Un répit judiciaire pour le port de Santa Águeda
Le tribunal de première instance numéro 2 de Las Palmas de Gran Canaria a rendu une décision importante ce mercredi. Il a ordonné la suspension de toute action administrative ou matérielle visant à retirer ou à démolir les installations du port de Santa Águeda, actuellement exploitées par l’entreprise CEISA (Cementos Especiales de las Islas). Cette mesure conservatoire, obtenue par la partie plaignante, restera en vigueur jusqu’à ce qu’un jugement définitif soit rendu dans le cadre de la procédure judiciaire en cours.
La justice empêche une destruction « irréversible »
Dans une ordonnance datée du 12 mai, le tribunal rappelle qu’aucune résolution ferme n’existe à ce jour. Il souligne surtout que la décision de Puertos Canarios (l’organisme public gestionnaire des ports canariens) n’avait pas pris en compte un précédent jugement de juillet 2025. Ce dernier prononçait pourtant la nullité des actes et exigeait un retour en arrière sur la procédure. Le juge insiste sur le fait que l’exécution matérielle de la démolition, avant qu’une décision judiciaire définitive ne soit rendue, causerait des dommages irréversibles. Une telle action affecterait de manière irrémédiable le litige encore en suspens.
La résolution précise que la démolition engendrerait des préjudices « impossibles ou très difficiles à réparer ». Si les installations étaient détruites avant le verdict, une éventuelle sentence favorable à l’entreprise perdrait toute son utilité. Le tribunal cite expressément la jurisprudence du Tribunal suprême espagnol, qui considère que la démolition constitue une destruction de richesse pouvant s’avérer injustifiée si le recours pendant est finalement estimé.
L’intérêt public et la protection d’une industrie clé
Le magistrat est clair : en l’absence d’une exigence immédiate d’intérêt public, toute action irréversible doit être évitée tant qu’une sentence ferme n’est pas prononcée. L’ordonnance accorde donc la mesure conservatoire de suspension sollicitée par le conseil de la partie demanderesse. Cela concerne notamment le délai de six mois qui avait été accordé en décembre 2025 à CEISA pour présenter un projet de retrait ou de démolition des installations, ainsi que l’exécution ultérieure de ces travaux. Le tribunal a par ailleurs décidé de ne pas imposer les frais de cet incident à l’une ou l’autre des parties.
La direction de CEISA se félicite de la décision
La nouvelle a été accueillie avec soulagement par la direction de CEISA. Claudio Piernavieja, coordinateur général de l’entreprise, a déclaré : « Nous recevons avec une grande satisfaction cette décision de justice, qui soutient notre position et protège la continuité opérationnelle de CEISA au port de Santa Águeda. Le tribunal fait preuve d’une extrême prudence en suspendant toute démolition, évitant ainsi des dommages matériels irréversibles et une destruction injustifiée de richesses avant l’existence d’un jugement définitif. Cette décision apporte de la sérénité à nos travailleurs et garantit la pérennité d’une industrie stratégique pour les Canaries. »
Un conflit de longue date
Cette suspension intervient dans un contexte tendu. Plus tôt dans la journée de jeudi, Puertos Canarios avait assuré qu’il exigerait devant les tribunaux que CEISA démantèle sa cimenterie du port de Santa Águeda, conformément à l’injonction qui lui avait été signifiée en décembre 2025. À l’époque, l’entreprise avait reçu six mois pour communiquer sur la manière dont elle procéderait au démantèlement. La décision de justice de ce mercredi met donc un coup d’arrêt à cette procédure, au moins jusqu’à ce que le fond du litige soit tranché.


