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Centrale flottante à Las Palmas : la solution d’urgence qui divise

Un navire pour éviter le black-out à Gran Canaria

Face à la menace de coupures d’électricité sur l’île de Gran Canaria, le conseiller à la Transition écologique du gouvernement des Canaries, Mariano Hernández Zapata (PP), a réaffirmé ce mercredi sa volonté d’installer une centrale électrique flottante dans le port de La Luz et de Las Palmas. Il a précisé que cette solution serait « ponctuelle et temporaire » et qu’elle n’entraverait pas le fonctionnement normal du port.

Une option de dernier recours, mais la seule viable selon le gouvernement

Interrogé par le Groupe socialiste lors d’une commission parlementaire, le conseiller a expliqué que ce navire ne serait activé qu’en cas de risque avéré de black-out sur l’île, et seulement après la mise en service de tous les autres groupes de production. Le navire quittera le port une fois que les appels d’offres pour le renouvellement des centrales thermiques, lancés par le gouvernement central, seront finalisés. Un processus qui s’annonce long : le concours annoncé cette année ne verra son aboutissement qu’en 2031.

Zapata a insisté sur le fait que ce bateau, battant pavillon turc, est « la seule option viable » pour garantir l’approvisionnement électrique de Gran Canaria, avec une capacité de production de 100 mégawatts. Il a également assuré qu’il respecterait toutes les normes environnementales exigées par l’Union européenne. « Ce que nous ne pouvions absolument pas faire, c’était rester les bras croisés », a-t-il commenté.

Batteries écartées et procédure environnementale en cours

Le conseiller a exclu le recours à des batteries, estimant qu’aucune technologie n’est encore suffisamment mature pour répondre à la forte demande d’îles comme Gran Canaria ou Tenerife. Il a également précisé que le navire ne sera mis en service qu’à l’issue complète de la procédure de déclaration d’impact environnemental. Il a souligné le travail coordonné avec le ministère de la Transition écologique pour faire de cette « génération d’urgence » une réalité aux Canaries.

En profitant de l’occasion, Zapata a critiqué l’ancienne coalition gouvernementale (Pacte des Fleurs), l’accusant de n’avoir rien fait alors qu’elle disposait d’un rapport de Red Eléctrica alertant sur le risque de coupures. Il a rappelé que le concours pour augmenter la production électrique aux Canaries, qui relevait du gouvernement central, n’a été finalisé que durant la législature actuelle, après 13 ans de retard (il aurait dû être résolu sous le mandat de Mariano Rajoy).

L’opposition s’inquiète des risques pour la santé et l’environnement

La députée socialiste Alicia Vanoostende (PSOE) a exprimé de vives inquiétudes quant à l’installation de cette centrale thermique flottante, soulignant qu’elle utilise des combustibles fossiles et sera implantée à proximité de zones résidentielles, d’espaces portuaires et de milieux marins d’une grande valeur environnementale. « L’obligation du gouvernement n’est pas seulement de garantir l’approvisionnement électrique, mais aussi d’assurer la transparence, la sécurité et la protection maximale de la santé publique et de l’environnement », a-t-elle déclaré.

Vanoostende a mis en garde contre le passé du navire, impliqué dans des déversements d’hydrocarbures en République dominicaine, lié à des projets en Afrique du Sud qui ont abouti à des procédures judiciaires avant d’être annulés, et marqué par des conflits contractuels dans d’autres pays. Elle a également rappelé la forte opposition sociale suscitée par l’installation de Totisa, très proche de Las Palmas de Gran Canaria, en raison de ses effets potentiels sur la qualité de l’air, les émissions polluantes et la santé publique.

La socialiste réclame des études indépendantes et un plan d’urgence

La députée a réclamé au gouvernement une étude indépendante sur l’impact de l’installation du navire sur la qualité de l’air, afin de connaître les émissions prévues de divers gaz tels que les oxydes d’azote, les oxydes de soufre, les particules fines et les gaz à effet de serre. Elle estime également nécessaire une étude spécifique sur les effets potentiels sur la santé des riverains, ainsi qu’un plan de contingence en cas de déversement d’hydrocarbures ou de tout autre accident maritime.

Des alternatives jugées plus cohérentes écartées

Vanoostende a également plaidé pour des alternatives plus cohérentes, comme l’utilisation de batteries. « Alors qu’on demande aux citoyens de réduire leurs émissions et d’installer des systèmes d’autoconsommation, le gouvernement mise sur les combustibles fossiles », a-t-elle dénoncé.

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