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Crise migratoire : les Canaries se mobilisent pour Ceuta

Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.

Les Canaries se sont levées pour Ceuta. Ce mercredi, des milliers d’habitants de l’archipel sont descendus dans la rue pour témoigner leur solidarité avec la ville autonome espagnole, un mois après la crise migratoire qui a saturé ses capacités d’accueil. Les 30 et 31 juillet, près de 80 000 personnes avaient franchi la frontière depuis le Maroc vers un territoire qui ne compte qu’environ 84 000 habitants. Une mobilisation d’une ampleur remarquable, qui a dépassé les 10 000 participants sur l’ensemble de l’archipel.

Une mobilisation sans précédent dans l’archipel

À Las Palmas de Gran Canaria, environ 7 000 personnes ont participé au rassemblement pour réclamer une protection renforcée des frontières. À Santa Cruz de Tenerife, où les manifestations se sont déroulées tant devant le siège du Cabildo insulaire que devant la mairie, ils étaient plus de 3 000. À ces chiffres s’ajoutent les participants aux concentrations organisées simultanément dans près d’une vingtaine de municipalités de l’archipel. Au total, la mobilisation dépasse les 10 000 personnes dans l’ensemble des îles.

Ces rassemblements, qui coïncidaient avec la journée de Ceuta, ont été essentiellement marqués par les critiques adressées au gouvernement espagnol pour sa gestion de la crise migratoire, ainsi que par des demandes de réponse plus ferme face aux arrivées aux frontières. Aux cris de « Le peuple uni ne sera jamais vaincu », « Pedro Sánchez, démission » ou encore « Je suis espagnol », les manifestants ont réclamé des réponses fortes pour un territoire qu’ils comparent volontiers aux Canaries, notamment en raison de leur exposition commune aux flux migratoires.

Un sentiment partagé d’abandon et de vulnérabilité

Depuis des années, l’archipel canarien est confronté à l’arrivée d’embarcations de fortune en provenance de différents points de l’Afrique de l’Ouest. Ces flux migratoires ont provoqué plusieurs crises que certains experts, toutes proportions gardées, comparent à celle vécue par Ceuta. Parmi elles, celles de 2020 et 2024 restent particulièrement mémorables, lorsque tous les records d’arrivées ont été battus et que la capacité d’accueil de l’archipel a été mise à rude épreuve.

« Les Canaries, Ceuta et Melilla sont dans le même bateau », a soutenu Clara Tejera depuis la capitale grancanarienne. Son opinion est sans appel et l’importance de descendre dans la rue répondait à un besoin impérieux : « De cela dépend que Ceuta reste Ceuta. Nous ne parlons pas simplement d’un sujet de migration. Aux Canariens, la même situation nous arrive, mais au compte-gouttes. Ce que nous voulons, c’est que nos frontières soient défendues ».

Les drapeaux de l’Espagne, de Ceuta et des Canaries ont dominé la scène, accompagnés de messages tels que « Les Canaries avec Ceuta », « Nous sommes les suivants », « Ceuta nous unit » ou encore « S’ils ne nous protègent pas, à quoi bon les avoir ? », qui ornaient les pancartes brandies par les insulaires descendus dans la rue.

Applaudissements, sifflets et mégaphones transmettaient des messages clairs évoquant le sentiment de vulnérabilité ressenti après l’action du gouvernement central dans la ville autonome : « Nous ne nous sentons pas protégés, à tout moment quelque chose peut arriver », a déclaré Fé Pérez lors de la concentration à Santa Cruz de Tenerife. Une opinion partagée par Pablo Reyes : « Ce qui se passe à Ceuta me préoccupe énormément ».

Des voix prudentes et solidaires

La possible implication du Maroc dans les événements n’est pas passée inaperçue parmi les participants. Pour l’heure, l’enquête sur ce qui s’est produit garde ouvertes plusieurs hypothèses et le rôle qu’a pu jouer Rabat reste au centre des analyses. Certains manifestants ont toutefois tenu des discours beaucoup plus prudents, avec l’objectif de témoigner leur solidarité et de critiquer la gestion sans verser dans des discours anti-immigration. C’est le cas de José Manuel Melián, présent à Las Palmas de Gran Canaria : « Je pense qu’ils n’ont pas reçu suffisamment de soutien de la part de l’État, et les Canaries doivent y prêter attention, tout comme le reste des communautés autonomes ».

De son côté, le gouvernement des Canaries a hissé le drapeau de Ceuta sur ses sièges de Santa Cruz de Tenerife et de Las Palmas de Gran Canaria, afin d’adresser un message de soutien et de solidarité au peuple ceutí, qui traverse « une situation très complexe », a souligné le porte-parole de l’exécutif régional, Alfonso Cabello. Hisser ce drapeau aux Canaries à l’occasion de la célébration de la journée de cette ville autonome représente pour le gouvernement des îles un signe de « profonde empathie du peuple canarien envers le peuple de Ceuta face à la crise migratoire qu’il traverse ».

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