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Uber et Cabify débarquent à Gran Canaria après la décision du Tribunal suprême

Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.

Le Tribunal suprême espagnol ouvre la voie à Uber et Cabify à Gran Canaria

L’arrivée d’Uber et de Cabify à Gran Canaria franchit une étape décisive. Le Tribunal suprême espagnol a rejeté la limite qui restreignait la délivrance de nouvelles autorisations de véhicules de transport avec chauffeur (VTC) sur l’île. Cette décision marque un tournant dans le bras de fer qui opposait les institutions canariennes aux plateformes de mobilité.

L’arrêt rejette le recours présenté par le Cabildo de Gran Canaria et la Fédération régionale des taxis des Canaries (FEDETAX), qui cherchaient à empêcher l’entrée de 200 nouvelles VTC sur le territoire insulaire. La haute juridiction considère que le statut de région ultrapériphérique (RUP) des Canaries, ses particularités territoriales et les objectifs de sa législation sur les transports ne justifient pas la règle d’une VTC pour trente licences de taxi.

Une restriction jugée contraire au droit européen

Selon la sentence, cette limitation restreint la liberté d’établissement reconnue par le droit de l’Union européenne. Le tribunal estime qu’il n’a pas été démontré qu’elle soit nécessaire et proportionnée pour protéger l’environnement ou garantir une gestion adéquate des transports, de la circulation et de l’espace public.

La question soumise à la haute juridiction consistait à déterminer si la condition ultrapériphérique des Canaries, ses particularités territoriales et les objectifs de sa législation sur les transports pouvaient justifier la limitation quantitative prévue à l’article 79 quinquies.2 de la loi 13/2007, introduite par la loi 9/2014. Cette norme empêche d’accorder de nouvelles autorisations VTC lorsque le ratio d’une VTC pour trente taxis est dépassé sur l’île concernée.

Les arguments du Cabildo de Gran Canaria rejetés

Dans son arrêt, le Tribunal suprême conclut que la condition ultrapériphérique de l’archipel, ses caractéristiques territoriales et les objectifs poursuivis par la législation canarienne ne prouvent pas que la mesure soit adaptée pour garantir, de manière cohérente et systématique, une bonne gestion des transports, de la circulation et de l’espace public, ni pour protéger l’environnement. Il ne considère pas non plus démontré que la restriction n’aille pas au-delà de ce qui est nécessaire pour atteindre ces objectifs.

Le tribunal en conclut que la limitation des autorisations VTC n’est pas justifiée et qu’elle constitue une restriction à la liberté d’établissement protégée par l’article 49 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE).

Durant la procédure, le Cabildo de Gran Canaria avait défendu que le ratio d’une VTC pour trente taxis était directement lié aux conditions spécifiques de l’archipel. Il avait notamment invoqué l’éloignement, l’insularité, la superficie réduite disponible, le relief, les conditions climatiques et la dépendance économique à un nombre limité de produits, des circonstances prévues à l’article 349 du TFUE. L’institution insulaire soutenait en outre que la mesure répondait à des raisons de cohésion sociale, de protection du territoire et d’organisation des transports, et non à des motifs purement économiques. Elle liait en particulier la proportion établie par la législation canarienne aux contraintes environnementales et à la capacité de charge des îles, ainsi qu’à la nécessité de gérer les transports, la circulation et l’espace public.

L’argumentaire de l’entreprise Senza 2020 S.L.

Le Tribunal suprême considère toutefois que ces arguments ne démontrent pas suffisamment la nécessité et la proportionnalité d’une restriction aussi précise que celle établie par la réglementation canarienne.

La société Senza 2020 S.L., qui s’était opposée au recours en cassation, contestait également que le ratio canarien puisse s’appuyer sur les particularités des Canaries en tant que région ultrapériphérique ou être considéré comme une aide d’État compatible avec le marché intérieur.

L’entreprise invoquait l’arrêt rendu par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) le 8 juin 2023, dans l’affaire C-50/21, qui analysait les restrictions applicables aux autorisations VTC. Dans cette résolution, la CJUE avait déterminé que l’article 107.1 du TFUE ne s’opposait pas à certaines mesures d’autorisation et de limitation numérique des VTC, à condition qu’elles n’impliquent pas d’engagement de fonds publics. Sur la base de cette décision, Senza 2020 S.L. soutenait que le ratio établi aux Canaries ne pouvait pas être considéré comme une aide d’État, faute d’impliquer des ressources publiques, et que, par conséquent, il ne pouvait pas non plus trouver de justification dans le régime d’aides prévu à l’article 107.3 du TFUE.

Une décision qui fait jurisprudence

L’entreprise défendait finalement que les particularités des Canaries ne suffisent pas à elles seules à restreindre l’accès à l’activité de transport VTC et que la limitation d’une autorisation pour trente taxis viole l’article 49 du TFUE, en ne satisfaisant pas aux exigences de justification, de nécessité et de proportionnalité.

Avec cette décision, le Tribunal suprême écarte l’idée que les singularités des Canaries permettent, à elles seules, de maintenir cette limitation quantitative des autorisations VTC.

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