publicite gouvernement canaries eda tv vito quiles

Publicité canarienne : 16 000 € pour un site ultra, le gouvernement s’explique

Comment le gouvernement des îles Canaries justifie-t-il d’avoir confié plus de 16 000 euros de fonds publics à une chaîne YouTube et un site web d’ultra-droite ? Dans une lettre adressée en septembre 2025 à notre rédaction, le vice-conseiller à la Communication et aux Relations avec les Médias, Jonathan Domínguez, détaille sa doctrine. Une doctrine qui, selon lui, repose sur des critères objectifs et une rigueur budgétaire nouvelle, mais qui soulève de nombreuses questions.

Des critères objectifs pour une nouvelle ère publicitaire

« Ce gouvernement, face à l’absence de critères objectifs en matière de publicité institutionnelle lors de la précédente mandature, a établi les siens, dans le strict respect de la législation en vigueur », écrit Jonathan Domínguez. « Ces mesures sont centrées sur le véritable objectif de la publicité institutionnelle : l’achat d’espaces pour insérer des messages d’intérêt général, et non le financement des médias. »

Cette mise au point intervient en réponse à une réclamation formelle de notre journal. Nous dénoncions la très faible part d’investissement publicitaire que le gouvernement canarien nous accorde, au profit de médias comme Eda TV Consulting S.L. (propriétaire de la chaîne où officie l’agitateur ultra Vito Quiles) et d’autres supports à l’audience et à la pénétration territoriale pourtant limitées.

Des outils de mesure… pour un site classé 296e

Pour justifier ces choix, le vice-conseiller explique avoir mandaté des sociétés spécialisées dans l’audit des données d’audience, GFK et OJD. « L’objectif est de pouvoir détailler de manière plus effective et réaliste la planification et la contraction d’espaces à chaque instant », précise-t-il. Sauf que le site web d’Eda TV, support de la campagne publicitaire (des banners sans contenu spécifié), pointait au 296e rang du classement de lecture en Espagne en 2025, année de l’attribution du marché. Il s’agit du seul média national à avoir bénéficié d’un contrat mineur cette année-là.

L’implantation territoriale, un critère clé… mais flou

Jonathan Domínguez insiste sur un autre critère : « l’implantation territoriale, insulaire ou comarcale ». Selon lui, la nouvelle politique permet d’atteindre « les plus petites communes des îles non capitalines via des médias locaux à forte implantation », là où les plans précédents les ignoraient. Il évoque également la « diversité des contenus propres », la « transversalité générationnelle », et l’implication du média dans la vie locale via des forums et des événements.

Autant de qualités difficiles à déceler dans le média de Javier Negre, qui peine à démontrer une quelconque ancrage local canarien. De plus, le contrat signé avec Eda TV, d’un montant de plus de 16 000 euros, reste muet sur la nature de la campagne. Sur la plateforme de marchés publics, l’objet est laconiquement défini comme : « Campagne d’information et d’intérêt général pour les citoyens ».

Le « mapa de medios », un outil pas encore opérationnel

Le vice-conseiller consacre également une partie de son courrier au projet qui lui tient à cœur : la création d’une « Carte des Médias de Communication des Canaries ». « Cet outil nous permet d’augmenter les indices de transparence, d’élargir et de rendre visible l’offre de médias, de canaux et de professionnels, et donc d’améliorer l’efficacité de la contraction des espaces publicitaires », assure-t-il. Ce « mapa » inclurait même les podcasts, les influenceurs et les créateurs de contenu.

Annoncé pour le 1er janvier 2026, cet outil n’est toujours pas finalisé. Mais une chose est sûre : il n’aurait de toute façon pas intégré le média ultra dans lequel le service de Jonathan Domínguez a investi plus de 16 000 euros en 2025. Un contrat mineur aux spécifications étonnamment vagues, comme l’a révélé notre journal.

Source

Retour en haut
Share via
Copy link