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Aéroports : Aena s’oppose à la cogestion réclamée par les Canaries

Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.

Aena réagit avec fermeté et célérité au retour devant les Cortes (le Parlement espagnol) de la proposition de loi baléare réclamant la cogestion aéroportuaire pour l’archipel méditerranéen. Ce faisant, le gestionnaire du réseau national d’aéroports met la pression sur le gouvernement central, précisément au moment où l’État négocie avec les Canaries cette même revendication : la cogestion des aéroports. La société considère en effet comme inconstitutionnelle toute possibilité de transférer des compétences sur la gestion des aéroports d’intérêt général et avertit des risques qu’impliquerait une modification du modèle actuel. ## Une mise en garde officielle adressée au régulateur des marchés Un avertissement qu’Aena a couché noir sur blanc dans une lettre adressée à la Commission nationale du marché des valeurs (CNMV), l’organisme chargé de la supervision et de l’inspection des marchés boursiers espagnols (Aena, dont 49 % du capital social est détenu par des actionnaires privés, est cotée en Bourse). Les Baléares et les Canaries, de leur côté, maintiennent leur pression sur l’exécutif central pour progresser vers un modèle de cogestion qui suscite de vives réticences au sein de la direction d’Aena. ## Des objectifs convergents entre les deux archipels Les objectifs des deux archipels en matière de transport aérien s’avèrent ainsi convergents. Depuis le mois d’avril, le Parlement baléare s’efforce de faire aboutir une revendication que les Canaries formulent également depuis des années. Les deux territoires dépendent du tourisme pour la prospérité de leur économie. À cet égard, l’attribution de compétences sur leurs principales portes d’entrée et de sortie – les aéroports – permettrait aux communautés autonomes d’avoir un pouvoir de décision accru sur des questions stratégiques, parmi lesquelles la planification des infrastructures, la connectivité aérienne ou la gestion du volume des vols. La proposition vise en outre à ce que la prise de décision intègre des facteurs allant au-delà de la seule rentabilité économique, en incorporant des critères liés à l’impact territorial, environnemental et social de l’activité aéroportuaire. ## Les Canaries, une revendication historique Les Canaries ont historiquement été l’une des régions les plus persistantes dans sa demande de cogestion de ses aérodromes. L’archipel a atteint 54,7 millions de passagers en 2025, tandis que 18 millions de visiteurs – dont l’immense majorité est arrivée par avion – s’y sont rendus. Les prévisions pour la fin de l’année en cours sont similaires, même si le secteur touristique évoque une stabilisation des chiffres. Ces flux touristiques considérables alimentent aux Canaries le débat récurrent sur un plus grand contrôle d’une activité, l’aéroportuaire, dont elles dépendent économiquement mais qui génère également certains de leurs principaux maux de tête. ## La réponse d’Aena après le retrait du veto gouvernemental L’initiative baléare avait été initialement frappée d’un veto du gouvernement central, qui arguait que ce changement aurait un impact économique négatif pour Aena – société détenue à 49 % par des capitaux privés – et chiffrait les pertes potentielles à environ 32,9 millions d’euros. L’exécutif a finalement levé son veto et la proposition reprend son parcours parlementaire, où elle devra franchir les prochaines étapes avant une éventuelle adoption définitive. Mais à peine quelques heures après cette décision, Aena a riposté. La société a transmis une Information complémentaire pertinente (OIR) à la CNMV dans laquelle elle soutient qu’une partie du contenu de la norme est incompatible avec le cadre constitutionnel en vigueur. ## Un fondement constitutionnel contesté Concrètement, Aena rappelle que l’article 149.1.20 de la Constitution attribue à l’État la compétence exclusive sur les aéroports d’intérêt général et souligne que les fonctions de régulation, de supervision et de contrôle relèvent d’organismes étatiques tels que la Direction générale de l’aviation civile, l’Agence nationale de sécurité aérienne et la Commission nationale des marchés et de la concurrence. La société a ainsi fait part à la Commission de sa « pleine confiance dans le fait que les Cortes Generales géreront cette proposition en garantissant à tout moment sa conformité au cadre constitutionnel », une conformité qui, à son sens, ne serait pas assurée si le texte venait à être adopté en l’état. Aena a également prévenu que, si nécessaire, elle prendrait « les décisions requises pour défendre l’application de la légalité en vigueur, l’intérêt social et les droits de la société et de l’ensemble de ses actionnaires ». ## Des négociations Canaries-État déjà bien engagées En parallèle à cette controverse amplifiée depuis les Baléares, les Canaries négocient déjà avec l’État, faut-il le rappeler, un poids accru dans la gestion de leurs aéroports. L’exigence principale de l’archipel porte sur la création d’un organe bilatéral Canaries-État, à caractère contraignant, qui permettrait aux îles de participer juridiquement aux décisions stratégiques telles que les plans d’investissement inclus dans le Document de régulation aéroportuaire (DORA), la politique des redevances ou les questions touchant à la connectivité et à l’exploitation aérienne. En définitive, une forme de « cogestion », même si les deux gouvernements, central et régional, mentionnent de moins en moins ce terme à mesure que les négociations avancent, afin d’éviter que le dossier ne s’envenime davantage. ## Trois réunions déjà tenues, dont une début septembre Dans ce cadre, le gouvernement des Canaries et l’État ont déjà tenu trois réunions, la dernière en date le 7 septembre, pour progresser vers ce modèle de cogestion, des négociations que l’exécutif régional assure être sur la bonne voie. Dans ce contexte, la pression exercée par les Baléares joue en faveur des Canaries : une éventuelle réforme du cadre de gestion aéroportuaire aurait en effet bien du mal à être approuvée pour un seul archipel, surtout lorsque les Canaries sont déjà en négociation avancée avec l’exécutif central.

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