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Loi touristique à Gran Canaria : des propriétaires face à un formulaire controversé

Synthèse réalisée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir d’informations en espagnol. Source sous l’article.

La Plateforme des victimes de la loi touristique (PALT) a tiré la sonnette d’alarme ce mardi. L’organisation dénonce la situation vécue par plusieurs propriétaires de San Bartolom de Tirajana, dans le sud de Gran Canaria, qui se sont rendus au Registre de la propriété n°2 de la ville pour y déposer une opposition formelle à toute liaison touristique de leurs logements. Selon la Plateforme, ces propriétaires se sont vu remettre un formulaire qui, de manière pour le moins surprenante, incluait une demande visant précisément à incorporer l’usage touristique de ces mêmes biens immobiliers.

Une situation « kafkaïenne » dénoncée par la Plateforme

Dans un communiqué, la Plateforme n’hésite pas à qualifier les faits de « kafkaïens, surprenants et profondément préoccupants ». L’organisation estime qu’il est « inadmissible » qu’un propriétaire se rende au Registre pour manifester son refus d’une liaison touristique de son bien et se retrouve, dans la documentation qui lui est remise, face à une demande allant exactement dans le sens contraire. « Une personne se rend au Registre pour dire qu’elle ne veut pas que la situation de sa propriété soit modifiée et elle se retrouve avec un document qu’on lui demande de signer, dans lequel apparaît une demande expresse pour que l’usage touristique de ce même bien soit consigné. C’est la condition qui lui est posée au registre de la propriété pour recueillir le document d’opposition que le légitime propriétaire souhaitait présenter. C’est une situation qui mérite une explication publique », critique le collectif.

Un formulaire au contenu contraire à la volonté des propriétaires

La Plateforme explique qu’une des propriétaires concernées s’est présentée au Registre avec une requête destinée à manifester qu’elle n’autorisait aucune modification de la situation enregistrée de sa propriété, ni aucune liaison touristique qu’elle n’aurait pas sollicitée. Or, au moment de présenter son écrit, il lui a été remis un document dont le contenu pouvait être interprété dans un sens contraire à sa volonté. En effet, le formulaire comportait un encadré où il était demandé d’inclure, concernant le bien en question, « l’usage touristique auquel sont destinées la parcelle et la propriété ».

Face à cette situation, la Plateforme estime qu’une question centrale doit être éclaircie par le Registre lui-même. L’organisation exige que celui-ci clarifie la portée de la demande incluse dans le formulaire et les raisons pour lesquelles elle apparaît dans un document remis à une personne qui cherchait précisément à s’opposer à une éventuelle modification de la situation enregistrée de son bien. Au-delà de ce cas particulier, la Plateforme soulève une interrogation plus large : « qui décide du devenir enregistré des propriétés et sur quel fondement juridique ? »

Le consentement exprès du propriétaire, condition sine qua non

Dans cette optique, la Plateforme exige que toute affectation à une exploitation touristique, liaison d’usage ou limitation sur une propriété soit soumise au consentement exprès et individualisé de son titulaire, ou qu’elle repose sur un titre légal correspondant. L’organisation demande également que les propriétaires soient formellement notifiés si une société d’exploitation, un promoteur ou tout tiers présente une documentation pour inscrire une liaison touristique ou une limitation d’usage sur leurs logements. Elle insiste sur la nécessité de « laisser une trace de la volonté expresse du propriétaire » et de ne pas procéder à des inscriptions impliquant une affectation touristique, une liaison à une exploitation ou une limitation d’usage de la propriété sans le titre correspondant.

Des déclarations du registrateur qui inquiètent

Cette action du collectif intervient après des déclarations publiques que le registrateur de la propriété n°2 de San Bartolom de Tirajana aurait faites concernant l’application de la nouvelle réglementation touristique. Selon les informations rapportées à la Plateforme, le registrateur aurait indiqué que les complexes soumis à une division horizontale seraient désormais considérés comme des établissements touristiques, et que les appartements et bungalows auraient le statut d’« unités d’hébergement ». Il aurait également suggéré que, en cas de désaccord des propriétaires, « il fallait changer la loi au Parlement des Canaries ». Des propos qui, s’ils sont confirmés, laisseraient peu de place à la défense des droits individuels des propriétaires concernés.

Un modèle d’opposition mis à disposition des propriétaires

Face à cette situation, la Plateforme a élaboré un modèle de requête d’opposition et d’avertissement préventif contre d’éventuelles inscriptions restrictives du droit de propriété, destiné au Registre de la propriété. Ce document a été mis à la disposition des personnes concernées. L’objectif est clair : permettre à chaque propriétaire de laisser une trace formelle de son refus d’autoriser des tiers à affecter son bien à une exploitation touristique, à lui imposer une liaison touristique ou à incorporer des restrictions sur sa propriété sans son consentement.

La Plateforme annonce qu’elle étudiera individuellement la documentation remise par le Registre et qu’elle continuera à utiliser les voies administratives et judiciaires qu’elle jugera opportunes. « Nous ne ferons pas un pas en arrière », affirme-t-elle, tout en exigeant que toute application de la nouvelle réglementation touristique se fasse avec clarté, dans le respect de la légalité et des droits des propriétaires.

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