Un scandale qui prend de l’ampleur
Le collectif de candidats lésés par les concours de 2023 pour l’intégration au Corps général de la Police canarienne a officiellement demandé le soutien et la protection institutionnelle du Parlement des Canaries. La raison ? De graves irrégularités, dénoncées depuis des mois, entachent ce processus de sélection. Dans un écrit adressé à la commission parlementaire compétente, les intéressés soulignent que cette affaire dépasse le simple préjudice individuel : elle remet en cause les principes constitutionnels qui doivent régir l’accès à la fonction publique, à savoir le mérite, la capacité, l’égalité, l’objectivité, la transparence et l’impartialité.
Le parquet saisit la justice
Cette démarche fait suite à la décision du parquet provincial de Las Palmas, qui a estimé que des indices de délits pouvaient exister dans la gestion du processus. Le ministère public a donc transmis le dossier à l’autorité judiciaire compétente pour qu’une enquête soit ouverte. Les candidats estiment que maintenir le déroulement du concours pendant qu’une investigation judiciaire est en cours est profondément préoccupant. Selon eux, cela compromet la sécurité juridique de tous les participants et ébranle la confiance des citoyens envers les institutions publiques.
Une ministre sommée de s’expliquer
Le collectif exige également que la conseillère régionale à la Présidence, aux Administrations publiques, à la Justice et à la Sécurité du gouvernement des Canaries, Nieves Lady Barreto (Coalition canarienne), comparaisse devant le Parlement. Il lui demande de fournir des explications claires à la population sur les mesures qu’elle compte prendre après que l’affaire a été transmise à la justice. Les candidats rappellent que la conseillère avait elle-même déclaré à l’Assemblée, en réponse à des questions de députés, que si le parquet estimait les indices suffisants pour saisir la justice, son département agirait dans le cadre de ses compétences pour garantir la légalité, faire la lumière sur les faits et corriger toute anomalie.
Or, cette situation s’est concrétisée avec le décret du parquet, qui a relevé des indices d’infractions pénales potentielles et a transmis le dossier au juge. Le collectif juge donc indispensable que le gouvernement des Canaries informe publiquement des mesures déjà prises ou envisagées pour garantir la transparence, la sécurité juridique et le respect des principes constitutionnels d’accès à l’emploi public.
« Une question de justice sociale »
« Nous ne sommes pas face à une affaire particulière de quelques candidats. Nous sommes face à la nécessité de garantir que l’accès à la fonction publique se fasse avec toutes les garanties légales, en toute transparence et dans le respect absolu des principes constitutionnels de mérite, de capacité et d’égalité », insistent-ils dans un communiqué rendu public ce week-end.
Une cagnotte pour financer la procédure
Pour faire face aux frais de justice déjà engagés à cause des irrégularités détectées, le collectif a lancé une cagnotte en ligne. Selon leurs informations, ces frais s’élèvent déjà à plus de 20 000 euros. Ils estiment qu’il s’agit d’une question de justice sociale et appellent les citoyens à les soutenir financièrement afin de rétablir la légalité. Outre la voie pénale, où le parquet a retenu des indices de délits de falsification documentaire et d’abus de pouvoir, les candidats ont également introduit un recours contentieux-administratif devant le Tribunal supérieur de justice des Canaries (TSJC), accompagné d’une demande de mesures conservatoires urgentes. Les personnes souhaitant apporter leur aide peuvent le faire via le lien GoFundMe dédié.
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