien maire de Puerto de la Cruz – ainsi qu’un technicien, Javier Davara, directeur du Conseil insulaire des eaux de Tenerife, tous poursuivis pour des délits présumés contre l’environnement.
Les dernières nouvelles des Canaries
Actualités quotidiennes, alertes météo et infos pratiques – directement des îles, en français. Nous vivons ici et savons ce qui se passe, avant que les médias en parlent. Tout est publié sur notre chaîne WhatsApp – sans intermédiaires, sans algorithme.


