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Mineurs migrants : les Canaries menacent de saisir la justice

Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.

Les Canaries menacent de saisir la plus haute juridiction

La conseillère au Bien-être social du Gouvernement des Canaries, Candelaria Delgado, a averti ce lundi 7 septembre que son Exécutif se rendrait au Tribunal suprême si le gouvernement central persistait dans son refus d’assumer le triage des mineurs migrants non accompagnés arrivant aux îles et s’obstinait à ne pas créer le poste de défenseur du mineur.

« Je pensais qu’aujourd’hui nous aurions un peu plus de clarté, mais ce n’est pas le cas », a-t-elle commenté à la sortie d’une réunion avec la ministre des Migrations, Elma Saiz, soulignant qu’elle avait le sentiment qu’« à chaque fois qu’elle rencontre un représentant de l’État, elle en repart de la même manière ». Et d’ajouter fermement : « Si ce n’est pas par la justice que nous agissons, nous n’agissons pas. »

Une compétence qui relève de l’État, selon le pacte européen

La conseillère a insisté sur le fait que la compétence du triage incombe à l’État, conformément au nouveau pacte sur la migration et l’asile de l’Union européenne. Elle a également rejeté l’offre de la ministre Saiz de financer le service, mais en laissant son exécution au Gouvernement canarien.

« Ce n’est pas une question d’argent », a-t-elle indiqué, rappelant au passage qu’après l’adoption du décret de réforme de la loi sur l’immigration et l’entrée en vigueur de la contingence migratoire, les frais de prise en charge des mineurs sont déjà couverts par l’État. Il faut rappeler que le Parti populaire (PP), qui gouverne les Canaries en coalition avec Coalición Canaria, a voté contre cette modification législative, tout comme Vox.

Delgado a souligné que le triage « est de toute évidence une compétence de l’État », puisqu’il ne l’a déléguée à aucune communauté autonome, même si le pacte prévoit « une possible collaboration ». Toutefois, elle a fait remarquer que personne ne s’est assis avec les communautés autonomes pour définir cette voie de collaboration, au-delà d’un accord partiel concernant Ceuta. Elle a également rappelé que le pacte migratoire admet la possibilité que le triage ne soit pas effectué dans les territoires frontaliers et puisse donc être réalisé sur le continent espagnol.

Un bras de fer juridique en perspective

Face à la controverse avec le gouvernement central, la conseillère a rapporté que la ministre leur avait indiqué qu’il appartiendrait à la justice de trancher. C’est pourquoi, après un premier recours auprès de la Délégation du gouvernement, un second sera effectué auprès de l’État avant, finalement, une saisine du Tribunal suprême.

Delgado a également fait part de son inquiétude face à la recrudescence du surpeuplement dans les centres d’accueil des mineurs migrants aux Canaries, en raison des dernières arrivées d’embarcations. Il faut en effet déterminer, par exemple, si ces mineurs sont demandeurs d’asile international.

Il est à noter que les arrivées irrégulières aux Canaries ont diminué de plus de 70 % depuis le début de l’année, selon les données de Frontex. De fait, le Gouvernement canarien a dû fermer certains centres pour mineurs en raison des transferts vers le continent.

Un dialogue de sourd avec le gouvernement central

La conseillère a vivement critiqué le ministre de la Politique territoriale, soulignant que l’offre de l’État d’apporter des ressources économiques n’avait rien de nouveau. Elle a dénoncé une propension à « se renvoyer la balle d’un ministère à l’autre », alors qu’il existe un commandement unique géré par Ángel Víctor Torres.

La conseillère n’a pas mentionné l’opposition des communautés autonomes dirigées par le PP, qui tentent d’éviter que les mineurs ne soient finalement transférés vers leurs territoires, comme l’exige pourtant la loi. « Nous avons besoin d’une réponse, et nous en avons besoin immédiatement. Pendant ce temps, les droits de ces mineurs continuent d’être bafoués, et les Canaries ne le permettront pas. Si nous devons aller devant la justice, comme nous l’avons déjà fait pour les mineurs demandeurs d’asile, nous le ferons », a-t-elle insisté.

Delgado a souligné que « collaborer ne signifie pas porter tout le poids ni accepter une délégation de compétences, mais participer à des moments précis ». Elle a également reproché au gouvernement central de ne pas avoir adapté, en deux ans, la mise en œuvre du pacte européen. La conseillère n’exclut pas une collaboration de l’archipel, mais estime qu’il est nécessaire de s’asseoir pour discuter et définir, par exemple, la nature de la fonction de défenseur du mineur.

En ce qui concerne les migrants adultes, elle a en revanche reconnu que le réseau d’accueil se porte bien : 5 000 places sont disponibles dans les îles, avec un taux d’occupation d’environ 1 000 personnes et des transferts réguliers vers le continent.

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