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TMT à La Palma : le verdict de la BEI attendu cet été

Un été décisif pour le Télescope de Trente Mètres à La Palma

L’avenir du Télescope de Trente Mètres (TMT) au sommet de La Palma repose sur un détail qui n’a rien d’anodin : le soutien financier de l’Europe. Alors que le ministère espagnol de la Science s’est déjà engagé à hauteur de 400 millions d’euros, il manque encore au projet pas moins de 600 millions pour envisager sérieusement sa construction sur l’île. La bataille que mène l’archipel des Canaries pour accueillir ce géant de l’astronomie ne pourra donc se poursuivre que si la Banque européenne d’investissement (BEI) donne son feu vert à ce financement.

Ce feuilleton, qui agite la communauté scientifique internationale depuis plus de dix ans, pourrait bien trouver son épilogue cet été. C’est en effet entre juin et juillet 2026 que la BEI doit publier son rapport, lequel déterminera si elle accorde ou non son appui économique au TMT. Les conclusions de ce document seront déterminantes : si elles sont favorables, les Canaries pourront continuer à nourrir leur ambitieuse aspiration d’accueillir ce qui est présenté comme l’un des télescopes les plus importants de la prochaine génération.

Un budget colossal qui a explosé avec le temps

Il faut dire que le coût du télescope a considérablement augmenté au fil des ans. Bien que de nombreuses pièces soient déjà fabriquées, on estime qu’il manque aujourd’hui environ un milliard d’euros au projet pour voir le jour. Au total, en raison des multiples retards accumulés, les coûts de construction atteindraient désormais 3 milliards de dollars, comme l’a expliqué Fengchuan Liu, le directeur du projet, au média Honolulu Civil Beat.

« Si la Banque européenne d’investissement approuve le financement du TMT, alors l’Espagne dira : voici l’intégralité des fonds », a déclaré Valentín Martínez Pillet, le directeur de l’Institut d’astrophysique des Canaries (IAC), lors d’une conférence de presse. Selon lui, ce sera le moment où « le TMT devra prendre la décision de venir, sachant qu’il dispose de la totalité du budget pour s’installer à La Palma ».

En revanche, si l’argent ne vient pas, le rêve des Canaries s’évanouira. « Si la BEI ne l’approuve pas, il manquera des fonds pour La Palma et la construction sur l’île ne sera pas possible », a tranché le directeur de l’IAC, qui voit la décision finale imminente.

Le rôle clé de l’Europe et une visite déterminante

Dans un premier temps, la BEI avait déjà annoncé son soutien au projet, notamment via l’élaboration d’un plan stratégique visant à convaincre les promoteurs du télescope que l’« Isla Bonita » (la « Belle Île », surnom de La Palma) est le meilleur candidat pour accueillir cette immense infrastructure scientifique. Concrètement, l’équipe de conseillers de la BEI (le Centre de conseil InvestEU) doit rédiger ce document, qui permettra d’identifier les investisseurs publics et privés potentiellement intéressés par le développement en Espagne de l’une des infrastructures scientifiques les plus importantes des prochaines décennies.

Cependant, le rôle de l’Europe doit aller plus loin : elle doit garantir que l’argent est bien là. Dans ce contexte, une délégation de la BEI s’est rendue à La Palma il y a tout juste trois semaines pour sonder le soutien des instances locales et voir de ses propres yeux le site où pourrait être installé ce géant astronomique. « Ceux qui sont venus sont ceux qui travaillent actuellement au sein de la BEI et qui élaborent un modèle financier pour évaluer la viabilité de ce possible financement du TMT à La Palma », a précisé Martínez Pillet lors de cette même conférence.

La réponse finale est attendue entre juin et la fin juillet, une échéance qui coïnciderait avec la réunion annuelle du conseil d’administration de l’IAC.

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