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Location touristique aux Canaries : le bras de fer politique s’intensifie

Un conflit politique autour de la location touristique

En décembre 2025, le Parlement des îles Canaries a adopté la loi régionale sur la location touristique, élaborée par le ministère du Tourisme. Le texte a été approuvé grâce au soutien des quatre partis de la coalition gouvernementale (CC, PP, AHI et ASG), tandis que le PSOE, Nueva Canarias et Vox ont voté contre. Cependant, un des partenaires de la majorité, l’Agrupación Socialista Gomera (ASG), dirigée par Casimiro Curbelo, avait conditionné son vote à l’ouverture d’une procédure ultérieure de dépôt d’amendements.

Un amendement clé rejeté

Ce moment, repoussé à plusieurs reprises, est finalement arrivé, mais sans que les contributions de l’ASG ne soient prises en compte. Le parti avait pourtant négocié avec le PSOE et Nueva Canarias un amendement transactionnel qui introduit un changement crucial dans la loi : faire passer la location touristique du statut d’activité « classifiée » à celui d’activité « inoffensive ». Cette modification, adoptée en commission parlementaire, est fondamentale, car le classement en activité « classifiée » implique des exigences plus strictes en matière de bruit, de salubrité, de sécurité et de procédures administratives.

La manœuvre de Coalición Canaria

Après le vote en commission, Coalición Canaria (CC) a déposé un recours auprès de la Mesa du Parlement pour demander l’annulation de cet amendement. Dans son courrier, le parti réclamait que « le texte concerné conserve la rédaction figurant dans le rapport de la commission avant l’incorporation de l’amendement transactionnel ». Cette requête a été examinée lors du vote de ce mardi, bien qu’elle ait été adressée à un organe non compétent pour trancher le fond : la Mesa del Parlamento.

Selon le règlement intérieur, « les groupes parlementaires disposent de deux jours suivant la clôture du rapport pour communiquer à la présidence de l’Assemblée les amendements particuliers qu’ils souhaitent défendre en séance plénière, afin de préserver le texte de la proposition de loi modifiée en commission suite à l’incorporation d’amendements ». L’ASG dénonce que ce « vote particulier » n’a pas été annoncé pendant le débat sur le rapport de la commission, ce qui aurait privé le groupe parlementaire de la possibilité de défendre ses « droits et intérêts légitimes ».

Une menace de poursuites judiciaires

Dans un autre courrier adressé à la Mesa, le groupe de Casimiro Curbelo fait état d’une plainte de la porte-parole de CC en commission, qui a été « enregistrée dans les formes et délais » et qualifiée par les services juridiques de « TC-1 ». L’ASG souligne également que la demande de CC n’a pas été présentée « dans le délai réglementaire de deux jours suivant la clôture du rapport » et estime qu’elle ne remplit pas les conditions pour être considérée comme un « vote particulier ».

La requête de l’ASG a été mise aux voix ce mardi lors de la réunion de la Mesa de la Cámara. Elle a été rejetée à deux reprises, après un échange parlementaire houleux qui s’est poursuivi au sein de la Junta de Portavoces, où les propos se sont faits plus acerbes. Des sources présentes à la réunion confient à Canarias Ahora que ce mardi, un Casimiro Curbelo particulièrement remonté a assuré qu’il irait « jusqu’au bout », « même si cela signifie aller devant les tribunaux ». Pour l’instant, le leader de l’ASG doit présenter un recours en réexamen auprès de la Mesa. En attendant, la procédure d’adoption de la loi est suspendue.

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